11/11/2023
A JAMAIS ANTIFASCISTES
Ce jeudi 9 novembre 2023, le Conseil d’État a finalement tranché
concernant la procédure de dissolution du Groupe Antifasciste Lyon et Environs initiée par Darmanin, après plus d'un an d'acharnement
administratif.
Malgré une première victoire avec la suspension en recours de la
procédure lancée le 30 mars 2022, le GALE se retrouve dissout comme nombre d'autres collectifs luttant tant bien que mal contre la fascisation de l’État et de la société dans sa globalité. En même temps, la Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie a également été dissoute, après une première dissolution annoncée le 20 octobre 2021.
Cette décision de par son injustice frappe un grand coup dans nos
libertés politiques et d'expression. Par la dissolution du GALE et de la CRI, le Conseil d’État s'octroie encore une fois le droit de s'en
prendre à toute voix qui s'élève contre le racisme d’État, l'extrême
violence de sa police ou encore la recrudescence des mouvements
fascistes.
Dans son élan répressif, l’État cherche à emporter sur son passage tout collectif, toute personne ou entité qui cherche à endiguer la
prolifération des idées d'extrême droite. Les critiques contre le
racisme d'Etat, l'islamophobie d'Etat ou la police formulées par le GALE ou la CRI sont des arguments en faveur du pouvoir pour dissoudre ces organisations. Ironiquement, l'Etat dissout des organisations antiracistes qui... critiquent son racisme.
L'Alvarium, excroissance fasciste à Angers a également été dissoute ce 9 novembre. Il est dangereux de se réjouir que le gouvernement, bien prompt à s'allier avec le RN, dissolve des groupes d'extrême droite.
Cela participe à légitimer un tel processus, et on voit depuis 2020 qui sont réellement les cibles de ces dissolutions successives :
associations musulmanes, collectifs antirascistes, collectifs pour la
Palestine etc. Rappelons qu'après les déclarations de certains députés en faveur de la Palestine, la droite s'est empressée de demander la dissolution de différentes organisations ne soutenant pas Isra*l, y compris la France Insoumise...
Les mouvements de contestation sont de plus en plus réprimés. Le pouvoir dispose pour ce faire d'un arsenal législatif bien huilé qu'il n'a de cesse de s'étendre ; il faut également ajouter à cela le phénomène de militarisation de la police qui prend de l'ampleur. L’État dans son objectif de criminalisation des luttes quelles qu'elles soient : antifascistes, écologistes, antiracistes, féministes, etc... possède entre ses mains un puissant appareil répressif qu'il n'hésite pas à utiliser.
Les dissolutions et la violence déchaînée à l'égard de celles et ceux
qui se battent pour une société plus juste soulèvent de nombreuses
questions. Jusqu'où ira l’État dans l'autoritarisme ? Combien de temps le laisserons-nous agir en dépit de la colère qui gronde ? Qui sème la dissolution récolte la révolte.
Cependant, malgré tous les efforts déployés par le pouvoir pour faire taire celles et ceux qui ont le courage de s'opposer à lui la lutte ne s'arrêtera pas, nous continuerons tous à faire front et la contestation ne cessera de naître partout où l'inégalité, l'injustice et la haine tenteront de s'établir.
Soutien à nos camarades lyonnais·es.
A jamais antifascistes.