14/01/2026
À propos de l'invitation des partis politiques par le Ministre de l'Intérieur.
Les élus de Mbigou, en route pour Mouila, sont aujourd’hui bloqués au village Kanda à la suite d’un éboulement grave sur une route latéritique abandonnée à son sort. Cette situation dramatique illustre, une fois de plus, l’échec patent des priorités du pouvoir de la 5ᵉ République. Car pour tout citoyen de bon sens, la route aurait dû être la priorité des priorités. Mais que nenni.
La véritable obsession du pouvoir UDB n’est ni la sécurité des déplacements, ni l’école en crise, ni l’hôpital à l’agonie, ni l’accès à l’eau potable, ni la fin des délestages électriques humiliants. Sa priorité, c’est la chasse aux partis politiques, sommés de se “mettre en conformité” avec une nouvelle loi, au mépris total des principes juridiques les plus élémentaires.
Il faut le dire clairement : la loi n’est pas rétroactive. Elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais dans un État de droit digne de ce nom. Les partis politiques légalement constitués avant l’adoption de la nouvelle loi ne sont en rien concernés. Persister dans cette voie, c’est violer sciemment le droit, instaurer l’arbitraire et piétiner le pluralisme politique. C’est transformer la loi en instrument de règlement de comptes politiques.
Pendant ce temps, les enseignants et les personnels de santé formulent des revendications légitimes et urgentes, ignorées avec un mépris glaçant. Les populations parcourent des kilomètres, bidons en main, à la recherche d’eau. Elles subissent des délestages électriques récurrents, pénibles et indignes d’un pays qui se prétend en “renaissance”. Les routes s’effondrent, les villages s’isolent, les citoyens s’épuisent.
Les partis politiques ne sont pas responsables de cette faillite. Ils ne creusent pas les routes, ils ne coupent pas l’électricité, ils ne tarissent pas les robinets, ils ne désertent pas les salles de classe ni les hôpitaux. Faire d’eux l’ennemi public numéro un relève soit d’une fuite en avant, soit d’une peur manifeste du débat démocratique.
Gouverner, ce n’est pas réduire l’espace politique pour masquer son impuissance. Gouverner, c’est répondre aux besoins vitaux des populations. Tant que le pouvoir UDB s’acharnera contre les partis politiques au lieu de s’attaquer aux urgences sociales, il portera l’entière responsabilité de la colère populaire qui monte, jour après jour, sur des routes impraticables, dans des maisons sans eau et sous des ampoules éteintes.
Par David MBADINGA
Ingénieur
Ancien Ministre
Président de l'UPG-L.