Alpha Soumah

Alpha Soumah Auparavant Ministre de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat. République de Guinée.

La Guinée a donné au continent et au monde ses plus belles notes de musique et ses plus grandes créations artistiques. D...
21/07/2026

La Guinée a donné au continent et au monde ses plus belles notes de musique et ses plus grandes créations artistiques. Du son de la kora aux rythmes envoûtants du djembe, en passant par le théâtre, la danse et le patrimoine des ballets nationaux, l'art guinéen exprime l'âme profonde d'un peuple passionné et créatif.

​Être Guinéen, c'est aussi hériter d'une histoire marquée par le courage, l'audace et la quête constante de liberté et d'indépendance. Cet esprit de souveraineté et d'autosuffisance morale est gravé dans la mémoire collective.

KANIA SOLI 2026L'édition de cette année fut, une fois de plus, une très belle réussite.​Notre diversité culturelle const...
03/06/2026

KANIA SOLI 2026

L'édition de cette année fut, une fois de plus, une très belle réussite.
​Notre diversité culturelle constitue notre plus grande richesse, surpassant de loin nos ressources minières. Elle se doit d'être un vecteur d'unité et de cohésion sociale, plutôt que le catalyseur de clivages infondés. La Guinée demeure une et indivisible.

​Rendez-vous l'année prochaine pour honorer, ensemble, la pluralité de nos cultures !

LA RELIGION NOURRIT L'ESPRIT, MAIS LA CULTURE NOURRIT L'IDENTITÉ SOCIALE En Guinée, la force des institutions religieuse...
28/05/2026

LA RELIGION NOURRIT L'ESPRIT, MAIS LA CULTURE NOURRIT L'IDENTITÉ SOCIALE

En Guinée, la force des institutions religieuses contraste fortement avec le vide institutionnel entourant la transmission de nos cultures locales. Face à la mondialisation et à la perte progressive de nos repères identitaires, la question n'est plus seulement de préserver le passé, mais de l'intégrer dans l'avenir de nos enfants.
​Pour remédier à cela et rééquilibrer la balance, voici plusieurs pistes d'action concrètes, déclinées à différents niveaux de la société.

​Si les églises et les mosquées réussissent, c'est parce qu'elles sont implantées au cœur des communautés. Au sein des communautés, il nous faut donc créer les " Foyers Culturels de Quartiers ". Cela permet de créer des " Cases à Palabres" modernes qui constitueront des espaces communautaires (par quartier ou district) non religieux, dédiés à l'apprentissage des us et coutumes.

Il sera aussi nécessaire de mettre à contribution les aînés : institutionnaliser le rôle des sages, des griots et des gardiens du savoir. On pourrait organiser des séances hebdomadaires de contes, d'explications des interdits (totems), des systèmes de parenté à plaisanterie (qui renforcent la cohésion sociale), et des valeurs de solidarité.
Ces centres de quartier seraient les premiers lieux d'alphabétisation et d'expression orale correcte des langues locales pour les enfants nés en milieu urbain.

​L'école guinéenne est encore très calquée sur le modèle occidental. Il est urgent d'y insuffler nos réalités en reformant par le bas.
Nous devons aussi introduire des modules obligatoires sur l'histoire des empires de la région, les arts et traditions dans le programme national, la signification des danses traditionnelles, la pharmacopée de base, et les systèmes de gouvernance ancestraux (comme les Chartes de Kouroukan Fouga et de Kemèkiriya).

Un enfant qui ne parle pas sa langue est coupé d'une grande partie de sa culture. Nous devons Généraliser l'enseignement des langues nationales. L'école doit valider et valoriser les compétences linguistiques.
Les écoles devront souvent organiser des sorties d'immersion culturelle, des voyages scolaires vers des sites historiques guinéens (les cases de Sosso Bala, le Fouta théocratique, le mont Nimba, les îles de Loos) pour que l'histoire ne soit pas juste théorique.

​Pour toucher les enfants et les jeunes d'aujourd'hui, il faut utiliser leurs codes et leurs canaux de communication. Il faut donc moderniser la tradition.
L'une des pistes est de financer et encourager les studios de création locaux à produire des contenus basés sur les légendes africaines et guinéennes, dessins animés et jeux vidéos pour enfants, créer des applications ludiques pour apprendre les langues nationales, les proverbes et l'histoire de la Guinée, renforcer des émissions jeunesse à forte audience et remplacer une partie des programmes importés à la télévision (RTG et chaînes privées) par des jeux concours inter-écoles sur la culture générale guinéenne et les traditions.
Dans ce cadre, certaines initiatives telles que les studios Koumakan, Kirah et le projet de Musée virtuel de Guinée sont à encourager.

En fin, il faut penser à revaloriser le statut de nos artisans et initiés. ​Les savoir-faire ancestraux (teinture au indigo, cordonnerie, poterie, forge, instruments comme le balafon ou la kora) se perdent parce qu'ils ne font plus vivre leurs maîtres.
Nous devons créer des écoles de métiers d'art traditionnel. Cela permet de valoriser ces métiers en les transformant en diplômes professionnels reconnus, permettant aux jeunes de voir la culture comme un secteur économique viable.

Une autre piste non moins importante est la célébration des rites de passage civiques : adapter les anciens rites d'initiation (qui apprenaient le respect des aînés, la protection de la nature, la vie en société) sous forme de camps d'été civiques et culturels pour les adolescents.

Il est vrai que la religion nourrit l'esprit spirituel, mais la culture nourrit l'identité sociale. Il ne s'agit pas d'opposer la foi chrétienne ou musulmane à nos coutumes, car elles ont souvent su cohabiter, mais de redonner à notre patrimoine la place structurelle qu'il mérite pour que l'enfant guinéen sache d'où il vient pour mieux savoir où il va.

Alpha Soumah
Ex Ministre de la Culture du Tourisme et de l'Artisanat
République de Guinée

En ce jour de célébration et de partage, je souhaite une excellente fête de l'Aïd à toute la communauté musulmane, ainsi...
27/05/2026

En ce jour de célébration et de partage, je souhaite une excellente fête de l'Aïd à toute la communauté musulmane, ainsi qu'à l'ensemble de nos concitoyens. Que les valeurs de solidarité, de pardon et de fraternité qui caractérisent cette fête continuent de nous inspirer et de renforcer nos liens!
​Bonne fête à tous, sous le signe de la paix et de la concorde !

26/05/2026
ET SI ON GARDAIT NOS RACINES...?L’abandon progressif des marqueurs culturels locaux au profit de modèles exogènes, notam...
14/04/2026

ET SI ON GARDAIT NOS RACINES...?

L’abandon progressif des marqueurs culturels locaux au profit de modèles exogènes, notamment arabophones ou occidentaux, est un phénomène socioculturel profond en Guinée. Cette dynamique traduit une crise d'identité qui s'articule autour de plusieurs axes historiques, religieux et sociaux.

​En Guinée, comme dans beaucoup de pays d'Afrique de l'Ouest, l'Islam est un pilier central de la vie sociale. Cependant, une confusion s’est installée entre la pratique religieuse et l’assimilation culturelle.
Puisque le Coran est en arabe, l'imaginaire collectif a fini par associer la langue et les prénoms arabes à une forme de piété supérieure. Porter un prénom comme Ibrahima ou Fatoumata est souvent perçu comme "plus musulman" que de porter un prénom authentiquement local comme Tamba ou Kerfala.

Ce phénomène touche aussi la géographie, où certains lieux-dits sont rebaptisés avec des termes religieux pour "purifier" ou "bénir" l'espace, au détriment de la toponymie ancestrale qui racontait pourtant l'histoire de la fondation de ces terres.
​Le "complexe de l'opprimé", théorisé par des penseurs comme Frantz Fanon, reste vivace. La colonisation a imposé l'idée que la modernité et la civilisation venaient d'ailleurs.
Adopter un prénom ou un mode de vie étranger est souvent perçu, inconsciemment, comme un signe d'ascension sociale ou d'ouverture d'esprit.
Le fait que les langues guinéennes (Poular, Malinké, Soussou, Guerzé, etc.) soient restées longtemps cantonnées à la sphère privée ou informelle a renforcé l'idée qu'elles ne sont pas des vecteurs de "prestige".

​À l'influence religieuse s'ajoute l'influence des médias mondiaux. La culture guinéenne se retrouve coincée entre l'arabisation par le biais de la religion et de l'influence des pays du Golfe et l'occidentalisation par la musique, le cinéma et les réseaux sociaux. Dans ce duel d'influences, le patrimoine local est souvent perçu comme "archaïque" ou "villageois" par les jeunes générations.

​Ce délaissement culturel n'est pas sans risques pour la cohésion nationale. Un nom de localité contient une étymologie qui explique souvent une victoire, un pacte entre familles ou une caractéristique géographique. En changeant ce nom, on efface une page d'histoire.
Lorsque les prénoms ancestraux disparaissent, c'est aussi le lien avec les ancêtres et la signification spirituelle ou sociale des lignées qui s'estompe.

​Pour inverser cette tendance, plusieurs leviers peuvent être activés :
Par exemple, intégrer davantage l'histoire des empires et des héros locaux dans les programmes scolaires.
Le rôle des leaders d'opinion (artistes, intellectuels, politiques) est crucial pour redonner du "chic" au patrimoine guinéen.
On peut aussi faire la distinction entre foi et identité. Ce qui permet de promouvoir l'idée que l'on peut être un pratiquant fervent tout en portant un prénom issu du terroir, comme cela se voit dans de nombreuses autres cultures musulmanes (en Turquie, en Indonésie ou en Iran).
​L'enjeu est de passer d'une culture de "l'emprunt systématique" à une culture de la "synthèse", où la Guinée s'ouvre au monde sans pour autant s'oublier elle-même.

Garder ses racines n'a jamais fait de mal à un arbre.

Alpha Soumah
Ancien Ministre de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat
République de Guinée

Que la Paix et la quiétude règnent sur vous et sur vos différentes familles en ce mois saint de Ramadan et de Carême!
02/03/2026

Que la Paix et la quiétude règnent sur vous et sur vos différentes familles en ce mois saint de Ramadan et de Carême!

Cette année, Carême et Ramadan avancent côte à côte, unissant nos prières, notre jeûne, ainsi que l’élan de solidarité e...
17/02/2026

Cette année, Carême et Ramadan avancent côte à côte, unissant nos prières, notre jeûne, ainsi que l’élan de solidarité et de partage que nous offrirons à Dieu.
Que Sa grâce nous accompagne, qu’Il agrée nos efforts et répande ses bénédictions sur nous!
Je vous souhaite une période sainte emplie de paix et de lumière!

LE PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE MAMADi DOUMBOUYAS'HABILLER POUR L'UNITÉ Le choix vestimentaire du Président Mama...
15/02/2026

LE PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE MAMADi DOUMBOUYA
S'HABILLER POUR L'UNITÉ

Le choix vestimentaire du Président Mamadi Doumbouya, notamment ce boubou arborant les motifs des quatre régions naturelles du pays, est loin d'être un simple hasard de garde-robe. C'est un acte de communication politique visuelle mûrement réfléchi.
​Voici les principales raisons qui expliquent cette démarche :
​La Guinée est composée de quatre régions naturelles (la Basse-Guinée, la Moyenne-Guinée, la Haute-Guinée et la Guinée Forestière), chacune ayant ses propres spécificités culturelles et textiles comme le Léppi, le Kendéli, la Forêt Sacrée et le Bakha. Fusionner ces motifs sur un seul vêtement symbolise la volonté de rassembler une nation parfois marquée par des clivages ethniques ou régionaux.
Le message est clair : il se veut le président de tous les Guinéens, sans distinction. C'est le symbole de l'Unité Nationale.

​En portant fièrement l'artisanat local lors de cérémonies officielles ou de sommets internationaux, le président joue le rôle d'ambassadeur du savoir-faire guinéen, le promoteur du "Made in Guinée".
Cela valorise le travail des tisserands et des couturiers locaux, donc soutient l'économie.
C’est aussi une manière de dire que la Guinée n'a pas toujours besoin de s'habiller à l'occidentale pour être élégante ou souveraine.

​Enfin, le style vestimentaire est souvent utilisé par les dirigeants pour marquer une nouvelle ère. Contrairement au costume-cravate classique qu'il porte dès fois ou à l'uniforme militaire strict qu'il portait au début, ce boubou adoucit son image. Il renforce son image de "père de la nation" proche des traditions, tout en se démarquant des codes vestimentaires de ses prédécesseurs.

​Lorsque le Président Mamadi Doumbouya s'affiche ainsi à l'étranger, il impose une signature visuelle forte. C'est une forme de marketing territorial, une stratégie de "Soft Power": le vêtement devient une carte d'identité visuelle de la Guinée sur la scène mondiale.

​En résumé, ce boubou que porte fièrement le Président Mamadi Doumbouya est une armure diplomatique qui prône la réconciliation et le patriotisme économique de la République de Guinée.

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