01/08/2026
Semaine du Numérique 2026 : l'APDP présente une keynote sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel à l'ère de l'IA
Lors des travaux de la 4ème édition de la Semaine du Numérique du Mali, l’Autorité de Protection des Données à caractère Personnel (APDP) est également intervenue pour partager sa vision sur la « Cybersécurité et la protection des données à caractère personnel à l'ère de l'IA : défis et solutions pour les États africains ».
Cette thématique, qui fait écho à l’une des préoccupations majeures de l’APDP, à savoir « accompagner l’innovation dans le respect des droits fondamentaux des individus », a permis à son Directeur des Affaires Juridiques, de la Conformité et du Contentieux, Dr Mahamadou Aly HAIDARA, de présenter le cadre normatif régissant l’usage des données à caractère personnel par les technologies émergentes, de mettre en lumière les défis auxquels les Etats africains sont confrontés et de proposer des pistes de réflexion pour une Intelligence Artificielle digne de confiance.
A cette occasion, il est revenu sur les principaux instruments juridiques encadrant ces enjeux, notamment le Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des données à caractère personnel (RGPD), le Règlement (UE) 2024/1689, dit ‘’IA Act’’, la Convention de l'Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel (Convention de Malabo, 2014), la Stratégie continentale de l'Union africaine sur l'Intelligence Artificielle ainsi que la Loi n°2013-015 du 21 mai 2013, modifiée, portant protection des données à caractère personnel en République du Mali.
A cet égard, il a souligné que bien que la loi malienne relative à la protection des données à caractère personnel soit antérieure à l'essor de l'intelligence artificielle générative, elle offre déjà un « socle juridique essentiel », une véritable « assise », pour encadrer les traitements algorithmiques reposant sur les données.
Evoquant les bouleversements du paysage de la cybersécurité induits par l'Intelligence Artificielle, notamment le déplacement de la cible des cyberattaques des serveurs, des infrastructures et des réseaux vers la donnée, le Directeur des Affaires Juridiques, de la Conformité et du Contentieux de l'APDP est également revenu sur l'évolution de la nature des cybermenaces, qui deviennent, désormais, de plus en plus intelligentes : campagnes massives de phishing parfaitement rédigées, deepfakes extrêmement réalistes, usurpations d'identité sophistiquées, attaques automatisées, logiciels malveillants adaptatifs et fraudes financières assistées par l'IA.
Selon lui, ces mutations profondes du paysage numérique imposent aux Etats africains de repenser leurs politiques publiques. Elles font émerger plusieurs défis stratégiques qui appellent des réponses nouvelles, notamment :
• de la souveraineté des données ;
• de la confiance des citoyens ;
• de l’insuffisance, voire de la pénurie, de compétences ;
• de l’adaptation du cadre juridique aux évolutions technologiques ;
• de la protection des infrastructures.
Face à ce constat, il a invité les Etats africains à se doter d’une véritable stratégie nationale de gouvernance de l'Intelligence Artificielle, à l’instar de certains pays.
Il a également appelé au renforcement des Autorités de Protection des Données à caractère Personnel (APDP), qui deviennent des acteurs essentiels de la confiance numérique. En effet, a-t-il ajouté, « à l'ère de l'IA, les APDP sont appelées à devenir des régulateurs de confiance, des facilitateurs de l'innovation, des partenaires des entreprises, des protecteurs des libertés et des acteurs de la souveraineté numérique, entre autres ».
Dans la même dynamique, Dr HAIDARA a invité les Etats africains :
• à développer une cybersécurité fondée sur l'anticipation ;
• à promouvoir les principes de « Security by Design » et de « Privacy by Design » ;
• à investir massivement dans la formation des ressources humaines ;
• à renforcer la coopération africaine, la cybercriminalité ignorant les frontières et les données circulant sans passeport.
La réponse doit donc être régionale. Les APDP, les Computer Emergency Response Team) ou Equipe de réponse aux incidents de sécurité informatique (CERT), les autorités chargées de la cybersécurité ainsi que les régulateurs sectoriels doivent, à cet effet, renforcer leur coopération.