Qui sommes-nous ? Nous sommes en colère et joyeux-ses. Déterminé-es et ouvert-es.. Nous ne sommes lié-es à aucune « Chapelle » en particulier si ce n’est la station de métro et le quartier qui porte ce nom. Un quartier populaire, un quartier de luttes, un quartier historique des migrations passées et présentes. En colère parce que nous sommes révolté-es du sort fait aux étranger-es, aux demandeur-
ses d’asile et aux sans-papiers dans ce pays. Joyeux-ses parce que ça ne nous empêche pas de nous battre avec le sourire. C’est même se battre qui donne le sourire. Déterminé-es parce qu’on n’abandonnera pas. Peu importe les murs qu’ils érigeront et la criminalisation de la résistance des migrants, comme de la solidarité que nous leur manifestons. Nous abattrons leurs forteresses de peur et nous couperons leurs barbelés de haine. A la place, nous bâtirons des ponts. Ouvert-es, parce qu’on ne demande à personne de tout savoir ou d’être sûr de tout avant de nous rejoindre. On a simplement envie d’avancer ensemble et à égalité, migrant-es et personnes solidaires. Cela signifie aussi qu’il faut selon nous promouvoir la prise de parole des premier-es concerné-es et lutter pour leur autonomisation dans tous les espaces où cela est possible. C’est même pour cela que notre présence dérange. est né dans la rue à la suite des très nombreuses évacuations de camps de migrants (30 à ce jour) dans différents endroits de Paris. Il est le fruit de rencontres, d’échanges et d’actions de femmes et d’hommes de tous les horizons, de nationalités, de milieux sociaux et d’univers très différents. Des jeunes, des moins jeunes, des qui ont un boulot et d’autres qui en cherchent, des qui parlent farsi, des qui parlent espagnol ou arabe...
Des gens comme vous, qui, dans le monde actuel, sont prêts à faire quelque chose pour que ça ne continue plus comme ça. Des résistant-es. Des personnes qui n’auraient pas pu se rencontrer ailleurs que dans un mouvement social. Dans ces camps de rue et dans les squats, nous avons aidé, mis en place ou participé à :
- L’organisation de manifestations (à Paris ou à Calais) et à l’accompagnement à l’hôpital d’exilé-es.
- L’ouverture de squats, aussi bien qu’au fait de cuisiner ou de distribuer de la nourriture et des habits à des gens qui en ont besoin.
- La traduction d’assemblées générales et de documents pour aider les personnes « d’ailleurs qui sont ici » dans leurs démarches, comme l’organisation de fêtes.
-La scolarisation à l’école ou à l’université et l’aide aux migrants-es dans leur parcours d’exil. Nous menons également des batailles dans les centres d’hébergements, qui sont parfois des prisons, des lieux de rafles où se plaindre du sort que l’on subit peut être synonyme de mise à la rue. Sous cette perspective il n’y a pas d’opposition entre un soutien dit « humanitaire » et notre engagement politique. Notre conception de l’accueil fait fi des frontières. Parce que ce que subissent aujourd’hui les demandeur-ses d’asile est ce que nous subirons toutes et tous demain si nous ne sommes pas vigilants. Parce que la liberté de circulation et d’installation devraient concerner tout le monde, quelle que soit sa couleur de peau, sa religion ou son genre. Nous refusons la concurrence des indigences. C’est pourquoi nous ne faisons pas la distinction entre les pauvres sdf d’ici et les sans-papiers à la rue de « là-bas ». Nous pouvons être légalistes et c’est pour cela que nous avons participé à la mise en place de plaintes contre les pouvoirs publics. Mais nous savons aussi ne pas l’être. En effet, nous nous autorisons à faire de la désobéissance civile pour que les droits, la justice et la dignité des personnes soient reconnus et acceptés. On s’adapte à la situation, à la conjoncture et aux montagnes à franchir. Le Collectif a besoin de vos bras, de votre tête et de vos sous. De votre tête parce qu’il y a à penser, à élaborer ensemble, entre nous, avec et au contact des exilé-es sur ce qui se passe, sur ce qu’il faut faire et comment il faut le faire pour gagner. De vos bras parce qu’il y a tellement à faire et que parfois une petite aide, même ponctuelle, même sporadique, même une seule fois, peut apporter beaucoup. De vos sous parce que comme on ne veut pas dépendre de Manuel Valls, Bernard Tapie, L’Oréal, Jean-Marie Le Pen, Johnny Hallyday ou Sarkozy, on est obligé de dépendre de vous. Le fric ça nous sert à faire des banderoles ou des tracts bilingues ou trilingues pour informer sur les démarches administratives ou pour mobiliser. Parfois, cela permet de payer des recharges téléphoniques à des migrants, des tickets de métro ou un café. Ou encore à indemniser des avocats lorsque des exilé-es sont poursuivi-es. Rejoignez nous ! We want you for La Chapelle Army ! Plus on grossit, moins le Pouvoir mange. Plus on rêve, moins il dort. Plus on s’agite et plus il tremble. La tâche à accomplir est immense mais nos armes sont aussi lourdes que l’Espoir.
« Merci de porter avec nous le fardeau de cet espoir. » Mahmoud Darwish
« En ce moment que ça nous plaise ou non, l’Humanité c’est Nous. » Samuel Beckett
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