04/05/2026
[ARCHIVES 📜 ]
Avec un peu de re**rd, nous vous proposons une affiche issue des collections du Centre Jacques-Sauvageot (Centre de recherche et de documentation de l'Institut Tribune socialiste).
L'affiche reprend la photographie d'une scène restée dans les mémoire par son humanité, et représentative d'un épisode marquant l'histoire régionale de la Bretagne.
Le 6 avril 1972, Jacques Gourmelen, alors journaliste à Ouest France, part couvrir une manifestation d'ouvriers grévistes à Saint-Brieuc le 6 avril 1972.
Il va capturer une scène bouleversante entre un manifestant et un CRS. Guy Burniaux, ouvrier gréviste, reconnaît son ami d'enfance, Jean-Yvon Antignac. Guy Burniaux, en pleurs, empoigne son ancien ami et lui lance : "Eh bien vas-y ! Tape-moi dessus !”.
Rappel du contexte : entre mars et mai 1972, le conflit social du Joint français secoue la Bretagne.
Dans le cadre de la politique de décentralisation industrielle, le Joint français installe son usine à Saint-Brieuc, en profitant de nombreux avantages : terrain quasi-gratuit, primes d'embauche, travaux de viabilité.
Au début des années 70, le Joint français emploie 1000 ouvriers à la fabrication de joints de caoutchouc, dans des conditions de travail particulièrement difficiles. La main d’œuvre est rurale, majoritairement féminine et peu syndiquée. De surcroît, les salaires des travailleurs de Saint-Brieuc sont de 20% à 40% inférieurs à ceux de leurs collègues franciliens (usine du Joint français de Bezons) pour le même travail.
En mars 1972, les ouvriers se mettent en grève, et demandent une augmentation de 0,70 centimes de l'heure, la baisse du temps de travail, ainsi qu'un uniforme.
Une solidarité régionale se met en place et la mobilisation gagne finalement toute la Bretagne. Le conflit se teint d'une revendication culturelle.
Syndicats, municipalités, partis politiques et même des membres du clergé catholique soutiennent le mouvement. Le PSU s'implique particulièrement et créé un comité de soutien des travailleurs du Joint, qui organise l'aide matérielle. Yves Le Foll, maire PSU de Saint-Brieuc vote des subventions destinées aux ouvriers et leurs familles.
Face à l'ampleur du mouvement, la direction finit par plier et les ouvriers obtiennent gain de cause le 8 mai 1972.
AFFICHE : "1er Mai. Vive la lutte internationale des travailleurs. Manifestation…", fédération de Paris du PSU, 1972, Fonds ITS. Co-signée par AMR, Cause du Peuple, Front Rouge, Ligne Rouge, Ligue Communiste, LO, ORA, PSU, Secours Rouge, Révolution !