26/05/2025
COMMUNIQUE du CRPEA – à l'attention de la Mairie de Rennes
le 25/05/2025
Le 6 mai 2025 l'association One Voice a annoncé son dépôt de plainte contre la fourrière SACPA de Betton.
Cette annonce était accompagnée de deux vidéos tournées au sein de la fourrière, par d'anciens salariés ou bénévoles.
Sur la première vidéo, nous pouvons voir Philippe Lagoutte, directeur régional adjoint de la SACPA et directeur du site de Betton, tenant un chien au lasso. Le chien est acculé dans un coin de la pièce, l'homme lui hurle dessus « c'est pas toi qui commandes, Ok ? » à plusieurs reprises. Le chien est terrorisé, et n'a aucun moyen de se défendre ou de fuir la situation.
Sur la seconde vidéo, un montage de différentes images de maltraitances et négligences : un chat épileptique en train de convulser dans son petit box sans aucune protection, un chat mort dans une cage, dans une position laissant peu de doute au fait qu'aucune sédation n'a eu lieu préalablement à la mise à mort, un chien mort dans son box tué par injection à même le béton, un chien présentant une tumeur a***e très importante, sanguinolente, et dont il est dit qu'il a souffert plusieurs jours avant d'être euthanasié par le vétérinaire, un chien présentant une importante blessure au cou et reproduisant un parcours stéréotypé dans son box.
L'association One Voice est une association française de renommée internationale qui défend les animaux depuis 1995. C'est une association sérieuse et reconnue.
La SACPA de Betton s'est défendue, par voie de presse, et a répondu aux accusations de One Voice, qu'elle qualifie de diffamatoire, bien que reconnaissant l'authenticité des images. Les explications données par la SACPA sont peu convaincantes : les images seraient vieilles de plusieurs années, et sorties de leur contexte. La maltraitance se justifierait par le fait que le chien aurait mordu. La SACPA insiste sur le fait qu'un contrôle sanitaire a eu lieu et qu'il n'a révélé aucun souci particulier.
Elle invoque une volonté de « faire le buzz », et la possibilité que d'anciens employés essaient de s'en prendre à l'entreprise.
Les réponses apportées par les directeurs régionaux de la SACPA sont hors propos, et déplacées. La maltraitance et la volonté de domination, comme système éducatif du chien ne se justifie jamais. Tuer des animaux sans sédation préalable est une mise à mort extrêmement violente. Rien ne permet de justifier les souffrances infligées aux animaux confiés à cette fourrière.
L'association One Voice, qui continue à recevoir des témoignages à charge contre la SACPA de Betton depuis la diffusion des images, n'a pas vocation à « faire le buzz ». Elle se bat pour que les droits des animaux soient respectés.
La SACPA argue également du fait que la fourrière fait aussi « des choses bien, des sauvetages ». One Voice n'accuse évidemment pas la SACPA de Betton de maltraiter chaque animal. En revanche elle dénonce la violence d'un système dans lequel les animaux, encore une fois, sont utilisés pour leur valeur économique : la SACPA est payée par les municipalités pour gérer les animaux errants ou perdus. Ils sont vulnérables et à la merci d'une logique comptable incompatible avec la mission qui est confiée à la SACPA. Comment peut-on entendre que les salariés et les animaux souffrent d'un « manque de moyens » quand on sait que le groupe SACPA réalise un chiffre d'affaires de plus de 20 millions d'euros2 ?
Comment peut-on croire qu'une société privée à but lucratif pourra traiter les animaux avec le respect et la dignité qu'ils méritent, eux qui arrivent déjà si abîmés dans ces lieux ? Et quand les directeurs régionaux, dont le directeur du site de Betton, sont incapables de remettre en question leurs agissements et fonctionnement, comme en témoigne leur interview pour TVRennes ? Les personnes témoins de violences au sein de la fourrière ont été obligées de filmer afin de se faire entendre; les images témoignent de maltraitances répétées.
Les récentes communications du groupe SACPA sur sa page Facebook, documents à l'appui, témoignent du fait que les vidéos présentées par One Voice ont été filmées entre 2023 et 2025. Certains animaux que l'on voit sur les images sont entrés à la fourrière de Betton au début de l'année 2025.
Nous demandons, avec One Voice, une réelle enquête sur les conditions de traitement des animaux pris en charge par la SACPA.
Nous exigeons, de manière urgente et sans équivoque, un positionnement clair de la municipalité et un retrait des marchés publics octroyés à la SACPA, avec une redistribution des moyens et des missions attribués, à des associations locales, sérieuses et reconnues.
La Mairie de Rennes a affiché une volonté de s'engager pour les animaux en se dotant d'une Charte participative. Nous ne voyons aucune conséquence de cette charte.
Depuis sa signature, plusieurs événements dramatiques ont eu lieu : la mort des poissons aux étangs des Longchamps; la mort de faim des diamants mandarins au parc du Thabor, parce que la municipalité n'a pas su gérer l'absence d'un agent; des pièges à rats positionnés partout en ville; et maintenant la révélation de dysfonctionnements majeurs au sein de la fourrière que la Mairie mandate.
Nous vous demandons, à nouveau, de vous engager de manière claire du côté des animaux. Ces manquements ne sont pas tolérables.