30/08/2026
Joseph-Charles d’Almeida et la naissance de la projection stéréoscopique : une référence universitaire contemporaine
Une référence particulièrement intéressante se trouve dans TECHNÈS – Encyclopedia of Film Techniques and Technologies, encyclopédie universitaire numérique consacrée aux techniques et aux technologies du cinéma.
La notice, rédigée en anglais par Martin Barnier sous le titre The History of Stereoscopy in Cinema, a été publiée en 2022 dans le cadre du partenariat international de recherche TECHNÈS, auquel participe notamment Montréal. Il s’agit d’une publication numérique universitaire.
La référence est la suivante :
BARNIER, Martin, “The History of Stereoscopy in Cinema”, TECHNÈS – Encyclopedia of Film Techniques and Technologies, 2022, Text 1: “From the Nineteenth Century to 1952: Stereoscopic Photography and the Rising Number of Screenings of ‘3D Cinema’”, ARK:/17444/013715/3845.
L'intérêt de cette publication est notamment la place qu'elle accorde à Joseph-Charles d’Almeida (Paris, 1822 – Paris, 1880).
Martin Barnier écrit :
«“In 1890, a company in Paris, Molteni, marketed a magic lantern with several lenses, making it possible to project anaglyph pictures thanks to the work of Joseph Charles d’Almeida.”»
Il s’agit de François Marie Alfred Molteni (1837–1907), fabricant parisien d'appareils de projection. La Cinémathèque française précise qu'Alfred Molteni, né à Paris en 1837, prit la direction de l'entreprise familiale vers 1865 et devint l'un des principaux spécialistes français des projections lumineuses. Il est notamment associé à la fabrication et à la commercialisation de lanternes de projection.
Cette précision est importante, car elle permet d'identifier précisément le Molteni de 1890 mentionné par Martin Barnier.
Joseph-Charles d’Almeida et Alfred Molteni
La formulation de Barnier est particulièrement significative : il n'attribue pas simplement à Molteni la commercialisation d'une technique anaglyphique en 1890 ; il précise que celle-ci était rendue possible “thanks to the work of Joseph Charles d’Almeida”.
Ainsi se trouve explicitement établie une continuité entre les recherches de Joseph-Charles d’Almeida au XIXᵉ siècle et la projection anaglyphique commercialisée à Paris par Alfred Molteni (1837–1907).
Le principe consiste à projeter deux images correspondant aux deux points de vue stéréoscopiques, avec des colorations différentes. Le spectateur porte des lunettes munies de filtres correspondants : chaque œil reçoit alors l'image qui lui est destinée et le cerveau fusionne les deux images pour produire la sensation de relief. Le principe peut également être utilisé pour des images imprimées.
Cette histoire montre que la recherche sur le cinéma en relief ne commence pas avec les premiers films des frères Lumière. Elle possède une préhistoire scientifique et technique beaucoup plus ancienne, dans laquelle Joseph-Charles d’Almeida occupe une place importante.
Ses recherches se situent au croisement de plusieurs domaines : stéréoscopie, photographie, projection, perception binoculaire et recherche sur les images animées.
Un intérêt particulier pour Franck d’Almeida
Cette référence revêt pour moi un intérêt tout particulier.
Je suis Franck d’Almeida, membre de la Société Française de Physique, et je m'intéresse à l'histoire scientifique et technique liée à Joseph-Charles d’Almeida.
Cette recherche possède également une dimension familiale. Je suis le cousin du linguiste et sociologue Daniel Siméoni, fils de Théma Zolty-Siméoni, qui était la sœur de mon grand-père maternel, David Zolty.
Daniel Siméoni a accompli une partie importante de sa carrière universitaire en Amérique du Nord. Il fut notamment professeur à la Glendon School of Translation de York University, au Canada, où ses travaux portaient notamment sur la linguistique, la traduction et la sociologie de la traduction. Sa carrière universitaire l'a également conduit à travailler avec le milieu scientifique et universitaire nord-américain, notamment à Chicago et à Montréal.
Cette dimension familiale donne une résonance particulière à la présence de Montréal dans l'histoire de TECHNÈS. Elle crée un lien intéressant entre, d'une part, les recherches historiques consacrées à Joseph-Charles d’Almeida et aux origines de la projection stéréoscopique et, d'autre part, une histoire familiale qui relie les d’Almeida, les Zolty et les Siméoni au monde universitaire.
La notice de Martin Barnier constitue ainsi une référence contemporaine particulièrement intéressante pour documenter la place de Joseph-Charles d’Almeida (1822–1880) dans l'histoire de la stéréoscopie et des techniques qui ont précédé le cinéma en relief.
Franck d’Almeida
Membre de la Société Française de Physique