31/05/2018
CACOPHONIE AU SEIN DE LA DIASPORA (RÉSISTANCE).
Quelqu'un me disait dernièrement que si quelqu'un affirme qu'il a compris quelque chose à la situation actuelle (la crise qui divise la diaspora), cela veut dire qu'on lui a mal expliqué les choses; par contre si quelqu'un disait qu'il ne comprend rien, cela voulait dire qu'on lui a bien expliqué les choses. Je dois être en ce moment dans la situation de quelqu'un à qui l'on a trop bien expliqué les choses, parce que je ne comprends rien.
Que l'on me permette ici d'ajouter ma modeste voix à celle de tous ceux qui ont crû et qui assistent avec désolation au spectacle déshonorant que nous offre la diaspora gabonaise en France.
Selon nous, il n'y a pas lieu de blâmer les fervents résistants que vous êtes, pour le travail abattu sur le terrain depuis deux (2) ans, pour les risques et les sacrifices, pour les coups de gu**le et le courage que vous nous transmettez, mais lieu de vous féliciter.
Et nous disons bravo à cette diaspora qui nous a permis de rêver grand et d'espérer encore.
Mais là où je ne suis pas d'accord avec vous, c'est lorsqu'on dit que vous faites la fierté du Gabon. Que vous êtes des modèles pour les jeunes gabonais que nous sommes.
Honnêtement, quelle fierté le Gabon peut-il tirer de ses enfants qui s'insultent en longueur de journée sur la toile alors qu'ils sont sensés mener le même combat, défendre les mêmes idéaux? Quelle est votre résistance qui peut servir de modèle? Celle qui mord à l'hameçon des émergents? Vous condamniez Moukagni Iwangou, Ndémezo Obiang, NTOUTOUME Ngome et les autres, alors que vous vous sucrez comme eux.
L'AFFAIRE DES 8000€ est une illustration parfaite.
Moulenda est sans doute fasciné par le mode de vie des blancs;
Comme toi Adjatis et vous autres membres de la diaspora et de la résistance qui êtes fascinés par le clinquant, le brillant, le doré, le cher. Vous qui croyez que la fin des fins est de prononcer le "r" comme un français, vous qui passez le plus clair de votre temps à visiter les magasins et autres cafés de Paris, la Tour Eiffel, Notre Dame...
Eh oui! Vous êtes une bande de complexés qui se croient très évolués parce qu'ils portent des costumes, des chaussures, des montres qui valent beaucoup d'argent, que vous lavez les mains avec du Champagne (en bon gabonais) dans les boîtes de nuit sans vous soucier réellement de la situation sociopolitique du pays. Vous vivez bien là-bas.
La jeunesse gabonaise a besoin de rêver pour sortir de la misère. Mais il lui faut rêver avec des gabonais exemplaires, qui ont une probité morale irréprochable, qui font passer l'intérêt du peuple avant leurs intérêts individuels et mesquins, qui ont réussi par leur travail, par leur intelligence, par leur génie.
Nous voulons rêver avec des gabonais qui créent, qui bâtissent. Et ils en existe. Nous n'allons pas les citer ici. C'est de ceux-là que nous voulons tirer notre fierté.
Mais certainement pas à une bande de corrompus sans respect pour les populations, pas à des mecs névrosés qui ne peuvent inciter qu'à la division, à la haine entre eux, au vol, à la recherche du gain facile...
À votre avis, que pensent les émergents lorsqu'ils vous voient vous déchirer sur la toile? Comment vous voyez-vous après avoir été corrompus?
Vous diriez sans doute qu'on s'en moque. Mais le fait est que vous vendez tout une nation. Les espoirs placés en vous se fanent comme ces belles fleurs.
Il y'a longtemps que vous avez fait preuve de votre incapacité à gérer cette crise post électorale. Et pourtant il ne manque pas des intelligences!
ADJATIS est plus journaliste des faits divers que pédagogue. Il kongosse plus qu'il ne nous guide. Grand, de grâce, on veut avoir des pistes de sortie de crise. Faites des propositions à Jean Ping. Faites en également au pouvoir en place. C'est là aimer son pays. C'est ça être une résistance. Pas dénigrer. Dénigrer. Et jamais proposer.
Et quoi dire de MOULENDA? Il a la bouche, les mains et les poches tellement pleines qu'il ne peut plus rien nous révéler. Ah corruption, quand tu nous tient!
Alors il est vain de croire que vous serez admiré ou respecté pour vos gamineries. Cessez cela et guidez vos jeunes frères.
Jusque là, votre résistance n'est rien d'autre que notre propre caricature, nous, gabonais qui aimons parler sans agir, nous qui ne participons pas au vote mais revendiquons la victoire d'un candidat, nous que la politique dégoûte mais qui critiquons la gestion du pays, nous qui n'aimons pas travailler mais aimons faire grève pour le paiement de nos salaires, nous qui voulons consommer tout ce que le blanc produit de meilleur sans jamais chercher à produire autre chose que ce qui vient de la terre.
Le Gabon a besoin de rêver qu'il n'est pas un pays maudit, qu'il peut et doit jouer un autre rôle que celui de mendiant ou de bouffon dans le concert des nations. Et ce n'est pas cette diaspora (RÉSISTANCE) qui peut faire partager ce rêve.
Lagairreh Mbongo