15/05/2026
Louis Huart (1813-1865) a été journaliste – notamment au quotidien satirique d’opposition politique Le Charivari -, écrivain et directeur des théâtres de l’Odéon, puis des Folies-Nouvelles (l’actuel théâtre Dejazet). En 1841 et 1842, il fait paraître une série d’ouvrages amusants intitulés "Physiologie…" dans lesquels il décrit sous un jour ridicule et comique certaines catégories de personnes ou de professions: le médecin, le tailleur, l’étudiant, le flâneur, la grisette…
Le volume présenté ici tourne en dérision le soldat de la garde nationale, son uniforme, que l’auteur estime peu seyant, voire grotesque, et l’air important qu’il peut se donner lors des défilés militaires.
L’avant-propos est explicite sur l’intention de divertir le lecteur en soulignant à gros traits certaines caractéristiques du garde national: «Nous voulons entreprendre la réhabilitation de la garde nationale; une foule de gens, mal intentionnés, prétendent qu’elle ne sert à rien; - en tenant ce propos léger, ils oublient qu’elle aura au moins servi quelquefois à les faire rire; - or, n’eût-elle servi qu’à cela, ce n’est pas déjà peu de chose, le rire est une chose excellente pour la santé; ainsi, vous voyez bien que, prise seulement au point de vue hygiénique, l’institution de la garde nationale serait encore une œuvre de philanthropie.»
Chacun en prend pour son grade. Les sapeurs sont moqués pour leur barbe et leur tour de taille imposant: «Il en est des sapeurs comme des melons, les plus gros sont les meilleurs.» Les voltigeurs sont jugés trop laids à cause de la prédominance du jaune dans leur tenue qui -selon lui - «contribue à rehausser leur mauvaise mine», les tambours sont décrits comme des coureurs de jupon «courtisant les belles comme un Français» et les grenadiers s’illustrent par leur imposant couvre-chef dit «bonnet à poils» ou «bonnet d’ourson».
Cet ouvrage comporte même un chapitre consacré aux réfractaires, ces hommes qui refusaient l’enrôlement alors que le service dans la garde nationale était obligatoire pour les individus âgés entre 20 et 60 ans. Et Louis Huart de s’étonner, d’un air faussement naïf: «On ne croirait jamais qu’il existe à Paris cinq à six mille individus qui ont le goût assez dépravé pour ne pas apprécier tous les plaisirs du corps de garde, tous les charmes de la faction, toutes les voluptés de la patrouille!»
Physiologie du garde national, Louis Huart. Aubert et Cie : Lavigne, 1841 - Cote 101247 : https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000116360?posInSet=1&queryId=e2ece2c9-9ca3-4970-8651-87f661bd35c1
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