25/08/2026
PÉPITE DE GÉNÉALOGIE, les archives de la Garde Nationale, … L’exemple de Ploubazlanec.
Faisons d’abord un bref point d’histoire au sujet de la Garde nationale.
La Garde nationale en France fut créée en 1789 et désignait l'ensemble des milices de citoyens formées dans chaque commune. En 1799, la constitution de l'an VIII consacra l'existence de la garde nationale en distinguant la garde nationale en activité, dite mobile et la garde nationale sédentaire.
En septembre 1800, le ministère de l'Intérieur rédigea un projet imposant le service à tous ceux qui exerçaient les droits du citoyen, mais en autorisant le remplacement.
Sous l’Empire, les gardes nationaux ont servi de réserve à l'armée et ont été mobilisés au gré des conflits. Le décret du 12 novembre 1806 réaffirmait l'obligation de tous les Français âgés de 20 à 60 ans d'effectuer le service de la garde nationale.
Sous la Restauration, ses missions se limitaient au maintien de l'ordre public. Le but de l'institution était de réunir les hommes les plus intéressés par le maintien de l'ordre et les propriétaires territoriaux ou les industriels. Seuls étaient admis au service ordinaire ceux qui pouvaient s'armer, s'habiller et s'équiper. Ils étaient peu nombreux.
Charles X, qui se méfiait de la garde nationale l’abandonna et licencia même la garde parisienne en 1827. Réactivée spontanément pendant la révolution de 1830, elle devint un des piliers de la Monarchie de Juillet, puis de la Deuxième République contre les révoltes ouvrières ou républicaines.
Napoléon III réduisit ses attributions mais, en 1868, créa une garde nationale mobile, de nouveau employée comme force combattante avec une nouvelle Garde nationale pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871. Le 25 août 1871, à la suite des évènements de la Commune, fut votée une loi de dissolution des gardes nationales dans toutes les communes de France.
Bref, si l’on résume, on retrouve la garde nationale à chaque soubresaut de l’Histoire de France du XIXe siècle. Et puisque les maires étaient chargés de dresser les listes de recensement des hommes de 20 à 60 ans, susceptibles de servir dans la Garde nationale, on retrouve ces listes en commune, avec un peu de chance (car elles sont très rares). Listes que l’archiviste classe en sous-série 3H.
C’est donc le cas à Ploubazlanec qui a su conserver toutes ces listes pour chacune des périodes évoquées plus haut ; 1813-1816 ; 1832 ; 1840 ; 1848-1850 ; 1868-1870.
Arrêtons-nous sur celles de la période 1813-1816 qui sont de loin les plus riches en détails et qui comblent l’absence de recensement de population, le premier n’étant réalisé qu’en 1831.
Ces listes de recensement (des hommes) sont en effet d'une richesse exceptionnelle pour le généalogiste. Elles indiquent, selon les modèles, la situation maritale, le nombre d'enfants et de vieux parents vivant à charge, la profession, le degré d'aisance (indigent, pauvre, peu aisé, aisé), s'ils sont en état de se payer un uniforme et de se faire remplacer, leur niveau de contributions (foncière, personnelle, mobilière, patente), s’ils sont susceptibles d’être inscrits soit dans les chasseurs, les grenadiers ou les fusiliers, de remplir un grade. Mais aussi leur taille et parfois même soulignent des particularités physiques ou médicales (chauve, épileptique, borgne, courte vue…).
Si vous voulez retrouver ces listes ou des pièces relatives à l’organisation de la Garde Nationale en commune, vous pouvez consulter les inventaires sur notre site web https://sitearchives.cdg22.fr/inventaires en cherchant en sous-série 3H
La mission pour la Ville de Ploubazlanec est toujours en cours et réserve encore bien de belles découvertes