14/06/2026
LE G7 DE 2026 : SORTIR DES ILLUSIONS POUR RECONSTRUIRE NOTRE PUISSANCE
Le sommet du G7 qui s'ouvre aujourd'hui ressemble tragiquement à une réunion d’anciens dirigeants d’un monde qui n’existe plus. Alors que le centre de gravité économique de la planète a basculé vers l’Asie et les BRICS, une partie de nos élites s'obstine à agir comme si l'Occident était encore seul le directoire de la planète. En France, cette déconnexion prend une tournure grotesque : on décale des sommets pour l'anniversaire de Donald Trump et on organise des événements de MMA pour l’accommoder, alors même que les États-Unis traitent l'Europe comme une simple « province de leur empire ». Cette prudence diplomatique est injustifiable alors que Washington mène une guerre tarifaire contre ses propres alliés et déclenche des conflits au Moyen-Orient sans nous consulter, provoquant la fermeture du détroit d'Ormuz et une flambée des prix de l'énergie, des engrais et des matières premières qui asphyxie nos entreprises. Nous ne pouvons plus bâtir une stratégie nationale sur des illusions, qu’il s’agisse du déni de la réalité militaire en Ukraine ou de l’espoir d’un retour au monde unipolaire.
Face à ce constat, nous devons prendre acte d’une réalité : le temps de la « mondialisation heureuse » est révolu. La dépendance excessive de la France aux importations fragilise notre indépendance stratégique, creuse notre balance commerciale et pèse directement sur le pouvoir d’achat des Français, exposés aux pénuries, aux chocs énergétiques et aux tensions géopolitiques mondiales. Notre priorité ne doit plus être de « régimenter le monde », mais de restaurer nos capacités productives. Cela suppose une politique internationale fondée sur la stabilité et la désescalade des conflits, notamment au Moyen-Orient, afin de préserver les routes commerciales et la sécurité énergétique indispensables à notre économie. Il est temps de défendre lucidement les intérêts de la France et de refuser les logiques d’affrontement économique systématique, en particulier lorsqu’elles risquent de pénaliser davantage nos entreprises et nos concitoyens.
Notre programme est clair. Nous devons cesser de donner des leçons pour redevenir puissants. Le meilleur moyen de sortir de cette spirale de décrochage est la réindustrialisation du pays : produire davantage en France, sécuriser nos approvisionnements, relocaliser les activités stratégiques et redonner à notre économie sa capacité d’innovation et de création de richesses. Le véritable défi de ce sommet ne devrait pas être la poursuite de conflits épuisants, mais la reconstruction de nos propres forces industrielles pour enfin défendre nos intérêts vitaux à armes égales face aux autres puissances mondiales.