02/07/2026
Lorsqu’un homme dit à une femme qui argumente posément un désaccord : « Est-ce que vous voulez que je propose une suspension de séance pour que vous retrouviez vos esprits ? », qu’est ce que cela révèle de sa conception du débat ?
Ce sont précisément les mots employés par M. Mebarki lors du conseil municipal de mercredi 1er juillet, afin de faire taire une conseillère d’opposition qui manifestait un désaccord et qui tentait de faire entendre sa voix, malgré les interdictions de M. Mebarki et ses injonctions lui demandant de se taire.
Sur la forme, c’est déjà très moyen : le contradictoire n’a décidément pas sa place avec cet exécutif. Et ce qui se joue désormais ne concerne plus seulement les décisions prises : cela se manifeste aussi dans la manière dont la parole est bâillonnée en plein conseil municipal.
La conseillère en question ne criait pas, ne menaçait pas, mais tenait tête face à cet autoritarisme et à cette injonction au silence qui lui semblaient inacceptables. Elle souhaitait au moins avoir l’espace pour poser son argumentaire et faire entendre son opposition.
Bien sûr, la parole doit être encadrée en conseil municipal. Un débat ne peut pas durer indéfiniment. Il arrive à tous les présidents de séance de devoir interrompre un échange lorsqu'il devient répétitif ou s'éloigne du sujet. Mais ce n'était manifestement pas le cas ici.
Mais sur le fond, qu’est-ce que cela dit ?
- Le ton d'un professeur qui ne sait plus répondre autrement que par la menace lorsqu'un élève ose lui tenir tête.
- Le ton condescendant d’un homme qui muselle une femme, en laissant entendre qu’elle est hystérique et pas digne d’être entendue.
- Le ton impératif du « cheffaillon » qui a ce petit pouvoir sur les autres, qui confond autorité et autoritarisme et qui s’imagine imposer le respect alors qu’il ne donne qu’une image pathétique et gênante de son incapacité à gérer un désaccord.
C’était le spectacle désolant qui nous a été donné hier.
Plus choquant encore, aucune voix de la majorité ne s'est élevée pour dire que cette manière de s'adresser à une élue n'était pas acceptable. Pas une intervention. Pas un rappel au respect. Rien
Ni homme, ni femme.
Ce silence n'est peut-être pas si surprenant. Quelques jours seulement après l'élection d'une liste composée de 12 hommes et 12 femmes, comme l'exige la loi, l'exécutif s'était déjà recomposé en un très masculin 14 hommes pour 10 femmes…