23/07/2026
Intervention de Lacapere Rémi, Conseiller départemental durant la session du Département des Pyrénées-Orientales du 22 juillet 2026
On a quand même été tous stupéfiés par l’ampleur de cet incendie, même si, au fond, cela n’a surpris personne car les ingrédients étaient là.
Et ce n’est pas pour rien si le département a débloqué des budgets exceptionnels pour le SDIS — c’est indiqué dans le rapport –, avec depuis 2021 une augmentation de 55,2% et 47,3 millions en investissements pour l’équipement, les véhicules ou la rénovation et construction des casernes).
Et on sait bien que cela ne résout pas tout.
D’autres départements, qui n’ont pas fait ce choix, se retrouvent aujourd’hui rattrapés par des conditions climatiques qui provoquent des feux dans des endroits où l’on ne s’y attendait pas, comme en forêt de Fontainebleau par exemple.
Je pense que la question des moyens a été centrale dans notre débat, et, contrairement à Nathalie Piqué, je pense que c’est une vraie question politique, une question de choix et d’arbitrages, y compris au niveau national.
Défendre le service public, c’est une affaire de choix.
Si l’on prend l’exemple du dernier arbitrage national sur le budget et sur les moyens accordés aux SDIS, quasiment toutes les formations politiques ont voté pour, à l’exception de l’extrême droite, en particulier du Rassemblement national. Cela explique peut-être leur absence ce matin pour discuter de la question des pompiers et des incendies - et je le dis sans polémique, car c’est une question de transparence. C’est une affaire de choix : quand on a des représentants à l’Assemblée nationale et que l’on traite de sujets aussi importants que les moyens alloués aux secours, on vote et on décide où placer les priorités.
Pour continuer sur ce point, cela a été dit par le colonel Stéphane Clerc : la question des végétaux, de leur dégradation et de leur accumulation, constitue un facteur aggravant et facilitateur des incendies.
La question des moyens concerne aussi, par exemple, l’Office nationale des forêts (ONF). On parlait d’outils et de ce point de vue là je partage ce que disait Robert Vila : nous avons des outils, encore faut-il s’en servir. L’ONF est un acteur fait pour cela, mais il a été affaibli depuis une quinzaine d’années, au point d’être rendu inefficace dans son rôle premier. Il faut défendre l’ONF.
Sur ma délégation à l’insertion, nous nous sommes d’ailleurs posé la question que nous avons soumise à Monsieur le Préfet. Il existe des enjeux liés à l’insertion par l’activité économique (IAE) qui pourraient répondre à une partie de ces problématiques. Il y a un véritable gisement d’emplois : il faut des bras, des compétences, des acteurs capables d’intervenir partout sur le territoire pour entretenir nos forêts et zones naturelles.
Au-delà de la question des parcelles privées évoquée tout à l’heure, il faut agir sur l’ensemble des territoires. On ne peut pas laisser ce bois disponible prêt à s’embraser. Certains territoires, comme ceux de la Corrèze que je connais bien, ont longtemps été épargnés par les incendies en raison de leur humidité. Mais après les tempêtes ou des forêts laissées sans entretien, du bois s’accumule au sol, et depuis quelques années, on se rend compte que ces territoires peuvent eux aussi s’enflammer et de manière totalement incontrôlable.
Voilà, je souhaitais apporter ces éléments à la discussion.
Il y a donc une question de gisement d’emplois, mais aussi une question de moyens publics sur des sujets qui nous semblent indispensables. Le changement climatique nous oblige à prendre des décisions - cela a été dit -.
Au niveau départemental, nous les prenons, comme en témoigne la session d’aujourd’hui, et nous les avons déjà prises depuis 2021 à travers nos choix.
Mais au niveau national, en termes d’investissement en canadairs et de déblocage budgétaire, il faut que cela suive.
Tout mon soutien aux pompiers, aux forces mobilisées lors de ces incendies, aux élus et aux populations touchées.