31/07/2025
Texte incroyable qu’on pourrait croire écrit pour dénoncer la politique de Dominique Laudré mais il en ait rien,il est juste la synthèse de ce qui ce passe un peut partout où il y a de l’argent et des imbéciles dénué d’abnégation prêt à tout pour suivre leurs gourous.
Depuis bientôt 10ans voici où Dominique Laudré a fait glisser la commune de Vars…
A PARTAGER... Voila la base d'un projet narratif... Mon idée est d'en faire un livre ou autre.. Se projetant de 1908 à 2108 par tranche de 10 ans...
En 2035, Crétins-les-Flocons tenait encore debout.
Pas grâce à la neige. Ni aux skieurs. Ni même à la volonté.
Mais grâce à l’argent.
L’argent public.
La station ouvrait 24 jours par an.
Le reste du temps, elle entretenait son propre décor :
des télésièges figés, des pistes damées pour personne, des webcams braquées sur le vide.
Tout était prêt. Tout était propre. Tout était faux.
Mais l’argent, lui, ne s’arrêtait jamais.
Il ruisselait, structuré, fléché, recyclé.
Du Plan Résilience à la Stratégie Montagne d’Avenir en passant par le Fonds d’Innovation Alpine Permanente.
On arrosait le désert avec des termes rassurants : attractivité, transition, sobriété, lien social, biodiversité durablement investie.
Et tout le monde faisait semblant d’y croire.
Les commerçants ne parlaient plus.
Ils ouvraient quand on leur disait d’ouvrir,
remplissaient les vitrines pour les reportages,
encaissaient peu, fermaient souvent.
Le reste du temps : silence.
La parole critique avait été remplacée par l’angoisse passive.
Les saisonniers n’étaient plus des personnes, mais des flux.
On les appelait “ressources mobiles de transition d’usage”.
Embauchés à la semaine, logés dans des containers repeints aux couleurs du territoire,
jetés comme des cartons entre deux projets pilotes.
Pendant ce temps, les institutions embauchaient à tour de bras.
Des CDI à foison.
Des filles et fils de…,
recrutés pour piloter la “revitalisation cognitive du bassin de vie d’altitude”.
Aucun n’habitait sur place.
Mais tous étaient engagés sur LinkedIn.
Le forfait atteignait 150 euros la journée.
Grâce à Élioth, statisticien végétarien à prénom thermique,
le tarif était désormais calculé à la fin de la journée, selon la fréquentation réelle.
Coût total ÷ nombre de forfaits vendus = prix du jour.
Certains jours : 86 €.
D’autres : 169,40 €.
On appelait ça : “le forfait contributif réactif”.
Lucien appelait ça :
— « Le racket des absents. »
Et il gueulait.
Depuis trente ans.
Contre le 4 saisons jamais mis en marché, jamais assumé.
— « Vous avez mis un hamac sur un pré et dit que c’était une stratégie. »
Contre la route, fermée en 2027,
officiellement pour des raisons de biodiversité,
en vérité : parce qu’on ne savait plus faire.
Contre les moniteurs,
autrefois indépendants arrogants,
grassement payés à l’heure,
aujourd’hui au SMIC à l’année,
encore fiers, figés dans des vestes rouges délavées qu’ils ne changent plus que tous les cinq ans —
"par conscience écologique", mais surtout parce que plus personne ne veut financer leur dignité.
Il gueulait aussi contre les vestiges d’un monde englouti :
Le musée olympique,
vide, fendu, moisi.
Un blaireau y dormait dans la salle des médailles.
La tyrolienne, suspendue au-dessus du néant comme une plaisanterie à 1,2 million d’euros.
La luge 4 saisons, arrêtée pour cause de trèfles rares protégés,
seule espèce à avoir cru à la diversification.
Plus un enfant sur des skis depuis vingt ans.
La montagne n’avait plus de rire.
Plus d’élan.
Rien que du vent.
Et Lucien gueulait encore.
Autiste, diagnostiqué trop t**d,
jamais écouté, toujours moqué.
Il posait des questions, des vraies,
avec une rigueur trop dérangeante pour être tolérée.
Alors on l’avait rangé dans la case la plus pratique :
— "Le fou."
Mais même cette farce-là devenait difficile à maintenir,
surtout quand les vieux élus commençaient à exiger :
“Des déambulateurs 4 saisons.”
Oui, c’était le dernier projet voté :
“Assurer la continuité du cheminement senior sur route chauffée basse tension.”
Un programme de 2,3 millions d’euros,
cofinancé par l’Europe et un fonds interrégional pour la dignité alpine du vieillissement.
Lucien avait éclaté de rire.
Puis il avait hurlé.
Puis il avait rien dit du tout.
Et là, tout le monde avait eu peur.
Et ce n’était pas fini.
Le nouveau projet, c’était plusieurs EHPADs.
On appelait ça :
“Parcours de Vie Alpine pour Aînés Autonomes.”
Trois bâtiments.
Un jardin thérapeutique.
Un simulateur de neige.
Et une salle de ski virtuel en réalité douce.
Le maire avait déclaré :
— « C’est une manière de faire revenir la vie. »
Lucien, sans lever les yeux :
— « Non. C’est une manière d’organiser la fin. En musique. Et subventionnée. »
Et puis un jour, pendant un séminaire stratégique intercommunal sur “le rebond d’altitude à moyen terme”,
un jeune consultant un peu trop enthousiaste, mal briefé, osa dire à voix haute :
— « On pourrait imaginer un téléporté depuis la vallée… hein ? Non ? Une rupture d’accès. »
Toute la salle éclata de rire.
Même le directeur de station, autoproclamé Seigneur des Remontées, s’autorisa une vanne :
— « Quoi ? Lucien a un fils ? »
Et là, plus personne n’a ri.
Le silence est tombé.
Épais.
Honteux.
Réel.