11/10/2025
« Il y a des institutions, celles du
Directoire, de la II° République, de la III° ou de la IV°, qui ne laissent aux crises qu'elles contribuent elles-mêmes à produire aucune autre issue que l'appel au sauveur.
Il y en a d'autres, comme celles de la V° République, conçues pour conjurer ce risque avec un exécutif fort qui peut en appeler au peuple.
Mais elles peuvent être dévoyées par les politiciens quand ils occupent tous les postes, comme à la fin de la IV° République, comme aujourd'hui, avec un bloc central minoritaire qui verrouille ce que de Gaulle appelait le « système ».
Si le « système » ne répond au profond malaise de la société que par les mots creux de la communication, des alliances électorales de pure opportunité, des réformes de scrutin qui ramèneront le régime des partis, des boucs émissaires, si, comme aujourd'hui, il ne peut trouver en lui-même les ressources intellectuelles et morales, les caractères et les volontés nécessaires, si les rendez-vous démocratiques de 2027 sont encore manqués comme ils l'ont été en 2017, et plus encore en 2022 et en 2024, la violence finira par tout dévorer.
Quand elle sera devenue intolérable, ce sera ailleurs que dans les urnes que les Français iront, comme depuis deux cents ans, chercher le retour à l'ordre.
Ils y trouveront le meilleur ou le pire, un vrai sauveur ou un intrigant déguisé en sauveur, un Boulanger, ou un Trump à la française dont on ne sait pas quelles limites il sera capable de se fixer à lui-même, ou un fossoyeur, un Pétain à Vichy, ou bien un tyran.
Quand la Révolution est arrivée, dit Michelet, on ne l'attendait plus et il ajoute: « De loin, le Mont-Blanc on le voit, de près, on ne le voit pas. »
Henri Guaino : « Le naufrage des politiciens » (10.09.2025 - JDN)