18/09/2026
🏛️ Une charpente… entièrement en béton
Voici l'envers du décor : la charpente de la cathédrale de Reims, vue de l'intérieur. Après l'incendie du 18 septembre 1914, il aurait fallu, pour la reconstruire à l'identique, des centaines de chênes séculaires. Un luxe que la France de l'après-guerre ne pouvait plus se permettre. 🌳❌
Le bois est alors une denrée rare : les forêts françaises ont été ravagées par quatre ans de combats, et le pays manque cruellement de main-d'œuvre qualifiée — charpentiers et bûcherons comptant parmi le million et demi de soldats tombés au front. 🕊️
L'architecte rémois Henri Deneux apporte la réponse, à partir des années 1920 : plutôt que de reconstruire une charpente en bois, il conçoit un système entièrement nouveau : une charpente composée d'éléments préfabriqués en ciment armé, une méthode inspirée des techniques de Philibert Delorme, mise au point au XVIè siècle🔧.
Le principe : au lieu d'utiliser de grandes pièces de bois massif (des poutres entières, longues et épaisses), on assemble de nombreux petits éléments courts, cintrés et boulonnés/chevillés entre eux par des couples de planches croisées. Ces petites pièces, multipliées et combinées, forment ensemble un arc capable de porter une charpente entière — un peu comme un principe de « lamellé » avant l'heure.
Henri Deneux reprend exactement cette logique — mais en remplaçant le bois par des éléments préfabriqués en ciment armé. Même principe, mais adapté à la pénurie de bois et de main-d'œuvre qualifiée de l'après-guerre, et avec l'avantage supplémentaire d'un matériau ininflammable.
Un chantier titanesque, rendu possible grâce aux dons de mécènes américains comme John D. Rockefeller Jr. 🤝
📍Envie de découvrir ce chef d’œuvre du patrimoine ?
👉La visite des parties hautes de la cathédrale est ouverte tous les jours sauf le lundi et le dimanche matin.
Visites guidées à 10h, 11h, 14h, 15h et 16h.
Retrouvez toutes les informations sur notre site internet : www.cathedrale-reims.fr