12/06/2026
Métropole Aix-Marseille-Provence : le trou budgétaire n’a pas été découvert en avril 2026.
L’avis de la Chambre régionale des comptes PACA du 11 juin 2026 est très clair : les difficultés étaient déjà connues et documentées dans le pacte financier et fiscal 2023-2026, adopté dès décembre 2022.
Ce pacte identifiait déjà plusieurs fragilités majeures :
– la rigidité des dépenses ;
– le poids très important des attributions de compensation versées aux communes ;
– la dégradation attendue du budget déchets ;
– les incertitudes sur le budget transports ;
– les coûts de fonctionnement induits par les nouveaux équipements de transport.
La CRC rappelle même que la trajectoire choisie était seulement “soutenable jusqu’en 2026”, avec une dégradation prévue au-delà. Autrement dit, la crise n’était pas imprévisible.
Le déficit de 123 M€ vient principalement du budget annexe transports : 78 M€ de déséquilibre en exploitation et 45 M€ d’insuffisance de couverture de la dette en investissement.
Oui, l’État a sa part de responsabilité avec les baisses de dotations. Mais il est trop facile de tout mettre sur le dos de l’État.
La CRC rappelle aussi que le montant excédant la neutralité des transferts de compétences a été estimé à 178,47 M€ au bénéfice de certaines communes. Elle rappelle également que la dotation de solidarité communautaire est passée de 22 M€ à 44 M€, puis 66 M€, avant de proposer de la ramener à environ 13,3 M€ pour équilibrer le budget principal.
Le point le plus gênant est là : le pacte financier prévoyait une clause de revoyure avant la fin du mandat 2020-2026. Cette clause n’a pas été activée.
Donc non, ce n’est pas seulement une mauvaise surprise tombée du ciel.
C’est le résultat d’un modèle financier connu, fragile, documenté, mais jamais réellement corrigé à temps.
Nicolas Isnard n’est pas responsable seul de tout l’héritage métropolitain. Mais aujourd’hui, en tant que président de la Métropole, il ne peut pas se présenter comme simple découvreur du problème.
La responsabilité politique, maintenant, c’est de dire clairement où sont les vrais blocages : transports, attributions de compensation, dotation de solidarité communautaire, dépenses de fonctionnement, gouvernance et choix d’investissement.
Avant de demander de nouveaux efforts aux habitants, il faut d’abord reconnaître que ce fiasco budgétaire était annoncé depuis plusieurs années.