22/05/2026
DES ACTES DE TORTURE ET DES VIOLENCES SEXUELLES CONTRE LES MEMBRES DE LA FLOTTILLE
Lundi 18 mai, la flottille humanitaire composĂ©e de dizaines de navires qui faisait route vers la bande de Gaza pour briser le blocus a Ă©tĂ© attaquĂ©e par l'armĂ©e israĂ©lienne. Des soldats lourdement armĂ©s ont accostĂ© les embarcations dans les eaux internationales, et ont capturĂ© tous les Ă©quipages, qui ont Ă©tĂ© enlevĂ©s vers IsraĂ«l. Ce jeudi 21 mai, les 428 personnes kidnappĂ©es ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©es et expulsĂ©es par l'Ătat colonial, sous la pression de la mobilisation internationale. Mais entretemps, des actes d'humiliation, des violences et des pratiques s'apparentant Ă de la torture ont Ă©tĂ© commises sur les dĂ©tenus, pour les briser physiquement et psychologiquement, mais aussi pour envoyer un message au monde.
Lâorganisation de dĂ©fense des droits humains Adalah explique que de nombreux militants ont rapportĂ© de graves violences lors de leur dĂ©tention. Certaines ont mĂȘme Ă©tĂ© filmĂ©es et diffusĂ©es par IsraĂ«l : les dĂ©tenus ont Ă©tĂ© ligotĂ©s et agenouillĂ©s de force face contre terre pendant des heures, sous la menace d'armes. Le tout en prĂ©sence du ministre fasciste Itamar Ben Gvir, qui agitait un drapeau d'IsraĂ«l et ricanait face camĂ©ra : «Bienvenue en IsraĂ«l, nous sommes chez nous». Ces images ont fait le tour de la planĂšte, et sont assumĂ©es par le rĂ©gime sioniste, qui montre ainsi qu'il a tous les droits et qu'il peut afficher sa barbarie en toute impunitĂ©.
Ces positions contraintes et douloureuses se sont accompagnées de tirs de Taser, utilisés comme des armes de torture pour envoyer de nombreuses décharges électriques, d'un usages massif de balles en caoutchouc à bout portant, que certains détenus ont montré une fois libérés, exposant leurs corps couverts d'impacts, et d'autres blessures graves. Par ailleurs, plusieurs témoignages font part d'agressions sexuelles.
Les avocats dâAdalah dĂ©clarent avoir reçu un grand nombre de plaintes. Des dizaines de participants prĂ©sentent de possibles fractures des cĂŽtes, accompagnĂ©es de difficultĂ©s respiratoires. Trois personnes ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©es. Les dĂ©tenus ont aussi Ă©tĂ© affamĂ©s dĂ©libĂ©rĂ©ment. Sur les rĂ©seaux sociaux, le compte de la flottille dĂ©nonce «au moins 15 cas d'agressions sexuelles, y compris des viols».
La rĂ©alisatrice Australienne Juliet Lamont, membre de la Flottille, dĂ©clare : «Nous avons Ă©tĂ© torturĂ©s. 180 personnes ont Ă©tĂ© systĂ©matiquement battues et rouĂ©es de coups. Certaines ont eu des cĂŽtes cassĂ©es, ont subi des agressions sexuelles, ont Ă©tĂ© Ă©lectrocutĂ©es au visage avec un Taser et ont reçu des injections de sĂ©datifs inconnus». Elle-mĂȘme dit avoir Ă©tĂ© ligotĂ©e avec des cĂąbles, torturĂ©e par lâeau et agressĂ©e sexuellement pendant sa dĂ©tention, avant dâĂȘtre transfĂ©rĂ©e Ă Ashdod. La militante estime que les dĂ©tenus ont subi une «campagne de violence planifiĂ©e» visant Ă dissuader toute future mission de solidaritĂ© Ă Gaza.
Le capitaine d'un des navires a dĂ©voilĂ© son dos entiĂšrement couvert de grandes ecchymoses, et souligne que les captifs non-blancs ont Ă©tĂ© traitĂ©s avec plus de violence que les autres. Ămer Aslan, militant turc, raconte lors de son retour Ă Istanbul que «8 personnes [l'ont] frappĂ© sans relĂąche pendant 27 heures». Le colombien AndrĂ©s Leonardo Castelblanco explique : «En prison, ils m'ont sĂ©parĂ© du groupe, m'ont mis dans un conteneur, m'ont menottĂ©, jetĂ© au sol et frappĂ© pendant plus de trois heures jusqu'Ă me causer une commotion cĂ©rĂ©brale». Enfin, plusieurs participantes se sont vu arracher leur hijab par les agents israĂ©liens.
Si Israël se permet d'aller aussi loin sur des ressortissants internationaux, dont de nombreux occidentaux et des personnalités connues, il faut imaginer le niveau d'horreur bien supérieur imposé, en toute opacité, aux milliers de captifs palestiniens privés de liberté, de droits et de dignité, sans procÚs, souvent pendant des années.
Juliet Lamont souligne nĂ©anmoins :ïżœ «Ils nous ont brisĂ© les os, mais ils nâont pas brisĂ© nos Ăąmes. Palestine libre !»
Via Contre Attaque