14/08/2026
gilou le sarrazin PROJET CHANSON...la gloire est une bête...
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Les géants fatigués
Ils venaient me voir le soir,
avec leurs vestes trop lourdes,
leurs victoires qui leur collaient à la peau.
Ils disaient :
« Le sarrazin… toi tu es heureux…
surtout ne change rien…
reste petit… reste vivant… »
Et moi je les regardais,
ces rois sans royaume,
ces hommes qui avaient tout gagné,
sauf eux-mêmes.
Si je peux en sauver un,
un seul,
un seul qui écoute avant de courir,
si je peux en sauver un,
un seul qui comprend que la gloire est une bête,
alors je chante,
je hurle,
je saigne pour lui.
Ils avaient réussi, oui,
mais leurs rêves leur avaient sauté au visage.
Ils n’avaient plus le temps d’aimer,
plus le temps de se taire,
plus le temps de regarder la mer
sans penser à demain.
Le vent leur disait :
« Tu vas trop vite, mon vieux…
tu vas te noyer… »
Et leurs yeux cherchaient une sortie,
comme des enfants enfermés
dans un château trop grand.
Et Brel leur dirait :
« Méfiez-vous des rêves qui deviennent vrais…
car ils ne vous laissent plus le temps…
le temps d’aimer…
le temps de vous taire…
le temps de respirer un peu… pour avoir encore le temps… »
Et moi je leur dirais :
« J’ai peut-être plus très bien le temps d’aimer…
j’ai envie d’aller voir…
j’ai envie de me taire…
j’ai envie de m’offrir le temps…
c’est bon ça…
ça s’appelle la liberté. »
Alors je chante pour celui qui doute,
pour celui qui tremble,
pour celui qui n’a pas encore vendu son âme
à ses ambitions.
Je chante pour celui qui se dit :
« Peut-être… peut-être que je peux rester libre… »
Si je peux en sauver un,
un seul,
alors mon combat sera gagné.