Fédération Les Républicains de Paris

Fédération Les Républicains de Paris Compte officiel de la Fédération de Paris des Républicains - Présidente : Agnès EVREN- Secrétaire départemental : Jack-Yves BOHBOT - RDJ : Valentin ROUFFIAC

24/06/2026
"Paris n'est que la face visible de l'iceberg" : Agnès Evren dirigera la commission d'enquête du Sénat sur le périscolai...
11/06/2026

"Paris n'est que la face visible de l'iceberg" : Agnès Evren dirigera la commission d'enquête du Sénat sur le périscolaire

À l’origine de la commission d’enquête lancée ce mercredi par le Sénat sur le périscolaire, la sénatrice de Paris Agnès Evren (LR) détaille les objectifs de ces travaux qui commenceront avant fin juin, avec des auditions et des conclusions attendues à l’automne.

Pourquoi cette commission ?

AGNÈS EVREN. La protection de l’enfance est un sujet sous-traité en France. La situation est devenue insupportable pour les familles, celles des nombreuses victimes comme celles qui ont peur. Le temps est venu d’un sursaut collectif. Cette initiative est transpartisane, parce que la protection de l’enfance transcende les clivages politiques, confessionnels ou idéologiques. C’est un devoir fondamental de la République.

Vous êtes élue à Paris, ville particulièrement touchée par les violences dans le périscolaire…

Paris est un cas emblématique qui a profondément choqué, compte tenu de l’échelle systémique du drame, et de l’incroyable déni qui règne sur le sujet depuis plus de dix ans. Mais il n’est que la face visible de l’iceberg. Les violences dans le périscolaire sont d’ampleur nationale. Il y a des plaintes et des signalements similaires à Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Toulouse, Tours, Charleville-Mézières, Colmar, Argentan, Évry, Saint-Ouen, Guyancourt, Lille, Tours, Biarritz… Dans les Hauts-de-Seine, on compte 19 animateurs soupçonnés de faits à caractère sexuel depuis septembre 2025. Malgré la multiplication des signalements, l’État demeure aujourd’hui incapable de fournir un état des lieux exhaustif. Cette absence de connaissances constitue en elle-même une défaillance préoccupante. Cette commission permettra d’établir un bilan et un état des lieux au plan national.

« Je suis atterrée par le laxisme judiciaire, comme tous les Français »
Agnès Evren

Que rechercherez-vous ?

Nous allons évaluer le nombre de plaintes, de signalements, les procédures de contrôle, les modalités de recrutement et de formation des personnels ainsi que l’organisation actuelle des temps périscolaires. Nous entendrons tous les acteurs concernés afin d’établir un diagnostic objectif et complet. Notre volonté est simple : tirer tous les enseignements nécessaires pour mieux prévenir, détecter et sanctionner les violences commises à l’encontre des mineurs. Nous ferons ensuite des recommandations. Nous voulons également comprendre pourquoi, trop souvent encore, la parole des enfants est mise en doute, minimisée ou ignorée.

La justice est-elle au rendez-vous selon vous ?

Il y a une forme d’impunité. Lorsque des faits extrêmement graves sont dénoncés, chacun attend une réponse rapide, ferme et adaptée de l’ensemble des institutions. Or trois quarts des plaintes pour violences sexuelles commises sur des mineurs sont classées sans suite. Et pour celles qui donnent lieu à des poursuites, regardez le cas du prédateur sexuel de l’école Alphonse-Baudin à Paris : il a agressé neuf enfants et les réquisitions ne sont que de trois ans de prison, dont un seul ferme sous bracelet électronique ! Sa place est en prison. Je suis atterrée par le laxisme judiciaire, comme tous les Français. Ces réquisitions sont incompréhensibles.

Vous êtes aussi irritée par des mots employés sur le périscolaire…

Je n’admets pas que l’on réduise ces affaires à de simples « dysfonctionnements » lorsqu’il peut s’agir de crimes ou de délits. Les mots ont un sens. Le scandale est endémique. On a 110 écoles et crèches concernées à Paris, c’est considérable. On répète aussi que « la parole se libère ». Oui, mais la parole des enfants n’est pas entendue. Il faut qu’on sache comment on en est arrivé là, dans toutes ces villes. Ce que j’entends des parents qui viennent témoigner dans mon bureau est d’une horreur indicible.

« C’est à l’État d’agir, de garantir la sécurité des enfants »
Agnès Evren

Le but sera-t-il aussi d’établir des responsabilités ?

Une commission d’enquête a vocation à établir les faits et à identifier les responsabilités institutionnelles. Il est donc légitime de comprendre ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné et pourquoi certaines situations ont pu perdurer. Je considère que Paris est un cas particulier et qu’il y a une responsabilité juridique et politique de la municipalité sortante. Parce que, contrairement à toutes les autres villes, Paris était alertée dès 2015 avec le rapport de l’inspection générale de la Ville. La dernière mandature d’Anne Hidalgo a été marquée par une omerta absolue. Je convoquerai Anne Hidalgo dans cette commission car le recrutement des animateurs incombe à la collectivité. Des syndicats d’agents, des associations de victimes, et directeurs d’école seront entendus. Tout comme Emmanuel Grégoire. On entendra les élus de toutes les villes, de gauche comme de droite.

Quel doit être le rôle de l’État ?

Quand la collectivité a failli, l’État doit pouvoir renforcer les contrôles, améliorer les procédures de vérification et garantir une formation adaptée des agents. C’est à l’État d’agir, de garantir la sécurité des enfants. Ils doivent être en sécurité à l’école et les parents en être sûrs. La représentation nationale a le devoir de s’assurer que l’école de la République et tous les temps éducatifs qui l’entourent protègent effectivement les enfants qui lui sont confiés.

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