26/03/2026
*Oulampane : ces villages oubliés de la République*
Il existe, au Sénégal, des territoires où l’on naît encore dans l’ombre.
Des territoires où donner la vie est un risque.
Des territoires où vivre relève d’un combat quotidien.
Dans la Zone 5 de la commune d’Oulampane, des villages entiers — Dialankine, Djiro, Dioundan Kaliou, Dioundan Kantapor, Kaloubaloub, Mambigna Kantapor, Ouel Moundaye, Ouel Kalir, Kandiadiou, Mararan, Basséne Mandouar, Kantimba, Tampindo, Basséne Kansana, Alacounda et Kaïlon — semblent avoir été rayés de la carte des priorités nationales.
Ici, l’électricité n’existe pas.
Les routes ne sont que des pistes impraticables.
L’eau potable est rare, le réseau téléphonique absent.
Et surtout, il n’y a ni poste de santé ni case de santé.
Dans ces conditions, chaque accouchement devient une épreuve.
Les femmes doivent parcourir des kilomètres, parfois jusqu’à Diocado, parfois jusqu’en Gambie, pour espérer mettre au monde leur enfant en sécurité.
Certaines y parviennent. D’autres y laissent leur santé. Parfois leur vie.
Et comme si cela ne suffisait pas, ces naissances hors de leur territoire compliquent l’enregistrement des enfants à l’état civil.
Ainsi commence, dès les premiers instants de la vie, une autre forme d’injustice : l’invisibilité administrative.
Comment accepter qu’en 2026, naître dans certains villages signifie déjà être en re**rd sur ses droits fondamentaux ?
Le plus troublant, le plus insupportable, c’est que ces populations ne sont pas en dehors de la République. Elles en sont pleinement membres.
Elles paient l’impôt. Elles participent à l’effort national.
Mais en retour, elles n’ont ni routes, ni soins, ni eau, ni électricité.
Ce déséquilibre n’est pas seulement un problème de développement.
C’est une rupture du contrat social.
Car un État ne se mesure pas à ses discours, mais à sa capacité à garantir l’essentiel :
la vie, la dignité, l’égalité.
Ce qui se joue aujourd’hui à Oulampane dépasse largement ces villages.
C’est la question de l’égalité territoriale qui est posée.
C’est la question de savoir si certaines vies valent moins que d’autres.
Pendant que les grandes villes se modernisent, que les projets structurants se multiplient, des citoyens sénégalais vivent encore sans accès aux services les plus élémentaires. Cette fracture est dangereuse. Elle nourrit le sentiment d’abandon, d’injustice, et à terme, de rupture avec l’État lui-même.
Il est temps d’agir.
Pas demain. Maintenant.
Il faut désenclaver ces villages.
Construire des pistes accessibles.
Installer des infrastructures de santé de proximité.
Garantir l’accès à l’eau potable et à l’électricité.
Déployer un réseau téléphonique digne de ce nom.
Ces actions ne sont pas des privilèges.
Elles sont des droits.
Oulampane ne demande pas la charité.
Oulampane demande justice.
Et la justice, dans une République digne de ce nom, ne doit jamais dépendre du lieu où l’on naît.
* # *Association*
@ *Sos Casamance**