28/07/2020
Message ouvert:
Sans être va-t’en guerre mais solidaire des actions du M5-RFP
« Tout pour la patrie, le Mali notre patrie.»
Les chefs d'État de la CEDEAO se sont retrouvés en vidéo conférence ce lundi 27 juillet 2020 pour échanger sur la crise qui sévit dans notre pays. La décision finale communiquée par le président en exercice de l'organisation sous-régionale , Son Excellence Mamadou Issoufi du Niger, fera date dans les annales de la république du Mali indépendante .
La question qui m'est venue à l’esprit est la suivante : cette résolution respecte t'elle la constitution du Mali ou bien viole t'elle notre souveraineté exprimée dans la constitution du 25 février 1992 acquise à la suite d’après luttes et au prix du sang de martyrs pour la démocratie et la bonne gouvernance ? Pour le profane en droit que je suis, une certaine discordance m'apparaît en me référant à l'interprétation que je me faisais de la lecture des différentes articles. Je laisse la clarification des zones d'ombre aux constitutionnalistes maliens.
A mon humble avis, la réunion des chefs d'État a juste été la plateforme pour bâtir une union sacrée afin de soutenir et appliquer avec plus de fermeté la résolution soumise à la conférence par la mission de négociations conduite par M Goodluck Jonathan. Elle tire sa légalité de l'application de certains articles incluses dans les principes constitutionnels communs inscrits dans le Protocole additionnel CEDEAO- A/SP1/12/01 sur la Démocratique et la Bonne Gouvernance..
En ramenant l’ennemi du Mali à une simple question de terrorisme et de pauvreté accompagnée de problèmes d'élections législatives, la CEDEAO est passée à côté de la circonscription du mal malien, du vrai problème du Mali, des raisons profondes de la contestation du régime par le M5-RFP.
Généralement, dans une démarche de résolution de conflit , la caractérisation de la situation est la tâche la plus délicate . Si cette étape n'est pas effectuée avec la rigueur requise, sans parti pris, sans émotivité, toute solution trouvée a de fortes chances de ne pas être agréée et, par conséquent, sera inopérante sur le terrain.
La situation de la République du Mali est réellement un problème de mauvaise gouvernance reprochée au régime du président Ibrahim Boubacar Kéita et ses différents gouvernements. C'est l'essence même de la lutte du M5-RFP et la raison fondamentale pour laquelle est programmée en priorité, la refondation de l'état Mali dès l’atteinte de la victoire. Tout le reste n'est que des conséquences du premier. Quelques interrogations:
-1. Pensez vous qu'il y aurait toutes ces rébellions successives au Mali, si leurs auteurs étaient satisfaits de la redistribution et du réinvestissement entre les régions des avoirs de l'état à travers une gestion saine des gouvernants?
- 2. Pensez-vous que des terroristes auraient eu le courage de venir s'installer sur le territoire national si l'armée malienne disposait de sa force de frappe légendaire (couverture aérienne assurée par nos avions de combats, couverture terrestre tenue par nos chars et blindés) encadrée par des officiers compétents et apolitiques?
- 3. Pensez vous que la pauvreté serait le quotidien de tous ses citoyens humiliés, déplacés, contraints à la mendicité, leurs filles livrées à la prostitution dans les grandes agglomérations urbaines , si une paix durable était installée dans le pays autrefois appelé grenier de l'Afrique de l'Ouest?
- 4. Savez depuis combien de temps, l'état n'a pas payé ou n'a pas été capable d'éponger un pourcentage significatif de la dette intérieure, ayant eu pour conséquence, la faillite de différents opérateurs économiques nationaux et la réduction de la circulation locale de l'argent ?
- 5. Savez vous que nos enfants et petits-enfants, vous et nous, sommes endettés et devons rembourser durant plusieurs années, des emprunts internationaux dont une bonne partie à été détournée suite à des malversations financières, privant ainsi la nation d'appuis et d'infrastructures en éducation, santé, eau énergie, etc..?
Des résultats d’analyse de différentes sources, le Mali souffre réellement de mauvaise gouvernance démocratique caractérisée par la corruption et le partage des postes de l'exécutif et de l'administration entre les alliés, mais surtout, entre les amis et proches de la famille du président et du premier ministre.
Dans quelle démocratie, a t'on vu un premier ministre, être reconduit à son poste alors que des morts, des blessés, ayant eu lieu sous sa gouvernance, doivent faire l'objet d'enquête indépendante?
Pourquoi la CEDEAO , dans ses conclusions, n'a pas évoqué ouvertement la démobilisation de toutes les personnes susceptibles d’être dans la chaîne de commandement lors des tirs à balles réelles sur la population qui a manifesté mains nues les 10, 11, 12 juillet 2020? Que dit le protocole sur de tels actes commis dans une démocratie ?
Pourquoi le président Ibrahim Boubacar Kéita n’a pas annoncé de mesures disciplinaires pour apaiser le peuple et témoigner ainsi une certaine compassion envers les familles affligées? Dommages.
Comble de tout, les chef d’État de la CEDEAO, n'ont pas estimé prioritaire, l’enquête sur les événements des 10, 11, 12 juillet 2020. Ce qui a étonné le peuple malien qui s'attendait à mieux.
Trop de questions sans réponses
Pour toutes ses raisons et à partir de ce lundi 27 juillet 2020, chaque patriote soucieux du présent et de l'avenir de la république du Mali, doit s'inviter à la lutte pacifique pour la refondation du pays, en appuyant les actions du M5-RFP.
Vive le Mali souverain!
Gloire aux militants et sympathisants du M5-RFP!
Honneur aux Maliennes et aux Maliens unis pour la victoire finale!
Vive la CEDEAO des peuples !
Vivre la solidarité africaine des peuples !
Prof.(ElHadj) Adama Diambourou DIARRA
Professeur agrégé de Génie Électrique/ Polytechnique de Montréal 1990
Président fondateur de AMCADDIA- Dambé Ka Ségui Sô