27/06/2026
Canon français à la Filature : Michel Cadet doit assumer sa décision et annuler cet évènement
Après la polémique provoquée par le repli à Périgueux du banquet du Canon français initialement prévu
à Bergerac, Michel Cadet choisit pour l’instant le silence.
À la place du maire de Périgueux, c’est son cabinet qui tente de justifier cette décision dans la presse
et cette réaction soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
D’abord parce qu’une décision municipale engage le maire. Ce n’est ni le cabinet, ni l’administration
municipale qui définissent l’orientation politique de la Ville de Périgueux. Les services instruisent les
demandes, mais les décisions relèvent de la responsabilité des élus.
Michel Cadet ne peut donc pas se retrancher derrière ses agents municipaux : c’est bien au maire de
Périgueux d’assumer et d’expliquer le choix de mettre un équipement public municipal à disposition du
Canon français.
Ensuite, parce que la réponse de la Ville est particulièrement révélatrice. En affirmant ne pas être «
organisatrice », mais « facilitatrice », la municipalité reconnaît elle-même avoir joué un rôle permettant
la tenue de cet événement à Périgueux.
Plus étonnant encore : pour justifier cette décision, la mairie choisit spontanément d’établir un parallèle
avec la venue éventuelle de Jean-Luc Mélenchon.
Ce parallèle est un aveu. En choisissant spontanément une personnalité politique nationale comme
élément de comparaison, la municipalité reconnaît elle-même que le Canon français n’est pas
seulement un rendez-vous gastronomique ou festif, mais bien un événement inscrit dans le champ
politique.
C’est toute l’ambiguïté de ce mouvement : présenter comme une simple célébration du terroir une
démarche d’influence idéologique. Les statuts de la SAS Le Canon Français mentionnent d’ailleurs
explicitement parmi ses activités celle d’« influenceur sur les réseaux sociaux ».
C’est justement cette ambiguïté que nous dénonçons.
Nous demandons donc à Michel Cadet de sortir du silence et de s’exprimer personnellement devant
les Périgourdines et les Périgourdins.
Après le « très bon accueil » que les organisateurs affirment avoir reçu de la municipalité, après cette
justification maladroite du cabinet, après les nombreuses interrogations exprimées par les habitants,
Michel Cadet doit clarifier sa position.
Soit la Ville considère que cet accueil était une erreur et elle annule la mise à disposition de la Filature.
Soit Michel Cadet assume publiquement d’être le maire qui aura facilité l’arrivée à Périgueux d’un
événement contesté ailleurs.
Nous demandons clairement l’annulation de cette mise à disposition.
Périgueux est une ville ouverte, républicaine et fraternelle. Elle mérite mieux que des ambiguïtés
permanentes face à l’extrême droite.