15/03/2025
Depuis la fin de la dictature en 1986, Haïti a choisi de libéraliser son régime tarifaire. À cet égard, deux séries d’engagements ont été contractés :
1. La première, relative aux droits de douane appliqués, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’ajustement structurel mis en place par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM).
2. La deuxième, portant sur les droits de douane applicables, a été contractée dans le cadre de l’application du système commercial multilatéral (OMC) en 1996.
Pour mettre en œuvre ces engagements, l’État haïtien a adopté une structure tarifaire qui a fait d’Haïti l'économie la plus ouverte de l'Amérique.
Cependant, en maintenant des droits de douane à des taux aussi faibles, Haïti a renoncé à la possibilité de protéger certaines branches de la production locale dans un contexte de politique économique visant à promouvoir la production nationale.
Dans la sous-région d'Amérique latine et des Caraïbes, certains pays ont su maintenir un écart considérable entre les droits appliqués et les droits consolidés. Haïti affiche la moyenne des droits la plus faible, soit 17,6 %, contre 58 % pour Antigua-et-Barbuda, 78,1 % pour la Barbade, 58,2 % pour le Belize, 58,6 % pour la Dominique, 34,9 % pour la République dominicaine, et 49,8 % pour la Jamaïque. Même pour de grands pays en développement de la région, comme le Mexique et le Brésil, la moyenne des droits consolidés est respectivement de 34,9 % et 31,4 %.
Au niveau des Pays Moins Avancés (PMA), la moyenne des tarifs consolidés d'Haïti est également la plus faible. À titre d’exemple, on peut citer le Burundi avec un taux de 68,3 %, la République démocratique du Congo (RDC) avec un taux de 96,2 %, et le Bangladesh avec 163,8 %.
Conscient de cet enjeu pour la relance économique du pays et pour son intégration effective dans des regroupements économiques de type « Union douanière » où il sera question d’appliquer un Tarif Extérieur Commun (TEC), comme c’est le cas pour la Communauté Caraïbéenne (CARICOM) dont Haïti est membre depuis 2002, le BACOZ Haiti a entamé, le vendredi 14 mars 2025, des discussions avec d’autres partenaires étatiques, dont le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), l’Administration Générale des Douanes (AGD), le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) et la Banque de la République d’Haïti (BRH). L’objectif de ces discussions est de relancer le processus de renégociation des tarifs consolidés d’Haïti à l’OMC afin de les harmoniser avec le TEC de la CARICOM pour favoriser le développement économique.