16/02/2026
LE COQ QUI SE PRENAIT POUR UN LION A FINI EN RENARD!
Un vieux Coq, sur son dôme, au milieu de la cour,
S’inventait des crinières et des rugissements de bravoure.
Il se voyait Lion, protecteur et puissant,
Mais n’était que l’héritier d’un modèle vieillissant.
À force de vouloir que son empire survive,
Il devint, par calcul, une bête bien plus sournoise et vive.
Pour sauver son confort et ses chiffres dorés,
En Renard de finance, il s’est métamorphosé.
« Pondez ! » disait-il, l’œil rivé sur la dette,
Transformant chaque nid en une simple brouette.
Mais à trop ruser pour voler le grain des poussins,
Il brisa de la vie les plus nobles desseins.
La Mère-Poule, alors, tourna le dos au tyran :
« On ne couve pas d’espoir pour un maître si décevant ! »
Suivant le Bottin Malin, sans haine et sans fracas,
Elle bâtit un autre abri, là où le Renard n’est pas.
Elle garda le vieux toit pour mémoire et leçon,
Mais donna aux poulets le marteau et le nom.
L’idée germa en douceur, une pousse après l’autre,
L’implication devint leur seul et unique apôtre.
Sur cette terre commune qu’il nous faut ménager,
Ils apprirent à construire sans jamais rien piller.
Tandis que le vieux Coq, dans sa ruse enfermé,
Resta seul à régner sur un monde affamé.
Morale :
Qui veut jouer au Lion sans en avoir le cœur,
Finit par la ruse à devenir son propre fossoyeur.
La société qui dure est celle qui inclut,
Et non celle qui mange ses enfants pour son propre salut
BOTTIN MALIN DE LA Fontaine.