Riviere Pilote

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Explorons l'âme de Rivière-Pilote, là où l'histoire se chuchote entre les lignes du temps. À travers nos articles, nos vidéos et nos créations musicales, nous levons le voile sur les secrets oubliés de notre commune

MOMENT QUIZZ-PILOTE
28/07/2026

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Notre église revisitée
28/07/2026

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Avec Ville de Rivière Pilote – Je fais désormais partie de ses super fans ! 🎉
21/07/2026

Avec Ville de Rivière Pilote – Je fais désormais partie de ses super fans ! 🎉

ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (1/10)L'Adieu à un monde (Introduction)Il est des paysages gravés en nous comme une ...
19/07/2026

ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (1/10)
L'Adieu à un monde (Introduction)
Il est des paysages gravés en nous comme une seconde peau, des territoires de l'enfance que l'on croit éternels. Aujourd'hui, en regardant la Martinique d'aujourd'hui, je sens monter en moi une urgence impérieuse : celle de témoigner. Je veux raconter ce coin de paradis de Rivière-Pilote, le quartier Préfontaine, tel qu'il vivait dans les années 70. C'était une époque charnière, une Martinique qui se tenait sur le fil du rasoir, à la veille d'un cataclysme démographique et culturel qui allait l'emporter pour toujours. Fermez les yeux, je vous emmène là où tout a commencé.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (2/10)
Le Triumvirat de la terre rouge
En ce temps-là, j'avais six ans. On m'appelait Paco. Mon univers se résumait au morne de Préfontaine, et il était mon empire. Dans la cour de la maison, la terre rouge et chaude nous appartenait, à mon petit frère, à mon cousin et à moi. Nous étions inséparables, un véritable triumvirat complice, toujours fourrés ensemble. Nos pieds nus, endurcis par le contact quotidien avec le sol, ne connaissaient pas la gêne des chaussures. Nous étions les rois de notre monde, et chaque journée était une nouvelle conquête.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (3/10)
Les Chasseurs de la rivière
Notre terrain de jeu n'avait pas de murs, pas de frontières. Nous étions les explorateurs intrépides des ravines et des sous-bois, experts dans l'art de traquer les merles et les lézards avec la ruse des anciens. Mais notre véritable terrain de chasse, c'était la rivière. Nous y pêchions les écrevisses, ces créatures aux couleurs flamboyantes, les papajaks rouges, verts ou noirs. Mais le graal, la prise rare et recherchée par-dessus tout, c'était le zabitan. Un monstre, une écrevisse énorme dotée de pinces redoutables, dont la capture faisait de nous des héros.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (4/10)
Les Ombres de la nuit (Le conteur)
Pourtant, cette liberté en plein jour avait un prix, payé à la tombée de la nuit. Les histoires de mon oncle, le plus jeune frère de ma mère, peuplaient nos rêves de frayeurs. Il avait beau être un grand enfant dans sa tête, il savait instiller la terreur. Comment oublier le mabrouilla, ce lézard beige et sournois qui, disait-on, se collait à la peau pour ne plus jamais se décoller ? Ou les récits effrayants des "volants", ces hommes qui enlevaient leur peau pour révéler des ailes de cauchemar et voler dans la nuit ? Ou encore ces cercueils qui barraient le chemin des retardataires, prêts à engloutir les imprudents qui osaient les enjamber ? J'en étais terrorisé, blotti sous mes draps.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (5/10)
L'Arbre et la bouture (Le grand-père)
Mais la maison de mes grands-parents était un sanctuaire. Mon grand-père, garde forestier à la pépinière de Préfontaine, m'a transmis l'amour viscéral de la terre. Petit, je savais déjà reconnaître les arbres rien qu'à la forme de leurs feuilles. Je me souviens d'une balade avec lui. J'avais repéré une tige de rosier que l'on venait de tailler. En cachette, avec la gravité d'un petit homme, je l'ai plantée. À la surprise générale, elle a non seulement pris racine, mais elle a donné de superbes roses aux couleurs d'une beauté inouïe, trois teintes mêlées. Mon grand-père avait posé sa main calleuse sur mon épaule, un sourire silencieux en guise de fierté. J'avais l'or vert dans les veines.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (6/10)
Le Cœur du foyer (La grand-mère et les tantes)
Dans cette même maison vivait ma grand-mère, une femme très aimante mais souvent malade, fatiguée par la vie. Je garde d'elle le souvenir de ses grands cheveux et d'une pointe de jalousie, ma toute première. Une fois, elle avait pris mon cousin sur ses genoux, et je voulais y être à sa place, le cœur serré par ce sentiment nouveau. Je vivais aussi entouré de mes tantes, les nombreuses jeunes sœurs de ma mère. Elles m'ont donné un amour incommensurable. Je garderai toujours en mémoire leur douceur, leur côté moelleux et réconfortant, comme un refuge contre tous les maux du monde.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (7/10)
Les Balades du soir
Le soir, à 16h, c'était le rituel sacré. Les jeunes du quartier se donnaient rendez-vous dans la cour de l'école de Préfontaine. C'était un ballet incessant de vélos et de mobilettes, un tourbillon de jeunesse et de vie. J'adorais ces balades, je les attendais toute la sainte journée. C'était mon moment. Je me souviens de la tristesse, des larmes même, quand mes tantes partaient sans moi, me laissant derrière, le cœur en miettes, attendant leur retour avec un mélange d'espoir et de désespoir.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (8/10)
Le Chemin du bourg (Le dispensaire et les coqs)
Je me revois aussi sur le chemin du dispensaire de Rivière-Pilote. Avec mes tantes, nous faisions le trajet depuis Préfontaine, entre taxi et stop. J'allais juste pour me faire piquer, une épreuve pour beaucoup, mais j'étais courageux, un vrai petit soldat. Jamais je n'ai pleuré pour une piqûre. Sur la route, il y avait cette maison de combat de coq. J'entendais les cris, l'effervescence. Je rêvais d'y entrer, de voir ce spectacle interdit, mais on me disait toujours que j'étais trop petit. Une frustration qui alimentait mon désir de grandir.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (9/10)
La Tôle pleure et la famille s'effritait
Dans la maison, il y avait aussi cet oncle, le plus jeune frère de ma mère, resté un grand enfant, qui nous faisait des farces et nous racontait des histoires effrayantes. Nous l'aimions beaucoup. Mais la vie à Préfontaine commençait à changer. Ma mère est partie en métropole par le biais du BUMIDOM pour travailler à la poste. Elle n'était pas la première. Déjà deux autres sœurs et un frère étaient partis avant elle. Je me souviens des jours de pluie, du bruit assourdissant de la tôle sous les averses, et de moi, blotti contre mes tantes, écoutant le chant des grenouilles annonçant la nuit. Une mélancolie s'installait, un pressentiment que ce bonheur simple était menacé. Le foyer se vidait, doucement, inéluctablement.
ÉPISODE 1 : L'EMPIRE DE PRÉFONTAINE (10/10)
Le Drame et l'envol vers l'inconnu (LE DÉPART)
Mais l’insouciance a ses failles, et le destin parfois frappe sans crier gare. La santé de ma grand-mère, déjà si fragile, s'est mise à décliner brutalement. Un jour, sous mes yeux d'enfant, elle s’est effondrée. Cette chute a été le premier choc, la vision fulgurante d’un monde qui s’écroulait, l’amorce de sa fin qui allait survenir si rapidement. Puis ce fut la maison envahie par une foule d’inconnus, des murmures, et au milieu de la salle a manger, ce cercueil. Elle y était allongée, si paisible, blottie dans du satin violet. C'était mon tout premier contact avec la mort. J'ai eu peur. Une peur panique qui m’a pétrifié, m’empêchant de trouver le courage de m'approcher pour lui faire un dernier ba**er.
Le deuil était encore lourd sur la maison quand tout s'est accéléré. On est venu nous annoncer, à mon petit frère et à moi, que notre départ était imminent. Précipité par la disparition de notre grand-mère, ce voyage devait nous mener tout droit vers notre mère, en France.
À l'idée de voler dans le ciel, comme ces petits avions que je voyais passer au-dessus des mornes, une joie frénétique m'a soudain envahi. J'étais curieux, excité à l'idée de découvrir ce pays mythique où, disait-on, les gens avaient la télé et le téléphone dans chaque pièce, où tout brillait, et où les gens étaient riches et beaux. C'était un départ imminent, une promesse d'aventure qui faisait pétiller mes yeux d'enfant.
Mais dans ce tourbillon d'excitation, alors que nous arrivions à l'aéroport du Lamentin, une réalité brutale m'a frappé en plein cœur, effaçant mon sourire. J'ai réalisé, avec une violence inouïe, que mon cousin et mes tantes ne viendraient pas avec nous. Ils restaient là, à Préfontaine.
Pourtant, il a fallu avancer. Nous avons traversé le hall, et je me suis retrouvé, la main dans celle de mon petit frère, à monter la passerelle de l'avion. Une fois à bord, je me suis précipité vers le hublot. En contrebas, sur la grande terrasse panoramique de l’aéroport, la foule était compacte. C’était là, à l’époque, que les familles se réunissaient pour suivre des yeux les voyageurs jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans l’appareil. J'ai plissé les yeux, le cœur battant à tout rompre, et je les ai distingués. Mon cousin, mes tantes, mon oncle... Ils étaient là, massés contre la rambarde, minuscules silhouettes agitant frénétiquement des mouchoirs.
Alors que l'avion prenait de la vitesse et que le grondement des réacteurs couvrait mes propres sanglots, je les ai vus se réduire encore, devenir des points imperceptibles, puis s'effacer totalement. J'avais l'impression de trahir ma terre et de laisser derrière moi la moitié de mon âme, m'envolant vers un ailleurs inconnu dont la promesse de bonheur ne pourrait jamais combler le vide immense de cet adieu.

La Marque des EauxIl était une fois, dans le bourg de Rivière-Pilote, un marché couvert qui venait tout juste de sortir ...
18/07/2026

La Marque des Eaux
Il était une fois, dans le bourg de Rivière-Pilote, un marché couvert qui venait tout juste de sortir de terre, au début des années 1930. C'était une merveille d'ingénierie pour l'époque : une structure métallique élancée, coiffée d'un toit en tôle ondulée, protégeant du soleil et des averses les étals colorés des marchandes.
Rapidement, le marché est devenu le cœur battant de la ville. On y venait pour l'odeur entêtante des épices, le parfum sucré des bananes mûres et, surtout, pour le « chadwon béni », cette herbe aromatique indispensable au véritable « boucan » (ragoût) local. Les piliers de fer forgé résonnaient des rires et des palabres animés de la matinée.
Mais un jour, le ciel s'est assombri. Les eaux de la rivière, gonflées par des pluies torrentielles, se sont mis à déborder dans les rues, envahissant le bourg. Le marché n'a pas été épargné. L'eau est montée, froide et boueuse, menaçant les marchandises.
La vie s'est arrêtée pendant quelques jours, le temps que la rivière se retire et que les « madras » (les commerçantes) nettoient le bâtiment.
Quand tout est revenu à la normale, l'une des doyennes du marché, avec un morceau de charbon trouvé dans les débris, s'est approchée du grand pilier central en métal. D'un geste précis, elle a tracé un trait horizontal net, à hauteur de sa poitrine.
— « Regardez », a-t-elle dit à la cantonade, le regard grave mais résolu. « L'eau est montée jusque-là. Mais nous sommes encore là. »
Ce trait est devenu, pour les générations suivantes, plus qu'une simple cicatrice. Chaque matin, en installant leurs paniers de fruits et légumes, les nouvelles générations de commerçantes posaient leur regard sur ce repère de crue, une cicatrice sur le corps de fer du bâtiment. Ce trait ne marquait pas seulement le niveau d'une inondation : il marquait la résilience du marché, sa capacité à affronter les tempêtes et à renaître, toujours plus vivant, au cœur de Rivière-Pilote.

Mention spéciale à mes nouveaux super fans ! 💎 Patrick Le DéaultLaissez un commentaire pour les accueillir dans notre co...
18/07/2026

Mention spéciale à mes nouveaux super fans ! 💎 Patrick Le Déault

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La rue Léon au bourg de Rivière Pilote année 20. Nous sommes encore à la campagne...
15/07/2026

La rue Léon au bourg de Rivière Pilote année 20. Nous sommes encore à la campagne...

Années 20, Place du marché de Riviere Pilote. À l'époque où cette photo a été prise, la place était le cœur battant de l...
15/07/2026

Années 20, Place du marché de Riviere Pilote. À l'époque où cette photo a été prise, la place était le cœur battant de la commune. On raconte souvent que, faute de marché couvert, les échanges n'étaient pas seulement commerciaux mais constituaient un véritable espace de "radio-trottoir" où les nouvelles de toute la Martinique circulaient plus vite que le courrier. C'était un lieu de convergence essentiel où les habitants des mornes alentours descendaient avec leurs denrées, créant un mélange de cultures et d'histoires qui a nourri l'identité pilotine.

14/07/2026
1920. Si la Rue Victor-Hugo à Rivière-Pilote que vous avez sous les yeux semble paisible, elle témoigne de la résilience...
14/07/2026

1920. Si la Rue Victor-Hugo à Rivière-Pilote que vous avez sous les yeux semble paisible, elle témoigne de la résilience d'une île qui, au début du XXe siècle, a dû se reconstruire. Après la destruction totale de Saint-Pierre, la "capitale culturelle", le centre de gravité économique et social de la Martinique s'est déplacé, favorisant le développement et l'agrandissement d'autres bourgs comme celui de Rivière-Pilote.
L'anecdote intéressante est qu'à cette époque, les fameux "camions" que vous voyez sur la photo (souvent appelés localement "camions à bananes") n'étaient pas seulement des moyens de transport public. Ils étaient le véritable cœur battant de la vie sociale : ils servaient à acheminer les denrées agricoles vers les marchés, à transporter les familles pour les fêtes patronales, et étaient souvent décorés par leurs propriétaires avec des couleurs vives et des inscriptions personnalisées. C'était un système D très ingénieux qui permettait de relier les communes escarpées entre elles là où les routes étaient encore très rudimentaires.
Ces véhicules sont devenus, au fil des décennies, des icônes culturelles de la Martinique, symbolisant l'ingéniosité locale avant que les bus modernes ne prennent le relais.

Adresse

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