10/02/2021
URSULA VON DER LEYEN MANQUE DE PROVOQUER UNE CRISE DIPLOMA-
TIQUE EN DEMANDANT LE RÉTABLISSEMENT DE LA FRONTIÈRE IRLANDAISE
CONTEXTE
En raison de la lenteur des livraisons d’AstraZeneca, avec qui Bruxelles a passé un contrat pour 300 millions de doses
de vaccin, la Présidente de la Commission Ursula von der Leyen a décidé vendredi de rétablir temporairement la
frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. En voulant éviter les exportations vers le Royaume-Uni, von der Leyen
a ainsi provoqué un scandale diplomatique.
NOTRE ANALYSE
Cette zone sensible est pourtant l’une des plus célèbres au monde, l’absence de frontière matérielle entre les deux
parties de l’Irlande résultant de l’accord du Vendredi saint qui mit fin, en 1998, à 30 ans de conflit. La décision de la
Commission était une provocation inouïe, heureusement sans grave conséquence.
Le rétablissement de ces contrôles était d’autant plus absurde que la frontière irlandaise fut l’un des nœuds gor-
diens des quatre années de négociations sur le Brexit (cf. note 68), réveillant les tensions nationalistes irlandaises et
même écossaises. Le Premier ministre britannique Boris Johnson ne s’est pas privé d’attaquer Ursula von der Leyen. Le
choix de cette dernière est d’autant plus scandaleux que le Royaume-Uni a négocié son contrat avec AstraZeneca
trois mois avant Bruxelles, s’assurant d’un approvisionnement prioritaire.
Von der Leyen a rétropédalé au bout de quelques heures et, toute honte bue, a tenté de rejeter la faute sur son
commissaire au Commerce, Valdis Dombrowskis ! Un tel faux-pas aurait mérité de plates excuses que la Présidente de
la Commission semble trop fière pour présenter. Ce faisant, elle montre bien qu’elle est la parfaite incarnation des
élites bruxelloises alliant l’arrogance et l’incompétence.