07/08/2026
ARTICLE OUEST FRANCE
La chapelle Sainte-Marie-du-Menez-Hom symbole de la richesse d’antan
La chapelle de Sainte-Marie-du-Menez-Hom recèle d’indications qui traduisent la vitalité commerçante du territoire d’autrefois. Son pardon a lieu dimanche.
Nichée au pied de la montagne du même nom, la chapelle de Sainte-Marie-du-Menez-Hom, est un précieux témoin de l’attachement des anciens paroissiens à leur édifice et à leur territoire. Elle dit aussi la richesse de la Bretagne d’autrefois, au temps des foires notamment. Depuis le déplacement de la fête au bourg de Plomodiern, il y a une dizaine d’années, le pardon de Sainte-Marie-du-Menez-Hom a été avancé au premier dimanche d’août (et non plus le 15 août). Les bénévoles ne pouvaient être aux deux endroits en même temps. Son pardon, célébré dimanche donc, est l’occasion de la découvrir.
Les éléments à ne pas manquer
La chapelle est entourée d’un espace arboré, délimité par un muret. Une porte monumentale (1739) et un calvaire (1544), très ouvragés, agrémentent l’espace. Mais ici, pas d’ossuaire. Ce qui la prive du statut d’enclos.
Quant à la croix centrale du calvaire, elle supporte des personnages à double face. Les statues et le fût sont en pierre de Kersanton qui résistent aux intempéries… depuis le XVIIe siècle.
À l’intérieur, les vingt-et-uns mètres de linéaire du retable, de style baroque, répondent à une vision décorative, architecturale et pédagogique. Il se lit comme une bande dessinée.
La commande a été passée en 1703 (à la fin du règne de Louis XIV) par le recteur Bourdoulous. Le travail a été réalisé par l’atelier Cevaër, de Pleyben, pendant une douzaine d’années.
L’église compte aussi de belles sablières et des poutres de gloire sculptées du XVIe siècle.
Monument historique depuis 1916
Des traces archéologiques prouvent la sanctuarisation du site depuis la Préhistoire mais la construction de la chapelle que l’on voit dans sa forme actuelle date l’Ancien régime, entre 1570 et 1773. Elle n’a pas cessé de croître et de s’enrichir durant cette période.
En 1800, les paroissiens la confient à la municipalité mais les autorités locales ne l’entretiennent pas. Le recteur Tephany galvanise la population pour restaurer charpente, toiture, statuaire, polychromie.
Classée « Monument historique » depuis 1916, la chapelle est à l’état d’abandon quand une association pour sa sauvegarde se crée dans les années 1980. De fortes infiltrations d’eau menacent le retable.
Symbole d’une vitalité commerçante
La chapelle est l’œuvre d’un collectif. Plusieurs cartouches présents dans l’édifice indiquent les noms de celles et ceux qui ont contribué à son édification, dont d’importantes familles plomodiernaises.
Aux XVIe et XVIIe siècles, la richesse locale est notamment générée par la transformation et la commercialisation du lin. Le monde agricole n’est pas loin. Les habitants du nord et du sud du Finistère se retrouvent ponctuellement à Plomodiern pour faire affaire. Des fêtes données en l’honneur de la Vierge Marie permettent de collecter de l’argent pour l’édifice.
Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, dix-huit aviateurs anglais se cachent dans la chapelle pendant trois semaines. Avec la complicité des réseaux locaux de résistance, ils sont nourris et conduits à Camaret-sur-Mer, pour rejoindre l’Angleterre, sur des bateaux de pêche.
Par la suite, la circulation routière fragilise l’édifice. La vitesse aux alentours de la chapelle a été abaissée et un projet de contournement est, depuis des années, dans les cartons. En attendant un éventuel chantier, la vieille dame continue de compter les milliers de véhicules qui croisent sa route tous les jours.