16/05/2022
đź“”| HISTOIRE ET PATRIMOINE
Un poète à Meximieux, un article de Marand, que nous remercions chaudement.
Un document méconnu du plus grand nombre, très rare, est parvenu jusqu’à nous. Il s’agit d’un recueil de poésies sur Meximieux, rédigé par un dénommé H.Brayard. Ce livret de 31 pages, au format ancien dit royal de 16,5 cm par 22 centimètres, décrit une balade dans Meximieux avec ses quartiers ses monuments, ses commerçants. Réalisé par l’imprimerie Damour-Girard à Lyon en 1899, manifestement édité en autoédition par l’auteur, il a sans doute été vendu localement à un nombre très limité d’exemplaires.
Mais qui est cet auteur qui semblait bien connaître Meximieux ? Joseph Marie Hyppolite Brayard. est né à Marsonnas dans l’Ain le 13 aout 1852. Après sa scolarité au village natal, il suit des études pour devenir instituteur. Le 10 juin 1874 il est nommé instituteur adjoint de seconde classe, et va exercer dans différents villages. C’est en 1884 qu’il arrive à Meximieux, comme instituteur laïc, car une deuxième classe de garçons a été crée à Meximieux. Faute de place, avant la construction d’une salle supplémentaire, la classe de H.Brayard est installée provisoirement dans la salle de réception de l’hôtel de ville. C’est instituteur à l’âme poétique va faire une longue carrière à Meximieux, et accompagner le développement de l’enseignement dans la commune. En 1891 il est nommé Directeur de l’école élémentaire. En 1901 il est toujours là , il réside place Neuve dans le bâtiment de l’école, avec son épouse née Damour Claudine qui est de famille avec l’imprimeur du recueil de poésies, et leur fille Joséphine âgée de 24 ans, elle aussi institutrice laïque. Après sa carrière H.Brayard va se retirer à Lyon où il décèdera le 29 octobre 1921 à l’âge de 69 ans. Il paraissait important de faire découvrir à tous ce document exceptionnel, et nous avons choisi deux poésies, parmi d’autres, mais elles décrivent bien le Meximieux de l’époque.
Meximieux
Entrons dans ses murs : voilĂ ,
Sur la place Vaugelas,
Son nouvel HĂ´tel de ville,
Mais toi, dĂ´me de jadis,
Vieux dĂ´me aux flans rebondis,
A girouette mobile
Toi si vieux qu’on n’osait plus,
Sur tes planchers vermoulus
Cadencer la boulangère,
Et dont les mûrs lézardés
Ont, dans nos jeux attardés,
Fait Trembler mainte grand’mères.
OĂą donc es-tu maintenant ?
Un autre plus avenant
Et plus jeune te remplace !
Telle est la loi d’ici-bas,
Chaque jour mène au trépas,
Tout fini, s’use et tout casse
Un coquet hĂ´tel de ville
S’élève ici fraîchement.
Qu’il est beau ce monument,
En sa toilette civile !
On dirait un nouveau-né
VĂŞtu de sa robe blanche ;
Le Président, le dimanche,
Est certes moins bien tourné
Son beffroi géant se dresse
Au milieu de la Cité,
Plein de force et de fierté,
Plein de grâce et de souplesse ;
Ses contours harmonieux
Et sa toilette brillante,
Avec sa mise riante,
Font l’orgueil de Meximieux
Mais allongeons le pas,
Car, si partout ma muse
Pour admirer s’amuse,
Nous n’en finirons pas.
En passant chez Laloge
Prenons l’apéritif,
Moyen expéditif
De faire son éloge.
Et quand vous voudrez voir,
Attablés en famille,
Maints joueurs de manille,
Venez ici le soir.
Vous entendrez : quarante
Un….deux… disent des voix,
Moi je vais jusqu’à trois,
Et moi jusqu’à cinquante !
De lĂ , chez Duranton,
Allons faire bombance,
La maigre tempérence
N’entre pas là dit-on.
On n’y voit, d’Epicure,
Que des amis fervents,
Ayant des bons vivants,
La togne et la figure
Car, c’est une maison
Très connue à la ronde
Pour bien servir son monde.
Que l’hôtel Duranton
Puis, au café d’en face,
Demandons Ă Ramel,
Le remède éternel
Qu’il sert sur sa terrasse.