21/07/2026
⚖️ 𝐏𝐨𝐫𝐜𝐡𝐞𝐫𝐢𝐞 𝐢𝐧𝐝𝐮𝐬𝐭𝐫𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐚𝐮 𝐕𝐢𝐥𝐥𝐚𝐫𝐝 : 𝐥'𝐮𝐧𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐜𝐫𝐞́𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐞́𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐮 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞.
Vendredi 10 juillet dernier , l’Île de Vassivière a accueilli une 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫𝐞 rassemblant les élus maires des communes riveraines, le Parc Naturel Régional (PNR) Millevaches en Limousin.es et des élus départementaux et régionaux. "Cette convergence est exceptionnelle. Elle n'est pas celle d'un groupe d'intérêt. Elle est celle d'un territoire."
Face à l'arrêté préfectoral autorisant le projet, l'ensemble des décideurs publics fait front commun pour défendre notre bassin versant à travers un recours contentieux.
👉 𝐑𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞𝐳 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐲𝐧𝐭𝐡𝐞̀𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐜𝐫𝐢𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐞́𝐥𝐮𝐬 𝐜𝐢-𝐝𝐞𝐬𝐬𝐨𝐮𝐬 :
𝐂𝐨𝐧𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 – 𝐕𝐚𝐬𝐬𝐢𝐯𝐢𝐞̀𝐫𝐞 – 𝟏𝟎 𝐣𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐭 𝟐𝟎𝟐𝟔
Lundi dernier, 6 juillet, le préfet de la Creuse a donné son autorisation pour le projet de porcherie industrielle du Gaec du Villard. Cette autorisation est accompagnée de quelques conditions et contraintes supplémentaires pour les porteurs du projet, mais l’essentiel de la décision préfectorale est malheureusement claire : faire une porcherie industrielle à Vassivière n’est pas un problème.
Ainsi donc, tous les avis défavorables qui ont été émis depuis le début de l’année sur ce projet, tous les arguments qui ont été mis en avant pour expliquer les dangers et l’anachronisme de ce projet, toutes les explications données, tous les risques énoncés, tout cela n’aura donc compté pour rien dans la décision préfectorale.
➡️Le risque de pollution des eaux, des cours d’eau et du lac ? Non retenu.
➡️Les cyanobactéries qui inévitablement finiront par pulluler selon l’étude hydrobiologique demandée par le Lac de Vassivière ? Non retenues.
➡️Les risques pour la santé humaine et animale des cyanobactéries toxinogènes ? Non retenus.
➡️L’interdiction de baignade, de pêche, d’activités nautiques, suspendue comme une épée de Damoclès au-dessus du lac ? Non retenue.
➡️Les 150 à 300 emplois touristiques qui, autour de Vassivière, sont ainsi menacés ? Pécadille !
➡️L’existence même du centre de vacances des Plateaux Limousins situé à 300 m de la porcherie, dont l’attractivité va s’en trouver remise en cause ? Aucune importance !
➡️La disproportion sidérante entre les emplois menacés et l’emploi à temps partiel généré par l’activité de la porcherie ? Pas de problème !
➡️Le bien-être animal pour des bêtes qui seront parquées sur le caillebottis d’un bâtiment qui, par temps de canicule, deviendra un mouroir comme on peut le voir ailleurs en France en ce moment même ? Pas grave !
➡️Un modèle agro-industriel dont, dans d’autres régions françaises, on a vu les dégâts ? On se bouche les yeux !
➡️Un projet du passé qui ne correspond ni aux attentes sociétales d’aujourd’hui, ni au modèle exemplaire d’un élevage de qualité en lien avec son territoire comme l’incarne par ailleurs la ferme des Vialatoux ? Non retenu.
➡️Les 1006 avis négatifs exprimés par les habitants et habitantes du territoire sur ce projet, soit 95,6% des contributions à la consultation du public ? Pas entendus !
➡️Les avis défavorables émis par toutes les collectivités concernées (communes du pourtour du lac, Syndicat du Lac, Parc naturel régional, Communauté de communes Creuse Grand Sud), et jusqu’au département de la Haute-Vienne et la Région Nouvelle Aquitaine par la voix de son président Alain Rousset ? Pas écoutés.
𝐀𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐚̀ 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐛𝐨𝐧 𝐢𝐜𝐢, 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢, 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐬𝐮𝐫 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐠𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀ 𝐞𝐧𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐬, 𝐝𝐢𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐫𝐞𝐝𝐢𝐭𝐬, 𝐫𝐞́𝐩𝐞́𝐭𝐞́𝐬, 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞́𝐬, 𝐩𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞́𝐬, 𝐯𝐚𝐥𝐢𝐝𝐞́𝐬, 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐟𝐞𝐬𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐥𝐬 𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐚𝐮𝐱 𝐲𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐟𝐞𝐭.
𝐀𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀ 𝐝𝐞 𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭, 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐨𝐮𝐥𝐞̀𝐯𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞.
𝐃𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐢𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐞 𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞𝐧𝐭.
𝐋𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐱 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐞́𝐞𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞́ 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧.
𝐋𝐞 𝐒𝐲𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐭 𝐝𝐮 𝐥𝐚𝐜 𝐝𝐞 𝐕𝐚𝐬𝐬𝐢𝐯𝐢𝐞̀𝐫𝐞.
𝐋𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐜 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.
𝐃𝐞 𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐞́𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐮𝐱 𝐞𝐭 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐨𝐧𝐚𝐮𝐱.
𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐫𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝’𝐮𝐧 𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐝’𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞̂𝐭.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝’𝐮𝐧 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞.
Lorsqu’une telle parole collective ne trouve pas d’écho dans une décision qui engage durablement son avenir, une question se pose :
❓Quelle place reste-t-il à la démocratie locale lorsque l’expression presque unanime d’un territoire ne semble pas influer sur les décisions qui le concernent directement ?
Car la démocratie ne se résume pas à une procédure administrative.
Elle repose aussi sur l’écoute.
Sur la considération.
Sur la confiance.
Et lorsque cette confiance se fragilise, c’est le sacro-saint contrat social qui unit les citoyens à leurs institutions qui est atteint.
Cette décision interroge également la vision que notre pays porte sur ses territoires ruraux.
Nous vivons déjà les conséquences de l’éloignement des services publics, des difficultés d’accès aux soins, des fermetures de classes, de la raréfaction des infrastructures.
On parle souvent de « déserts » ou de « diagonale du vide ».
Mais ces territoires ne sont pas vides.
Ils sont habités.
Ils innovent.
Ils entreprennent.
Ils accueillent.
Ils préservent des patrimoines naturels exceptionnels.
Ils participent pleinement à la richesse nationale.
❓𝐀𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐞 :
𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢 𝐥’𝐚𝐦𝐛𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞𝐬 ?
Souhaite-t-il simplement y autoriser des projets privés et les mettre à disposition d’autres enjeux ?
Ou souhaite-t-il construire avec eux un véritable avenir partagé ?
Le Préfet autorise donc le projet du GAEC du Villard. Nous prenons acte de ce choix.
Mais cette décision ne marque pas la fin de notre engagement.
Notre unité est totale.
Notre détermination est entière.
Elle s’inscrira dans la durée, aussi longtemps qu’il le faudra.
Les collectivités, les établissements publics, les associations et les citoyens exerceront ensemble tous les recours que le droit met à leur disposition. Deux recours juridiques sont d’ores-et-déjà en préparation avec des avocats spécialisés en droit de l’environnement. Nous mènerons la bataille sur le plan juridique sans faillir. Ce n’est pas une mobilisation de circonstance. C’est un engagement durable au service de notre territoire.
Nous prenons au sérieux les textes qui régissent la République et, en tant qu’élus, nous n’avons pas d’autre choix que de lutter contre ce projet néfaste à plus d’un titre.
𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐲 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞́𝐬 𝐞𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐮𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐜’𝐞𝐬𝐭-𝐚̀-𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐚 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐲𝐬. 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐢 𝐚 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐠𝐫𝐞́ 𝐞𝐧 𝟐𝟎𝟎𝟓, 𝐞𝐧 𝐬𝐨𝐧 𝐬𝐞𝐢𝐧, 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐫𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐄𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭. 𝐎𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐢𝐭 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐫𝐭𝐞 ?
➡️Article 1er. Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. C’est ce qui nous motive à agir ensemble maintenant et ici.
➡️Article 2. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.
C’est ce qui nous oblige à agir ensemble maintenant et ici.
➡️Article 5. Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.
C’est ce que nous réclamons aujourd’hui : parce que nous savons que la réalisation du dommage est quasi certaine, nous ne pouvons pas laisser se réaliser celui-ci. C’est ce qui nous motive à agir ensemble, maintenant et ici.
Mais les recours juridiques sont une chose, la mobilisation doit se poursuivre par tous les moyens qui sont à notre disposition.
Nous devons continuer à informer de la situation, y compris en cette période de vacances qui commence, les vacanciers qui viennent aujourd’hui à Vassivière et qui ignorent que, dans 5 ans, dans 10 ans, la baignade pourrait ne plus être possible dans ce lac. Nous devons poursuivre la bataille médiatique qui constitue, amis journalistes, un contre-pouvoir nécessaire dans toute démocratie.
Nous devons interpeller toutes les personnes ou institutions qui vont contribuer à la réalisation de ce projet.
Ainsi, dire par exemple au Crédit Agricole qui s’est engagé dans le plan de financement du projet de la porcherie qu’il contribue à la destruction d’un territoire qu’il dit par ailleurs vouloir défendre. Une banque doit aussi réfléchir aux conséquences des engagements qu’elle prend quand elle soutient tel ou tel projet !
Dire à la Région Nouvelle-Aquitaine que la subvention qu’elle a votée en 2025, dans une relative ignorance du dossier, pour boucler le plan de financement de ce projet, ne doit pas être maintenue. Juridiquement cette subvention est du reste contestable puisqu’elle a été votée en septembre 2025 sur le premier projet du GAEC du Villard, projet qui à ce moment-là avait été abandonné, le projet actuel n’ayant été déposé qu’en décembre 2025...
Nous avons donc encore des leviers pour agir, mais aussi pour prévenir les risques de pollution, et c’est le sens de la démarche de science participative qui est engagée pour suivre l’état des cours d’eau et de la qualité des eaux des lacs du coin, en premier lieu de Vassivière, pour qu’à la première alerte liée à la porcherie si, par malheur, elle devait voir le jour, nous puissions attaquer pénalement les responsables de cette pollution.
𝐏𝐮𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐟𝐞𝐭 𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐡𝐚𝐢𝐭𝐨𝐧𝐬 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐝𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐱 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐮𝐥𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥 𝐬𝐨𝐥𝐞𝐧𝐧𝐞𝐥 𝐞𝐭 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥.
Cyrille et Alexandre, nous voulons dire avec force une première chose.
La situation des agriculteurs est devenue profondément préoccupante.
Pression économique.
Revenus insuffisants.
Aléas climatiques.
Évolution permanente des normes.
Isolement.
Personne ne peut ignorer cette réalité.
Or notre territoire a besoin de ses agriculteurs.
Il a besoin d’une agriculture forte.
D’une agriculture économiquement viable.
D’une agriculture durable.
Mais nous refusons que les agriculteurs soient les victimes d’un système qui les conduit à choisir entre leur viabilité économique et des projets délétères en tous points.
Notre responsabilité collective est précisément de créer les conditions pour qu’ils n’aient plus à faire ce choix. Parce que nous croyons qu’un territoire se construit avec ses agriculteurs. Jamais contre eux.
Cyrille et Alexandre, nous vous alertons également sur l’engrenage dans lequel vous êtes en train de vous laisser prendre, en accordant votre confiance à une coopérative qui n’a aucun souci de notre territoire et qui vous lâchera sans hésitation lorsque votre projet rencontrera la première difficulté.
Déjà, dans son autorisation, le préfet vous ajoute des contraintes supplémentaires. La surveillance que nous sommes obligés d’exercer sur les effets à venir de votre activité en matière de pollution viendra, le moment venu, pèsera forcément sur votre activité.
Que dire par ailleurs lorsque, dans le cadre d’une procédure judiciaire concernant un GAEC du Cher en date de 2025, on lit dans un arrêt de la cour de cassation que ce GAEC, qui avait des grosses difficultés de trésorerie, s’est trouvé, je cite, en « conflit avec la société CIRHYO qui, avant l’ouverture de la procédure a cherché à compenser sa créance en récupérant 300 porcelets, ce qui a ‘décapité l’exploitation’ selon l’analyse du mandataire judiciaire au terme du rapport du juge commissaire. »
Cyrille et Alexandre, notre opposition ne s’adresse pas à vous. Y compris dans la consultation du public beaucoup de contributeurs le disent. Ce n’est pas à vous qu’on en veut : notre opposition concerne un projet qui divise profondément un territoire auquel nous savons que vous êtes attachés.
Nous vous demandons de prendre le temps de reconsidérer ce projet.
Non comme un renoncement.
Mais comme le choix courageux d’un avenir capable de rassembler.
Et si vous choisissez cette voie, nous prenons aujourd’hui un engagement public.
Vous ne serez pas seuls.
Les communes, les collectivités, les structures d’accompagnement, les partenaires du développement économique et tous ceux qui accompagnent les porteurs de projets sur notre territoire seront à vos côtés pour construire une alternative ambitieuse, viable et porteuse d’avenir.
Parce que nous croyons qu’il est toujours préférable de construire ensemble plutôt que de demeurer durablement dans la division.
Nous vous proposons de réfléchir ensemble aux moyens de penser un projet différent, en prenant en compte y compris les investissements financiers que vous avez déjà pu engager sur ce projet.
Cet appel ne peut rester sans réponse. Rencontrons-nous et travaillons ensemble à une alternative qui ne fasse peser aucune menace sur Vassivière, ses habitants et habitantes, ses paysages, son eau, son attractivité et sa beauté.