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Concours-personnel-direction.fr Concours-personnel-direction.fr accompagne les candidats au concours de chef d'établissement. Cette page a été créée par Jean-Marc ROBIN

Des ressources, des articles, des ouvrages et des vidéos pour aider les candidats à bien se préparer au concours de chef d'établissement.

LA VALEUR AJOUTEE D'UN ETABLISSEMENT : UN INDICATEUR A QUESTIONNERLe ministère de l’Éducation nationale vient de publier...
22/04/2026

LA VALEUR AJOUTEE D'UN ETABLISSEMENT : UN INDICATEUR A QUESTIONNER

Le ministère de l’Éducation nationale vient de publier les résultats des établissements scolaires, collèges et lycées. Celui qui retient l’attention, c’est la valeur ajoutée (VA), la différence entre les résultats obtenus et les résultats attendus. Si l’écart est positif, on en conclut que l’établissement est performant. Bien sûr, on prend en compte la sociologie du public scolarisé, son indice de position sociale (IPS) : dans un établissement bourgeois de centre-ville, les résultats attendus seront élevés et se rapprocheront de… 100 % pour le bac et un peu moins pour le brevet des collèges. Mais en plaçant cet indicateur au cœur de la lecture publique, on contribue aussi à définir, implicitement, ce qu’est un « bon établissement ».

La première faiblesse de cet indicateur, c’est de ne prendre en compte que la sociologie des élèves, en oubliant que les établissements bourgeois ont aussi un autre atout : des équipes expérimentées et stables. Tous les EPLE n’ont donc pas les mêmes cartes pour faire réussir les élèves, notamment ceux de l’éducation prioritaire, qui emploient beaucoup de contractuels ou de jeunes professeurs (Benhenda, 2020). Dès lors, la comparaison entre établissements peut entretenir une représentation biaisée des performances. Tous les établissements ne jouent pas avec les mêmes règles, ni avec les mêmes ressources.

La deuxième faiblesse, de taille, est que la VA, par définition, est une mesure quantitative : elle fait l’impasse sur la qualité de l’enseignement, sur la qualité de l’expérience collégienne ou lycéenne (François Dubet, 1991). Ce n’est pas la même chose de suivre son cursus dans un établissement qui propose une atmosphère de travail régulée, une ouverture culturelle, de nombreuses options, des séjours ou des sorties pédagogiques. Or, ces dimensions, peu visibles dans les indicateurs, sont pourtant centrales dans la construction des parcours et dans les choix des familles. Les établissements « prestigieux » ne sont pas les plus performants lorsqu’on prend en compte la valeur ajoutée, mais personne ne s’y trompe… et ils continuent d’être particulièrement attractifs pour les familles.

Dernière limite : l’équité. La VA ne dit rien de la dispersion interne des résultats. La moyenne peut être tirée vers le haut par une « élite scolaire », minimisant l’échec cuisant d’une partie des élèves de l’établissement. Le collège ou le lycée contribue-t-il à réduire les écarts entre les élèves boursiers et les non-boursiers ? Entre les garçons et les filles ? À l’heure où la question des inégalités sociales et entre les sexes est déterminante pour la cohésion sociale, le ministère devrait aussi mesurer l’équité. Un établissement peut être performant sans être juste. Les chercheurs en éducation le rappellent : les indicateurs qui mesurent l’effet établissement (Bressoux, 2008) sont pour partie aveugles à la réalité des inégalités d’apprentissage, des cursus visibles et invisibles. Ils éclairent une partie du réel, mais en orientent aussi la lecture.

Pour conclure

Le ministère souhaite mieux accompagner les établissements les moins performants : c’est une excellente démarche… mais il faut aussi se pencher sur la mixité sociale et l’attractivité des collèges ou lycées les plus fragiles. Et puis, mesurer l’équité interne permettrait de renforcer le pilotage pédagogique et de sensibiliser les équipes enseignantes et éducatives. Car, au fond, la question n’est pas seulement de mieux mesurer la performance globale, mais de mieux définir collectivement ce que l’on attend aujourd’hui des établissements scolaires.

🟦 Qu’est-ce qu’un bon collège ?Une lecture croisée des acteursLes résultats des établissements viennent d’être publiés p...
22/04/2026

🟦 Qu’est-ce qu’un bon collège ?
Une lecture croisée des acteurs

Les résultats des établissements viennent d’être publiés par le ministère.
L’occasion de poser une question simple… en apparence : qu’est-ce qu’un “bon collège” ?

👉 La réponse dépend du point de vue.

🔹 Pour l’institution
Un bon collège est d’abord performant : taux de réussite, mentions, mais surtout valeur ajoutée.
S’y ajoutent le pilotage de la direction, le climat scolaire… et, plus discrètement, la capacité à maintenir ses effectifs.

🔹 Pour les enseignants
C’est un établissement où l’on peut enseigner sereinement :
climat de classe apaisé, soutien de la direction, reconnaissance du travail.
L’exigence, oui — la pression permanente, non.

🔹 Pour la vie scolaire et les personnels
La qualité se joue dans l’organisation et la reconnaissance.
Pouvoir agir, être utile, ne pas être réduit à une fonction d’exécution : voilà l’essentiel.

🔹 Pour les élèves
Un bon collège, c’est un cadre juste et lisible :
des règles claires, des adultes respectueux, une pédagogie compréhensible.
L’équité de traitement est décisive.

🔹 Pour les parents
Priorité à la sécurité et à la réussite.
Mais aussi à la qualité du suivi et à la capacité de l’établissement à rassurer.

🔹 Pour les collectivités
Un bon collège contribue à l’attractivité du territoire.
Il évite les phénomènes de fuite et renforce l’image locale.

🎯 Au croisement de ces attentes : le chef d’établissement.
Son rôle n’est pas de satisfaire tout le monde, mais d’arbitrer, réguler et donner du sens.
Autrement dit : construire un équilibre durable.

📌 Article complet à retrouver sur
concours-personnel-direction.fr

CE QUE J'AI APPRIS DU METIER DE CHEF D'ETABLISSEMENTLettre aux collègues qui débutent dans le métier de chef d’établisse...
04/11/2025

CE QUE J'AI APPRIS DU METIER DE CHEF D'ETABLISSEMENT

Lettre aux collègues qui débutent dans le métier de chef d’établissement

Chères et chers collègues,

Lorsque j’ai pris mes fonctions pour la première fois, il y a 20 ans, je croyais qu’être chef d’établissement consistait à diriger, à endosser les habits du « chef » qui a raison et voit plus loin que les autres.
J’ai compris depuis que c’est, au quotidien, d’abord un métier d’écoute.

Écouter les élèves, leurs silences plus encore que leurs mots.
Écouter les enseignants et les équipes, leurs enthousiasmes, leurs doutes, leurs colères parfois.
Écouter les parents, même lorsqu’ils expriment leurs inquiétudes maladroitement.

J’ai appris que notre autorité ne se décrète pas : elle se construit dans la constance, la clarté et la cohérence.
Dire non sans humilier, dire oui sans se renier. Tenir parole. Voilà sans doute la forme la plus simple et la plus forte du leadership.

J’ai appris qu’un collège ou un lycée n’est pas une machine administrative, mais un organisme vivant, traversé d’émotions, de tensions, de joies et d’espoirs.
Il faut en sentir le rythme, les respirations, les zones de fragilité. Parfois, au lieu de vouloir transformer rapidement, il faut prendre du temps et instiller le changement par petites touches.

J’ai appris qu’on ne réussit jamais seul.
La réussite d’un établissement tient à la confiance : celle qui se tisse, jour après jour, entre les équipes, les élèves et la direction. La confiance ne se décrète pas.

J’ai appris que le sens du métier se trouve aussi dans les gestes du quotidien : une réunion bien menée, une écoute sincère, un mot d’encouragement, un regard bienveillant.
C’est dans ces détails apparemment ordinaires que se joue aussi notre mission.

Et j’ai appris, enfin, que pour tenir dans la durée, il faut garder à côté des engagements ou des passions personnelles pour se ressourcer.
J’ai appris encore qu’il fallait savoir se satisfaire des « petites réussites » comme des plus grandes.

Alors, à celles et ceux qui commencent, je dirais simplement : avancez avec conviction, avec une vision humaniste d’une communauté éducative, avec un attachement véritable aux savoirs.
Car l’École ne rayonne jamais autant que lorsqu’elle transmet : le goût pour la vérité, le beau, les arts, le sport, les sciences, la culture… et celui de la fraternité, du respect et de l’altérité.

Ce métier, malgré sa complexité et la responsabilité qui pèse sur nos épaules, reste une aventure profondément humaine, collective, et pleine de sens.

Belle aventure !

Jean-Marc ROBIN

Extrait de "Petit chef" (2022) de Jean-Marc ROBIN******************************Admissible après avoir planché sur une ét...
22/10/2025

Extrait de "Petit chef" (2022) de Jean-Marc ROBIN

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Admissible après avoir planché sur une étude de cas consacrée à la prévention du décrochage, j’étais convoqué à la Maison des examens à Arcueil, la première semaine des vacances d’avril.

Le bâtiment était austère, un bloc de béton administratif de l’ère soviétique se dressait devant moi. Quelques candidats endimanchés, mal à l’aise dans leur costume ou leur tailleur bon marché, patientaient en tapotant sur leur téléphone. Hypnotisés par l’écran de leur smartphone ; aucune véritable conversation ne pouvait s’engager, sinon quelques banalités qui appelaient des réponses courtes : « De quelle académie, viens-tu ? » ou « À quelle heure passes-tu ? » Le sentiment qui flottait dans l’air ressemblait à de l’indifférence, l’esprit de compétition était neutralisé par les 600 postes au concours et un taux de sélection qui laissait une chance sur deux aux admissibles.

J’étais remonté à bloc, ce métier était pour moi, je n’avais aucun doute.

Une heure plus t**d, je me suis retrouvé dans un petit bureau de quinze mètres carrés en face de trois personnes : un inspecteur général pas commode, une représentante du monde de l’entreprise très élégante, sans doute une élue du MEDEF, et un principal de collège aux tempes grisonnantes. J’ai vite compris que je devais séduire l’IG, l’avis des autres ne comptait pas vraiment, c’était deux pots de fleurs. Je déroulais mon parcours professionnel avec conviction, et j’attendais la suite.

Après quinze minutes de présentation, l’entretien avec le jury débuta. L’homme au regard noir chaussa ses lunettes, me remercia par un compliment : « voilà un candidat aux valeurs solides » et il enchaîna « mais est-ce suffisant ? Vous avez 30 ans. Comment diriger un établissement et une communauté enseignante âgée en moyenne de 45 ans ? Pourquoi ne pas attendre d’avoir une expérience plus riche, vous n’avez jamais enseigné en lycée. »

J’hésitais. Soit j’acceptais son verdict et, dans ce cas je validais son hypothèse du manque de maturité et d’une candidature prématurée, soit je relevais le bras de fer au risque d’être puni parce que j’allais lui tenir tête. J’avais vu toutes les vidéos de monsieur R. L’oral avec le jury, c’est un entretien, on ne doit pas se positionner comme un élève, mais comme un futur pair. J’ai choisi la contre-attaque. Après tout, l’audace, c’est bien un trait de la jeunesse.

— Monsieur l’inspecteur général, si notre institution ouvre le concours à des professeurs avec quatre ans d’ancienneté, c’est parce qu’elle souhaite rajeunir ses cadres. Du reste, mon parcours est riche. J’ai débuté comme surveillant pour financer mes études. Le candidat devant vous totalise dix ans d’expérience professionnelle dans l’Éducation nationale. Je connais le fonctionnement d’une vie scolaire de l’intérieur, j’ai travaillé avec des CPE de trois établissements différents, deux collèges et un lycée.

— Très bien, mais vous n’avez pas répondu à ma question, celle relative au leadership.

— Le leadership, ce n’est pas une affaire d’âge, c’est une question de tempérament et de volonté. Il faut agir, montrer l’exemple et être persévérant. Depuis deux ans, je préside le Secours catholique de ma commune. Notre campagne de dons nous a permis de récolter deux fois plus d’argent que l’an passé. J’ai mis l’accent sur la communication et l’événementiel, les résultats sont là et stimulent l’envie de s’engager des adhérents. Cette expérience est transférable. Et puis, j’ai observé les chefs avec lesquels j’ai travaillé. Manager, c’est d’abord identifier les personnes-ressources et savoir déléguer après avoir fédéré autour d’un projet. L’École a besoin d’entrepreneurs et non de bureaucrates qui attendent la prochaine circulaire !

Au moment où je prononçais ces derniers mots, je me disais que je m’étais laissé envahir par mon enthousiasme et mes convictions. Je prenais un gros risque, les circulaires sont écrites par les membres du cabinet du ministre, les inspecteurs généraux tiennent souvent la plume. Un large sourire s’esquissait sur le visage de la cheffe d’entreprise et mon propos avait extrait le principal de son demi-sommeil, l’inspecteur général était plus circonspect, il reprit la parole.

— Vous vous voyez donc en futur manager ? En futur entrepreneur ?

— Oui. Les chefs devraient choisir leurs équipes, au moins une partie des enseignants, pour des postes fléchés en lien avec le projet d’établissement. Ils devraient encore pouvoir reconnaître les efforts individuels. Dans un collège ou un lycée, chacun sait qui s’engage et qui paresse.

Je parlais comme Sarkozy, j’aimais bien l’ancien Président de la République.

Interview de Claude Picano, directeur du Cabinet Educadre, qui prépare les candidats au concours de personnel de directi...
17/09/2025

Interview de Claude Picano, directeur du Cabinet Educadre, qui prépare les candidats au concours de personnel de direction, IEN ou IPR. Nous solliterons le CNED prochainement. Jean-Marc ROBIN

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Le cabinet Educadre a été créé pour aider les candidats au concours de personnel de direction mais aussi les candidats au concours des IEN et des IA-IPR. Pourquoi ce choix?

Le choix de proposer notre accompagnement personnalisé pour plusieurs concours s'est imposé comme une évidence dès le départ, car nous étions convaincus que nous pourrions, grâce à notre approche singulière, contribuer de manière médiate au recrutement de cadres performants. Nous avons donc progressivement constitué des équipes spécialisées de consultants pour préparer les candidats pour chacun des concours, et les taux de réussite, comme les classements individuels année après année sont venus par la suite conforter ces choix.

Les principaux opérateurs pour la préparation des concours restent le CNED et les académies, pourquoi proposer une offre alternative? Autrement dit, quelle est la valeur ajoutée d'Educadre ?

Le CNED offre un accompagnement performant et les Académies une préparation collective d'une grande qualité. J'y ai moi-même participé en 2014 et plusieurs membres de l'équipe d'Éducadre en étaient responsables au niveau de leurs Académies respectives: certains candidats accompagnés par EDUCADRE bénéficient d’ailleurs de ces préparations.

Il s'agissait en fait pour l'équipe d'Éducadre d'engager une démarche de mentorat inédite avec des cadres supérieurs jeunes retraités disposant d'assez de temps libre pour installer durablement une relation interpersonnelle d'aide et de transfert de connaissances et d’expériences. Cette démarche nous permet d’assurer à nos candidats des taux de réussite élevés. C’est le cas cette année encore avec un taux de 47% pour le concours PERDIR interne.

Le coût de la formation, autour de 1.000 euros HT par module - sachant que vous avez scindé la préparation en deux parties, une première pour l’écrit, une seconde pour l’oral - n'est-il pas dissuasif ?

Il s'agit d’une préparation individuelle pour laquelle chaque candidat bénéficie d’un accompagnement en tandem distanciel synchrone. Nous formons des binômes de travail candidat/consultant et nous nous assurons de leur performance tout au long de l’année. Ce suivi est personnalisé, ce qui permet d'ajuster la fréquence et le nombre des séances en tandem aux besoins de chaque candidat.

Et puis le statut des mentors garantit la qualité du suivi, notamment depuis que l'équipe s'est enrichie de la présence de cinq inspecteurs généraux honoraires, dont les trois anciens président du jury du concours PerDir, du concours IA-IPR et du concours IEN, sans oublier l'ancien Directeur de l'ESEN.

Le concours de personnel de direction a été ouvert à des salariés du privé ou à des personnes ayant exercé des responsabilités dans le monde associatif ou comme élus. Que penser de cette évolution ? Etes-vous très sollicités par des candidats externes préparant le 3 ème concours ?

Cette évolution correspond aux besoins de l'Institution et à l'inévitable évolution du métier de Personnel de Direction qui s'est accélérée ces dernières années. Pour la session 2025, la répartition des candidats suivis par Éducadre s’établissait ainsi: 83 % pour le concours interne, 17% pour le troisième concours, ce qui n'est pas négligeable. Les candidats au 3ème concours ont un parcours parfois remarquable dans le secteur privé. Leur choix de mettre les compétences acquises dans le privé au service de l’Éducation Nationale donne un bon indice sur leurs motivations.

Avec du recul quels conseils de base pourrait-on donner aux candidats au concours d'encadrement ? On sait que notre institution veut rajeunir ses cadres... et que nous serons nombreux à partir à la retraite dans les 5 prochaines années.

Mes conseils de base sont largement partagés: d'abord préciser son projet de carrière avant de s'engager. Le métier de PerDir est exigeant, complexe, mais avant tout passionnant. En mutant du statut de personnel d'enseignement ou d'éducation vers celui de personnel d'encadrement, on s'engage à incarner l'École de la République avec davantage de responsabilités. Alors, présentez-vous! Mais préparez sérieusement les épreuves de l'admissibilité, puis de l'admission. Et utilisez les outils pertinents, notamment ceux de l'IH2EF et de l'AFAE.

Nb : il n'y aucun lien (juridique, de partenariat ni financier) entre concours-personnel-direction.fr et Educadre.

Je viens de recevoir des exemplaires de Professeurs -chef d'établissement, édition 2025. C'est toujours une source de sa...
30/05/2025

Je viens de recevoir des exemplaires de Professeurs -chef d'établissement, édition 2025.

C'est toujours une source de satisfaction de voir se concrétiser tout un travail d'écriture, d'actualisation, de savoir qu'il pourra être utile à ceux qui veulent découvrir ce métier de l'intérieur.

Dans cette édition, j'ai porté une attention particulière à la Gestion des ressources humaines, puisque c'est une attente forte de notre institution vis-à-vis des chefs d'établissement.

Au total cinq nouveaux chapitres ont été rédigés : les chefs d'établissement, les domaines de la GRH, le remplacement des professeurs, les professeurs contractuels, les représentants syndicaux. Les chapitres sont complétés par des focus, des zooms, par exemple sur "l'homme au travail pour les sociologues" ou "la galaxie syndicale enseignante".

La GRH, c'est sans doute le point le plus sensible du métier.

Je reste dans le même registre : pas de langue de bois, des chapitres étayés par des savoirs d'expérience et la sociologie.

L'ouvrage est en vente sur Amazon exclusivement. Bonne lecture.

Être chef d’établissement aujourd’hui. Rapport de l’inspection générale (IGESR), 09/2024Le rapport sur les 7 500 chefs d...
28/02/2025

Être chef d’établissement aujourd’hui. Rapport de l’inspection générale (IGESR), 09/2024

Le rapport sur les 7 500 chefs d'établissement s'articule autour de trois parties : qui sont les chefs d'établissement (1), les dispositifs de pilotage et d'animation (2) et les missions des chefs d'établissement (3). L'inspection générale propose en une cinquantaine de pages (2h30 de lecture) une véritable plongée dans le métier en s'appuyant sur des statistiques ministérielles, de nombreux entretiens et des journées d'immersion sur le terrain. Pour quiconque veut découvrir le métier et comprendre ses enjeux, c'est une lecture indispensable.

Métier prescrit / métier réel

Les chefs d'établissement aiment leur métier, ils travaillent beaucoup, entre 50 et 60 heures par semaine. Ils assument des responsabilités multiples, qu'il s'agisse d'assurer le bon fonctionnement de l'établissement, de la gestion des ressources humaines, des partenariats, de la communication et, bien sûr, du pilotage de la politique pédagogique et éducative. Au quotidien, ils sont souvent débordés, pas seulement par la boîte mail, les enquêtes et sollicitations en tout genre, mais surtout quand ils ne disposent pas d'une équipe complète et qu’il manque un(e) gestionnaire, un(e) adjoint, un(e) secrétaire de direction, un(e) CPE, un(e) infirmière. Ces situations sont de plus en plus fréquentes. Le rapport révèle — mais on le savait déjà — que les relations avec les professeurs pouvaient se tendre lorsque les réformes étaient mises en place de façon rapide, que les liens avec les parents pouvaient être marqués par la défiance ou déboucher sur une judiciarisation croissante, ou encore que la GRH exigeait plus de temps avec le recours aux contractuels. Les chefs d'établissement peuvent moins se consacrer au pilotage pédagogique alors que la mise en œuvre des réformes et l'exigence d'innovation supposeraient de s'y affairer pleinement. Entre le métier prescrit et le métier réel, les rapporteurs observent une tension qui conduit de nombreux chefs à se déclarer fatigués, voire épuisés. Pour autant, on est très loin de la « grande démission » : les ruptures conventionnelles concernent, ces dernières années, entre 20 et 30 personnes sur 13 000 personnels de direction.

Le rapport souligne la bonne qualité de la relation avec le premier échelon hiérarchique (DASEN ou leur adjoint), mais des relations plus « impersonnelles » et bureaucratiques avec les services du rectorat, notamment la division du personnel enseignant. Un autre point est mis en lumière : l'absence d'une véritable formation continue (moins de trois jours par an), alors que les besoins d'accompagnement sont exprimés dans plusieurs domaines management, budgétaire, juridiques, RH, etc. Des échanges avec les chefs d'établissement ressortent plusieurs sujets d'insatisfaction, en particulier le manque de transparence sur les postes au mouvement. Les chefs d'établissement considèrent que les rémunérations restent insuffisantes (ce n'est pas le cas pour l'IG, au contraire) ou que la question de la mobilité professionnelle (évolution vers d'autres fonctions ou ministères ou troisième carrière) reste une démarche personnelle.

Un rapport riche mais des oublis

Au final, l'inspection générale livre un rapport riche, sans langue de bois, en citant parfois des paroles des collègues. De nombreuses questions concernant la profession sont exposées, par exemple le fait que, dans un corps féminisé 63 % des proviseurs sont des hommes, même si une inflexion a été donnée ces dernières années. L'Inspection générale brosse un véritable état des lieux du métier de chef d'établissement ; on peut toutefois avoir trois regrets.
D’abord, l’absence de comparaisons internationales avec des grands pays européens. Ensuite, le rapport ne met pas assez l'accent sur la diversité des situations professionnelles et donc des compétences attendues : un directeur de collège ne fait pas le même métier qu'un proviseur de LP ou qu'un proviseur qui pilote un lycée de plus de 2 000 élèves et 300 personnels. Enfin, les inspecteurs généraux se sont focalisés sur les chefs, et c'est dommage, car la parole des adjoints méritait d'être entendue et la question de l'équipe de direction véritablement posée : sa constitution et son fonctionnement. Pourtant, l'inspection générale préfère parler « d'effet Direction » plutôt que « d’effet chef d’établissement ».

Le rapport donne lieu à des recommandations qu'on pourra trouver « très générales », sans doute pour laisser le dialogue social se déployer. Parmi elles : « agir en faveur d'un accès égal des femmes aux catégories d'établissement plus élevés », « mettre en place une formation continue attractive », « actualiser le référentiel métier des chefs d'établissement », « répartir la charge dévolue au chef d'établissement au sein de l'équipe de direction élargie, voire avec l'équipe enseignante », « mettre en place à l'administration centrale comme dans chaque académie un point d'entrée unique pour les chefs d'établissement ». Parmi ces 12 recommandations, notons-en une particulièrement pertinente : surclasser temporairement certains établissements qui rencontrent des difficultés conjoncturelles pour les rendre attractifs aux chefs chevronnés.

Pour conclure

Les chefs d'établissement sont, pour l'Inspection générale, « des cadres intermédiaires » qui doivent savoir gérer leur double casquette : représentant loyal du ministère et responsable d'un établissement public local d'enseignement, doté d'une réelle autonomie. Cette identité professionnelle suppose de mobiliser des « compétences dans plusieurs registres : gestionnaire, relationnel, juridique, pédagogique et politique » (p. 32). Notre institution doit (1) veiller à maintenir l'attractivité de la fonction — le nombre de candidats par rapport au nombre de postes a chuté, passant de 5 candidats à 3,61 entre 2021 et 2024 pour plus de 600 postes —, (2) développer le travail collectif pour lutter contre le sentiment de solitude exprimé par les chefs et (3) renforcer la formation continue et les passerelles vers d’autres emplois de la fonction publique, et cela d’autant plus que l’âge moyen de la réussite au concours est de 41 ans et que les carrières s’allongent.

https://www.education.gouv.fr/recherche/type/rapportpublication/report_and_publication_type/rapport-igesr?sort_by=publication_date&sort_order=DESC&page=1

Nouvelle édition de Professeurs et chefs d'établissementJe suis en train d'actualiser mon ouvrage "Professeurs et chefs ...
27/02/2025

Nouvelle édition de Professeurs et chefs d'établissement

Je suis en train d'actualiser mon ouvrage "Professeurs et chefs d'établissement" (2019), je renforce toute la partie Gestion des ressources humaines car cette mission prend de plus en plus d'importance. Je vais notamment introduire de nouveaux articles sur les professeurs contractuels, les représentants du personnel ou les problématiques de remplacement. (1)

Ces dernières années, la publication d'ouvrages sur le métier de chef d'établissement (y compris les témoignages de collègues) progresse, c'est une bonne nouvelle. Toute la difficulté c'est de ne pas trop se disperser et de trouver les ouvrages qui répondent au mieux à ses besoins d'autoformation, nécessairement différents d'un candidat à l'autre. En ce qui me concerne, comme auteur, je ne change pas de cap : pas de langue de bois, pas de recettes miracles, juste des suggestions, car je sais trop que ce qui peut marcher ici, ne marchera pas là-bas ! C'est justement cela l'expertise des perdirs : savoir adapter et s'adapter à des collectifs différents.

Quoi qu'il en soit la lecture d'articles, d'ouvrages, de "la littérature grise" (celle du ministère et des rapports de l'inspection générale) est une nécessité. Le pilotage exige de développer ses capacités réflexives et d'innovation. Un conseil : lisez, lisez car il y a toujours quelque chose à en retirer !

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(1) Publication prévue fin de la semaine prochaine.

RESULTATS DE L'ADMISSIBILITELes résultats de l'admissibilité sont tombés, vous n'êtes pas dans la liste ! Deux cas de fi...
27/02/2025

RESULTATS DE L'ADMISSIBILITE

Les résultats de l'admissibilité sont tombés, vous n'êtes pas dans la liste ! Deux cas de figure, vous avez passé le concours "pour voir" et vous vous attendiez à ce résultat ou bien vous avez donné le meilleur de vous-même, et le résultat de vos efforts n'est pas là. Eh bien , c'est justement à ce moment qu'il faut avoir les qualités d'un chef d'établissement et savoir persévérer. La carrière des perdirs est souvent traversée par des coups durs et des épreuves subjectives. Les efforts ne sont pas récompensés immédiatement !

Bien sûr, il faut se fixer un cap : trois tentatives, car au-delà, les statistiques le rappellent, les lauréats se comptent sur le bout des doigts ! L'erreur souvent faite par les candidats (comme en politique), c'est de préparer le second tour (le dossier et l'oral) avant de fixer toute son attention pour le premier tour : l'écrit.

Barrière de l'écrit

L'épreuve de synthèse a été créée (et il faut l'avoir en tête) pour faire le tri entre ceux qui savent écrire (au sens de l'expression et de l'argumentation) et ceux qui ont du mal à synthétiser leur pensée, à être clairs, à proposer un plan d'action adapté à la situation. Si vous n'avez pas franchi cette étape, c'est tout simplement que vos compétences dans ce domaine sont fragiles. Maintenant, vous savez ce qu'il vous reste à faire : beaucoup lire, beaucoup écrire, beaucoup réfléchir aux problématiques que rencontre notre École !

Travailler avec l'IA

Un conseil : musclez vos compétences rédactionnelles en vous entraînant avec l'IA. Aujourd’hui, les personnels de direction l’utilisent pour des synthèses, des relectures, pour créer des images, pour rédiger des discours, etc.
Faites évaluer à l'IA vos notes ou vos écrits. Elle vous proposera des pistes d'amélioration, tant sur le fond (logique, cohérence, argumentation) que sur la forme (orthographe, style, clarté). L'IA pourra aussi vous aider à tenir à jour un petit lexique, bien utile pour fixer vos connaissances.

La persévérance et la résilience sont deux qualités essentielles que doivent cultiver les personnels de direction, et ne l'oubliez pas, nous allons être nombreux à prendre notre retraite dans les années qui arrivent - générations du Baby boom nées entre 1963 et 1968 - plus que jamais notre Institution aura besoin de renouveler ses cadres !

Moi, proviseure… Journal impertinent d’une cheffe d’établissement combative, (2024), Robert Laffont.Dans "Moi, proviseur...
16/02/2025

Moi, proviseure… Journal impertinent d’une cheffe d’établissement combative, (2024), Robert Laffont.

Dans "Moi, proviseure" (2024) Mahi Traoré raconte « ses » grands moments à la tête du lycée polyvalent Lucas de Nehou, petit établissement parisien, spécialisé dans la formation aux métiers d’art du verre et du vitrail. La cheffe d’établissement, ex-CPE, donne rapidement le ton : elle a rêvé d’exercer ce métier et le pouvoir. L’ouvrage s’organise autour de huit parties : le métier, la rentrée scolaire, les relations avec les parents, la démocratie lycéenne, le pilotage post-évaluation, la laïcité, l’égalité garçons-filles et le processus d’orientation avec les conseils de classe. Clairement, on a affaire à une proviseure qui prend les choses en main, affirme son autorité et engage son établissement autour de « ses valeurs ». Pour Mahi Traoré « les élèves sont ma priorité absolue, le reste passe après. (…) Je n’imagine pas m’enfermer dans mon bureau du matin au soir pour rédiger des rapports, peaufiner des tableaux statistiques. (…) Ma boîte e-mail professionnelle croule sous les messages de relance. ».

La proviseure n’aime ni les technos, ni les professeurs ronchons enfermés dans leurs routines. Son boulot, c’est d’accompagner ses élèves vers la réussite, de souder la communauté scolaire, d’améliorer l’image de son établissement, et de protéger ses personnels, notamment des parents intrusifs ou des risques de violence. Par son parcours, Mahi Traoré, d’origine malienne, montre la possibilité de s’arracher à sa classe sociale et à un destin genré de femme noire. Elle travaille au quotidien avec « ses équipes » à l’égalité des chances et refuse toute discrimination (racisme, homophobie, …). Elle a choisi son camp, le pilotage par les valeurs, même si, comme tout chef, elle ne les perd jamais de vue les résultats ! Dans le chapitre consacré à la laïcité, la proviseure rappelle qu’elle ne doit pas être célébrée seulement le 9 décembre car elle peut devenir le cœur du projet d’établissement. La laïcité ouvre en effet un espace de discussion et de débat avec les élèves et participe, si les actions sont bien pensées par les équipes, au développement d’une citoyenneté active. Parce qu’elle a été CPE, Mahi Traoré croit dans les vertus de la démocratie lycéenne et au rôle des élections des délégués pour promouvoir la démocratie représentative. Outre des valeurs bien ancrées, l’auteure le souligne : pour diriger un établissement scolaire, une des qualités attendues c’est le courage, par exemple pour affronter les parents stratèges et donneurs de leçons des CSP+.

Modèles féminins

Notre profession a besoin de modèles féminins inspirants et Mahi Traoré a raison de prendre la plume car, à la tête des grands bahuts, les hommes restent nombreux : « Bien des femmes, dans notre administration, présentent toutes ces qualités. (…) On les voit rarement pousser les portes de leur hiérarchie pour postuler, alors que les leurs collègues masculins n’hésitent pas à exiger, à tempêter, à se hausser du col ».

L’ouvrage, écrit sur le mode de la conversation, avec aussi ses tics de langage, se lit facilement. Sur le fond, une réserve de taille : Mahi Traoré oppose de façon caricaturale les savoirs d’expérience et les savoirs académiques : « dans mon métier, les solutions ne sortent pas toutes faites des ouvrages que nous avons étudiés en formation », oubliant la nécessité pour les pédagogues et les éducateurs de se tenir informés des acquis de la Recherche, oubliant que des chercheurs ou praticiens proposent des méthodologies ou des répertoires professionnels pouvant faire gagner un temps précieux aux personnels de direction. D’ailleurs, cette posture n’est pas cohérente avec la décision de la proviseure d’employer des coachs, biberonnés aux théories du management, pour améliorer la communication et la qualité de vie au travail (QVT) des équipes !

Si l’ouvrage est convaincant par son énergie et la richesse des situations professionnelles évoquées, le lecteur pourra rester sur sa faim. Mahi Traore survole parfois les questions, qu’il s’agisse du pouvoir du chef d’établissement, de la place des parents, du rôle des instances, de la démocratie lycéenne, etc.

Au final, notre collègue signe un livre-témoignage enlevé et tonique qui célèbre « l’effet chef d’établissement ». Et personne - professeurs, élèves ou parents de Lucas-de-Nehou – ni les lecteurs ne nieront qu’il existe bel et bien !

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