UFP-Diaspora

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23/03/2022

*Communiqué* :

La coordination des associations culturelles nationales (APROLAWO-RIM AMPLCS et ARPRIM) convie la presse nationale et internationale à la conférence de presse qu’elle organise ce jeudi 24/mars/2022 à 16h30 au siège de ARPRIM (Fedde Ɓamtaare Pulaar) à la socogim PS.
A cette occasion, la coordination donnera sa position sur le projet de loi d’orientation de l’Education.

Pour plus d’information, veuillez contacter :
22 46 29 72
46 96 19 58
46 59 70 25

14/03/2022

La loi d'orientation générale de l'éducation nationale doit s'appuyer plutôt sur les conclusions émanant d'un consensus national, non seulement d'une concertation ministérielle.

La loi d'orientation générale sur l'éducation nationale, si son l'objectif réel est de sortir le pays dans l'impasse congénitale dans laquelle est plongé son système éducatif dans son ensemble, elle doit s'appuyer nécessairement sur un consensus national (dès son début jusqu'à sa mise en application), de toutes les parties concernées : société civile ( les représents des différentes communautés linguistes...), les partis politiques, les acteurs de l'éducation nationale sur le terrain, les experts..

Il est certainement très insuffisant, problématique voire incompréhensible de vouloir s'appuyer uniquement sur les conclusions une concertation organisée par un ministère, quelque soit par ailleurs la bonne volonté entreprise pour associer un maximum d'acteurs possibles.

Les conclusions d'une telle concertation ne devrait être qu'une contribution certes importante, mais non la base d'une loi d'orientation générale d'un problèmatique qui n'a cessé de miner l'unité nationale depuis des décennies, alors qu'un dialogue/concertation nationale inclusif ( ive) est en vue qui va rassembler tous les acteurs de vie nationale du pays sans exception, et dont l'éducation nationale sera l'un des points essentiels de ses assises.

Le ministre l'a, me semble bien compris lorsque les associations ( wolof, soninke et peulh ou poular) ont réclamé entre autres l'officialisation de toutes les langues nationales. La réponse du ministre a été juste, lorsqu'il dit qu'une telle décision est politique et ne relève pas de sa compétence.

C'est donc la preuve et montre bien que cette loi devrait plutôt d'écouler des conclusions des assises du dialogue national incusif.

Qu'Allah vienne en aide notre pays et nous évite des errements sans issue.

Marega Baba/vice président de l'Ufp

26/02/2022

A la déclaration de mise en garde de l'opposition démocratique, l'Upr répond par une manœuvre de diversion

Il n'est un secret pour personne, qu'il existe bien un groupe de caciques dand la direction de l'Upr qui voit d'un mauvais oeil la tenue d'un dialogue national inclusif dans le pays. Et il est exact de constater que depuis une année, ce groupe joue la montre, utilisant tous les moyens pour le ret**der au maximum, sous des prétextes souvent fallacieux. L'objectif étant clair: faute de pouvoir empêcher la tenue de ce dialogue, (puisque le président de la république s'est engagé publiquement pour ce dialogue/concertation), il faut tout faire pour décourager l'opinion nationale, casser l'anthousiasme qu'il a suscité, créer un climat d'incertitudes sur la tenue de ces assises et rompre le consensus général des acteurs principaux autour de celui-ci.
Avec, en plus, une tentative dérisoire de diviser les forces d'opposition démocratique. Peine perdue, bien sûr.
Pendant ce temps le pays fait face à de multiples difficultés : les prix des denrées de première nécessité ne cessent de monter en flèche rendant la vie des populations intenable et la situation sociale de plus en plus tendue voire explosive.
La corruption à tous les niveaux continue, les inégalités, les injustices, les discriminations de toutes sortes sont le lot quotidien des populations, des groupes sociaux, des ethnies et tribus, bref le pays prend le chemin des lendemains qui déchantent.

Le président de la république, comme lui même a constaté et fait remarquer à plusieurs reprises, que ses engagements sont loin de prendre la voie de leur réalisation.
C'est même le contraire ! Parce-que simplement ce système qu'il continue de préserver ou de garder est incompatible et réfractaire à toute évolution, avec tout progrès.
L'autre n'avait t-il pas dit : occupez- vous de mes amis, je m'occuperai de mes ennemis ?

Pendant ce temps,
les tensions sous-régionales augmentent, en particulier dans nos frontières.
Le monde est soumis à des incertitudes, et des tensions de plus en plus graves.

Les conséquences du déclenchement de l'invasion de l'Ukraine par la Russie qui a débuté ce mardi 22/02/2022 pourraient venir s'ajouter aux conséquences de la pandémie de la COVID-19, et aggraver encore la situation économique mondiale déjà inquiétante.

Qu'Allah préserve notre pays de ses ennemis intérieurs et extérieurs.

24/01/2022

إنا لله و إنا إليه راجعون. مع الأسف تأكد خبر المجزرة التي ارتكبتها وحدة مسلحة يبدو أنها من الجيش المالي ضد مدنيين أبرياء عزل، سبعة موريتانين و عدد مماثل من الفلان الماليين.
إنها فاجعة تدمى لها القلوب و تقشعر منها الأبدان فزعا أمام ما وصلت إليه فظاعة و وحشية جرائم بعض عناصر الجيش المالي في صراعهم مع الجماعات المسلحة.
إن هذا الحدث المؤلم ينذر عن منحى مرعب أخذت تسلكه بعض وحدات هذا الجيش ، منحى لا يقل إرهابا عن إرهاب هذه الجماعات، منحى تسفك فيه دماء الأبرياء العزل و ينشر الرعب بين السكان. حتى في وسط مالي.
عزاؤنا الصادق لذوي الضحايا من أهلنا و من جيراننا و لكل شعبنا و دعاؤنا لمن قضوا أن يتغمدهم الله برحمته الواسعة و يسكنهم فسيح جناته.
و رغم مشاعر الألم و الغضب لا بد لنا نحن جميعا ، من سكان المناطق الحدودية و مواطنين و فاعلين سياسيين و اجتماعيين ، و حكومة و معارضة، أن نتأمل مليا في ما جرى و أن نضع في الحسبان ما يلي:
1. لا مشكلة في العلاقات بين سكان المنطقة الحدودية فمن الجانبين حرص حقيقي على صيانتها و استمرار الود و التعاون الذي يميزها منذ قرون. و هذا عامل سلم مطمئن يجب الأعتماد عليه وتوطيده و توظيفه.
2. من الغريب أن ترتكب المجزرة الفظيعة في الوقت نفسه الذي يزور فيه بلادنا وفد رفيع المستوى من مالي يستنجد دعمنا لفك الحصار المطبق عليهم.
هل ذلك مجرد صدفة أو هناك لاعب ثالث؟ أو أن حكومة باماكو فقدت السيطرة على جنودها؟
3. اغلاق الحدود المالية أمام مواطنينا لأسباب أمنية أو غيرها سيعني إنهيارا نهائيا لقطاع التنمية الحيوانية في بلادنا مع ما قد يكون لذلك من أبعاد كارثية تفوق في تأثيراتها ما عانينا منه خلال القطيعة المؤلمة مع السنغال و لا قدر الله، قد يؤدي ذلك زعزعة شاملة للأمن و الاستقرار في بلادنا.
4. هذا يعني أن المعدالة الاستراتيجية في المنطقة تغيرت و أن أي انهيار للدولة المالية سيعني انتشار الفوضى المسلحة على حدودنا و التي أصبحت خطرا حقيقيا يهددنا و علينا أن نجعل من تفاديه و مواجهته أولوية وطنية.

Malheureusement, il s'est confirmé qu'une unité supposée être de l'armée malienne a commis un massacre d'une atrocité indicible contre des civils innocents, des mauritaniens et un groupe de peuls maliens.
Nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes de part et d'autre de la frontière.
Cet horrible évènement traduit une tragique dérive de certaines unités de l'armée malienne déjà mise en cause dans des massacres de populations au centre du Mali, une dérive vers un autre terrorisme qui n'est pas moins odieux que celui des groupes jihadistes qu'elle combat.
Les Mauritaniens de tous bords, gouvernement et opposition, doivent se préoccuper de ce qui se passe à notre frontière est et en méditer la portée et les conséquences;
1. entre les populations de part et d'autre de la frontière, les relations de bon voisinage et de solidarité séculaires sont et restent solides; elles partagent les mêmes sentiments envers ce qui se passe; c'est un facteur de paix

14/01/2022

Les forces hostiles à tout progrès et aux changements sont à la manœuvre :

Un an presque, date anniversaire de la signature de l'accord sur la feuille de route pour le Dialogue National Inclusif entre les groupes parlementaires de la majorité et ceux de l'opposition, et presque six mois après le feu vert donné par président de la république et réaffirmé à la veille du 28 novembre dernier dans son discours adressé à la nation.
Le constat est que le processus devant conduire à ce dialogue tant attendu semble aujourd'hui plus que figer, voire reculer.

En réalité, que se passe-t-il, qu'est ce qui bloque?
Tapis dans l'ombre du pouvoir, des opportunistes, des habitués au système de corruption, de discrimination ethnique et tribale, des affairistes et des obsurantistes, ceux qui ne veulent pas du tout d'un dialogue national, par tous les moyens, essayent de bloquer cette initiative qui pourtant pourrait enfin permettre à ce pays de se reconsilier avec lui-même de ressouder son unité nationale qui a tant souffert, d'assainir sa situation politique, économique et sociale chaotiques, donc sortir dans les multiples difficultés dans lesquelles il se débat depuis des décennies et qui s'aggravent malheureusement chaque jour un peu plus.

Ces conservateurs du système font et feront tout pour ret**der au maximum cette échéance, la tenue de ce dialogue national inclusif, sinon, au moins chercher à le vider de son contenu, voire l'étouffer purement et simplement. Et pour atteindre cet objectif, toutes sortes de manœuvres dilatoires ont été mises et seront mises en blanle, pour gagner du temps, et pour créer la désespérance, donc mettre fin à tout espoir.

La nouvelle vague de la pandémie ne saurait expliquer cette situation de blocage, d'autant plus que le pays avait connu une longue période d'accalmie sur le front sanitaire qui aurait pu permettre la tenue de ces assises, tout au moins désigner les strutures de directions de celles-ci, mais rien de tout cela, toujours, depuis au moins six mois, que des obstructions et ou des manœuvres pour ret**der au maximum. D'ailleurs même dans l'état actuelle la situation sanitaire rien, m'empêche ou ne gêne au moins la mise en place de ces structures.

Ce sont en réalité ces manœuvres, manifestement, qui expliquent en grande partie les ret**ds pris sur tous les plans. C'est autant plus inquiétant, le pays vit une situation quasi-explosive engendrée, en grande partie par la hausse vertigineuse continue des prix de produits alimentaires de première nécessité, les conflits sociaux récurrents et si le désespoir sur le plan politique vient d'y ajouter, le pire est à craindre.

Qu'Allah protège ce pays de ces manœuvres destructrices.

Marega Baba/ France.

11/01/2022

Communiqué à propos des sanctions prises par la CEDEAO et L'UEMOA contre le Mali.

Le 09 janvier 2022, reuni à Accra, le 4 ème Sommet extraordinaire de la CEDEAO a adopté des mesures de sanctions inédites contre l'un de ses Etats membres, le Mali.

Ces sanctions qui vont du gel des avoirs financiers de ce pays à la fermeture de toutes ses frontières terrestres et aériennes sont supposées destinées à obliger le Gouvernement malien dirigé par une junte militaire, à adopter un calendrier pour l'organisation rapide d'élections libres et démocratiques.

Si cet objectif est pleinement justifié et conforme aux intérêts du peuple malien et des autres peuples, les mesures de sanctions adoptées, extrement sévères, sont manifestement disproportionnées et risquent d'aggraver la situation au Mali et dans la sous région au lieu d'aider le Mali à sortir de la crise multidimensionnelle profonde dans laquelle il est plongé.

Tout en réaffirmant son opposition de principe aux coups d'Etat et en s'associant au principe de voir les militaires regagner rapidement leurs casernes en respectant un canlendrier adequat pour des élections inclusives, libres, transparentes et démocratiques, l'UFP:

-- déplore la sévérité des sanctions adoptées, leur absence de discernement par rapport à leurs conséquences néfastes extrêmes dans la vie quotidienne du peuple malien et dans la stabilité de la sous région dans son ensemble;

--Demande le respect de la souveraineté pleine et entière du Mali;

-- exhorte à la négociation serieuse entre les parties prenantes africaines sur la situation au Mali pour un retour effectif et rapide à la normalisation politique et à la solidarité effective dans la lutte contre l'extrémisme violent et dans le respect de la démocratie pluraliste;

-- Demande au gouvernement mauritanien de maintenir les liens solides d'amitié chaleureuse et de solidarité avec le peuple malien frère et de ne s'associer à aucune mesure de sanctions, directes ou indirectes, de quelque nature qu'elles soient, contre le Mali, pays frère et ami.

Vive la solidarité africaine dans le respect de la dignité, de l'unité et de la souveraineté de tous nos Etats.

Nouakchott le 11 janvier 2022

La Permanence du Parti

TEXTE CERTES LONG, MAIS À VRAIMENT LIRE :BONNE LECTURE.HOMMAGE : AINSI ÉCRIVAIT ABDOULAYE CIRÉ BALe pays rêvéLa patrie, ...
20/12/2021

TEXTE CERTES LONG, MAIS À VRAIMENT LIRE :BONNE LECTURE.

HOMMAGE : AINSI ÉCRIVAIT ABDOULAYE CIRÉ BA

Le pays rêvé

La patrie, pour un enfant, est un territoire étriqué dont il est le centre. Á onze ans, à la fin des années cinquante, la patrie se limitait, pour moi, à ma famille, à mon village, au sourire de ma grand’mère, à mes compagnons de jeux. Ma patrie, comme l’écrivit Mahmoud Darwich, dans un poème qui suscita de furieuses polémiques : « c’était l’odeur du café de ma mère ».

La décision de mon père de rejoindre l’administration territoriale mauritanienne et la lecture d’un article du journal « Paris Dakar » m’expulsèrent de mon patriotisme infantile, et ouvrirent mon imagination à une terre qui se résumait jusque-là au sol de mon village natal, et qui prit, tout à coup, les couleurs d’un pays rêvé. L’autonomie interne accordée par la France à ses colonies avait réveillé la fibre patriotique de mon père et de nombre de ses compagnons. Tous anciens combattants de la Deuxième Guerre, ils étaient, depuis leur démobilisation, de petits fonctionnaires (plantons, chauffeurs, cuisiniers, commis) dans les départements et services du Gouvernement Général de l’AOF, dont le siège était à Dakar. La perspective espérée et probable de l’indépendance les avait convaincus de se mettre au service du pays de leur naissance.

L’article du « Paris Dakar » annonçait la pose de la première de ce qui devait être la future capitale de la Mauritanie. Il me fallut un long moment avant de déchiffrer correctement le nom de cette ville future, qui n’était encore qu’un lieu-dit : Nouakchott. La seule magie d’un nom aux sonorités étranges auréolait déjà cette ville qui n’était pas encore sortie de terre d’une mystérieuse beauté. Rien qu’à en prononcer les syllabes, je sentais les grains de sable agacer ma langue et crisser sous mes dents, et sur ma peau, le souffle des vents chauds du désert. Mon imagination débordait d’images incohérentes : de hauts buildings flambant neuf, des dunes et des dunes, ainsi que d’interminables vagues d’un océan sans eau, la chaleur des bivouacs au clair de lune, de larges avenues trouant les horizons, le ricanement d’une hyène, au cœur de la nuit.

Je devais certainement savoir, même de manière vague, que j’étais « mauritanien » ; je me sentais envahi par une sorte de fierté, qui confinait à la vanité, d’appartenir à un pays dont la géographie était indéterminée, dont les frontières m’étaient inconnues, et dont l’improbable capitale était une ville, devant surgir des sables, un jour prochain, comme par un coup de baguette magique. J’agaçais mes camarades de classe et mes copains de quartier à force de répéter que mon pays s’appelait « Mauritanie » et non « Gannar », et que sa capitale, Nouakchott, était une ville nouvelle, mille fois plus moderne et belle que Dakar. Ce faisant, je m’exposais aux réactions de mes auditeurs, qui allaient des moqueries sur mon pays retrouvé (« la Mauritanie est un mouton mort, et tous les chacaux/chacals viennent prendre leur part ») aux méchancetés carrément racistes (« tukuloor, jam nyalli… », « taatu naar amul tubëy »).

J’arrivais à Nouakchott à la fin-septembre 1960 et, le 28 novembre, je participai, dans un modeste et néanmoins impeccable uniforme de scout, à la célébration de la naissance de la Mauritanie indépendante. Je devais être un adolescent chanceux ; en l’espace d’une année, j’avais assisté à l’éphémère expérience unitaire de la Fédération du Mali, été témoin de l’accession du Sénégal à l’autodétermination et défilé (avec peu de majesté, il est vrai) à la fête de l’indépendance de mon pays. Comble du bonheur, j’avais rencontré celui dont j’avais su, à la seconde même où nos regards s’étaient croisés, qu’il était l’ami que j’attendais.

Le Nouakchott que j’avais découvert était très loin de la ville que j’avais espérée. Point de buildings, à peine une dizaine d’immeubles culminant à deux étages, quatre ou cinq rues goudronnées s’aventurant dans une brousse maigre, en attente de voitures et de piétons. Je n’avais entendu aucune hyène ricaner dans la nuit, mais j’avais rencontré des fennecs, cousins locaux des « chacaux/chacals », dont j’ignorais jusqu’alors l’existence. Mais comme mes rêves étaient un kaléidoscope d’images et d’attentes contradictoires, je me consolais rapidement de ce qu’en dehors du vieux Ksar, « ma capitale » ne fut que l’esquisse grossière d’une cité posée sur le sable.

J’arrivais d’une métropole centenaire dont la forte dynamique intégratrice était mêlée de relents d’intolérance et de mépris pour ceux qui venaient d’ailleurs moins bien lotis. J’entrais dans une ville à l’état d’embryon, dans laquelle les forces centrifuges se nourrissaient des instincts grégaires de maigres populations venues de toutes les brousses. Le collège de Nouakchott (l’actuel lycée des jeunes filles), qui entamait sa deuxième année d’existence, était un concentré d’espoirs annoncés et des drames non attendus. Ce fut un creuset, un lieu à la fois clos et ouvert, propice à la découverte de l’autre et à la reconnaissance mutuelle. Ce fut aussi une arène où nous nous épuisions en d’absurdes matches de football rudimentaire et de rudes et joyeuses batailles de dortoirs qui, invariablement, partageaient tous les élèves en deux camps rivaux et immuables : « Maures contre Noirs ». Nous ne pouvions savoir que ces joutes d’adolescents, si amicales et innocentes en apparence, n’étaient que les versions ludiques et prémonitoires de sanglantes tragédies à venir.

Sous ses airs d’Eden retrouvé, la Mauritanie indépendante cachait mal ses laideurs et ses tares : l’esclavage et l’ignorance, les maladies et la misère ; des sociétés anachroniques longtemps contraintes de vivre aux marges du monde, et qu’un fossé, apparemment infranchissable, séparait de la modernité. Et surtout, une indépendance bien mal nommée. Tout entier à notre joie d’être redevenus maîtres de notre destin, nous ne comprenions pas que nous demeurions prisonniers des mailles du filet invisible par lequel l’ancienne puissance coloniale et ses acolytes d’Occident tenaient le reste du monde en laisse. Les mailles étaient plus larges, la laisse un peu plus longue, mais les chaînes étaient toujours à nos pieds. Il fallut quelques années à « ceux de ma saison » pour comprendre la signification du « néo » de néocolonialisme.

Les événements de 1966 et le massacre des ouvriers de Zouérate, le 29 mai 1968, dessillèrent nos yeux, et nous mirent face aux grises réalités de notre pays « indépendant ». Leur gravité et leur caractère presque inattendu stimulèrent une réflexion politique et sociale hors des sentiers battus de la tradition et de la pensée unique néocoloniale. La révision des accords de coopération avec la France, quatre ans plus t**d, puis la création d’une monnaie nationale et la nationalisation de la Miferma, peuvent être interprétés comme le début d’une réponse à l’écho lointain d’une fusillade de triste mémoire, et comme une éclaircie dans la grisaille néocoloniale.

L’embellie sera de courte durée ; bien des événements seront passés par là : guerre du Sahara, coups d’Etat successifs et militarisation du pouvoir, développement d’une culture du pronunciamiento, quelque rare exception démocratique, fragile et inefficace.

En cinquante ans, le pays a changé. Toujours en surface, jamais en profondeur. En termes de routes, de centres médicaux et d’écoles, les progrès sont indéniables, mais les services offerts sont largement en deçà des besoins et des attentes. La scolarisation a fait des pas de géants, mais l’enseignement est, depuis au moins trois décennies, d’une intolérable nullité. Les formes d’organisation sociale archaïques et leur cortège d’indignités perdurent. La prégnance des schémas socioculturels rétrogrades au sein de la société et dans les institutions de l’État, est à peine moins forte aujourd’hui qu’il y a un demi-siècle. Les inégalités sociales se sont accentuées d’année en année, clivant le pays en deux catégories d’humains évoluant dans des univers parallèles, de plus en plus étrangères l’une à l’autre.

Aussi grave, sinon plus, la Mauritanie est un territoire et un peuple auxquels il manque un Etat, et c’est notre drame profond. Hormis, peut-être, les tentatives non abouties du premier gouvernement de ce pays, nos maîtres successifs ont toujours confondu Administration forte et Etat. Certain parmi eux a réussi à détruire l’un des rares symboles de la nation, si ce n’est le seul, dont nous pouvons affirmer avec certitude qu’il est notre héritage commun : l’Indépendance. Cela s’est passé à Inal, dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990. Vingt-huit militaires négro-africains ont été pendus, jusqu’à ce que mort s’ensuive, par des hommes qui étaient leurs frères d’armes. Offerts en holocauste à l’Indépendance nationale, grimée pour l’occasion en idole haineuse et sanglante. Que les ordonnateurs et les exécutants de ces crimes odieux n’aient jamais été traduits en justice, pas même interpelés, passe encore…, des centaines d’autres exécutions extrajudiciaires sont demeurés impunies. Mais que nulle autorité, nul gouvernement, n’ait jugé impératif de poursuivre les auteurs d’une telle souillure faite au symbole de la libération nationale est l’indice que c’est l’idée et le sens mêmes de l’Etat qui nous font le plus défaut.

Cinquante ans, c’est l’enfance pour un pays, l’équivalent d’un bref instant à l’échelle des temps géologiques. Mais pour les enfants plus que cinquantenaires du pays, dont je suis, c’est le commencement de la fin. Et que cette fin s’approche sans que se réalise une parcelle de mon rêve ne me rend pas heureux. Je dois avouer une tristesse certaine. Triste mais lucide, et certainement pas amer. Je sais depuis longtemps déjà que la célèbre formule de Gramsci : « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté » vaut autant pour l’Italie fasciste que pour la Mauritanie conservatrice. Je sais que notre volonté de changer les choses restera longtemps contrariée par la nostalgie des paradis perdus ; que notre attente de justice sociale demeurera longtemps ensevelie sous la masse des privilèges et des égoïsmes ; que nos solidarités grégaires feront obstacle à l’émergence d’une fraternité citoyenne ; que la construction d’une communauté d’avenir sera longtemps entravée par le passé réinventé et fantasmé par nos particularismes socio-ethniques.

Il n’empêche ! Car je sais avec certitude que ceux de mon peuple ne sont ni les meilleurs ni les pires hommes et femmes de la terre, mais qu’ils ont cette qualité inestimable d’être les miens. Et que c’est ensemble - eux en moi et moi en eux - que nous construirons, pierre après pierre, avec patience et détermination, le pays de nos rêves.

Abdoulaye Ciré BA

28 novembre 2010

Quelle âme sensible peut-elle résister sans verser au moins une larme, en lisant ce témoigne poignant et plein humanité ...
20/12/2021

Quelle âme sensible peut-elle résister sans verser au moins une larme, en lisant ce témoigne poignant et plein humanité de notre regretté Abdoulaye Cire Ba? - Allahuma Akhfirlahu wa Arhamahu-

Un homme pour l’humanité (Hommage à l’imam Bouddah Ould Bousseïry)

Le décès brutal d’un proche et un court séjour au village m’avaient fait oublier l’anniversaire de la disparition de l’imam Bouddah. Des amis qui ont eu la délicatesse de me le rappeler m’ont encouragé à republier l’hommage que le journal Biladi lui avait rendu, il y trois ans.

C’est avec joie que je le fais, convaincu que chacun de nous, quotidiennement (mais surtout quand le sang, la faim et la soif guettent), a le devoir de s’abreuver à l’intarissable source qu’il fut. (ACB)



« Qui tue un homme assassine tous les humains ; qui crée la vie donne naissance à toute l’humanité. »



Ces mots, tirés d’un hadith du prophète Mohamed (PSL), furent prononcés par l’imam Bouddah Ould Bousseïry, en avril 1991, dans sa khoutba de l’Aïd el Fitr (Korité). Assis devant lui, tête basse Maouya O. Sid’Ahmed Taya semblait absorbé par les figures mystérieuses et complexes qu’un bâton, au bout de ses doigts, dessinait sur le sable. Peut-être s’efforçait-il d’oublier que les propos de l’imam s’adressaient d’abord à lui.



Quelques jours plus tôt, un groupe de femmes avaient rendu visite à l’imam Bouddah. Veuves ou membres du Comité de solidarité, elles souhaitaient l’informer de la réalité des massacres des militaires négro-africains, et solliciter son avis sur les prescriptions de la sharia relatives à la période de viduité. A mesure que se déroulait le récit macabre du martyre de leurs fils, frère ou mari mort sous la torture, pendu ou enseveli vivant, le corps de l’imam était secoué de spasmes et son visage baigné de larmes.



Et, rendant le spectacle encore plus poignant, les sanglots des femmes, comme le répons du chœur d’une tragédie antique qui serait revenue assombrir le présent.



Nulle caméra n’enregistra la scène, mais qu’importe ; pour l’éternité, les larmes de l’imam Bouddah pèseront d’un poids infiniment plus lourd que la « prière de Ka&di » du général Ould Abdoul Aziz.



Après près d’un quart de siècle d’un imamat discret, l’histoire avait fait une brusque irruption dans la vie de Bouddah O. Bousseïry, sous les traits de quelques dirigeants du MND : Mohamed Ould Maouloud, Wane Birane, Lô Gourmo, et le regretté Mohamdy Ould Abeïdarahmane. C’était en 1987. Déchiré par les rancœurs ethniques, le pays vivait des moments de tension extrême, et les plus lucides parmi les Mauritaniens craignaient déjà que le pire soit à venir.



La visite de ces quatre hommes à l’imam était une démarche presque désespérée. Les mots par lesquels il les accueillit fut un rafraîchissement à leur cœur : « deux jeunes négro-africains et deux jeunes maures me rendant visite ; je suis comblé ! ». Il ne partageait pas seulement l’inquiétude de ses visiteurs quant à la paix civile et leur souci de préserver l’unité nationale, vitale, à ses yeux ; il avait l’énergie débordante et l’enthousiasme juvénile. « « Quand l’incendie ravage le village, l’homme de devoir se préoccupe pas de savoir à qui appartient telle maison qui brûle », leur dit-il. Et d’ajouter : « ce n’est pas moi qui vous apporte mon aide, c’est vous qui venez m’aider à remplir ma mission de musulman et d’imam, qui est d’unir et non de diviser, d’apaiser et non d’exciter. Merci d’être venu me le rappeler ».



Après cette rencontre, des camarades qui m’avaient oublié se rappelèrent miraculeusement mon existence, et m’invitèrent à la première réunion tenue au domicile de l’imam. Ce fut la première fois que je le vis, et je fus, au premier abord, surpris et déçu. L’homme ne correspondait pas à l’image que je m’en faisais. Il n’était pas habillé, il ne parlait pas, il ne réagissait pas comme un marabout de sa stature est censé le faire. Il n’était pas engoncé dans un boubou craquant, il ne pontifiait pas, ni ne donnait de leçons.



Il était vêtu d’un méchant caftan aux couleurs ternes, parsemé de tâches, il était occupé à servir z’rig et thé. Et il parlait avec des mots simples. Il ne déversait pas dans nos oreilles un discours abscons, il donnait des exemples, puisés dans le concret de l’histoire de ce pays, dans la vie de ses communautés, dans leur diversité et leur unité.



Accorder ses actes à ses paroles est toujours le plus difficile. L’imam Bouddah jamais n’abandonna sa posture d’humain respectueux des droits de ses semblables, de citoyen attaché à l’unité nationale, de marabout indépendant de tout pouvoir politique.



Et s’il s’exila quelque temps en Arabie saoudite, c’était peut-être pour mieux s’y préparer à l’exil de ce monde ici-bas, en s’éloignant de notre incapacité à faire vivre en nous les qualités qui furent les siennes : la simplicité, non un artifice, mais comme le battement du cœur, et la volonté de n’être le serviteur que d’Allah Seul ; le sourire du visage, non le masque de l’hypocrisie, mais le reflet de la beauté de l’âme ; le regard lumineux comme une invite à la fraternité. Et une familiarité immédiate qui jamais ne vous rabaisse, et toujours vous élève plus haut que vous même.



Bouddah Ould Bousseïry : un homme d’Islam, au sens le plus profond, le plus fécond et le plus fraternel ; un Juste. Un homme pour l’humanité.



Abdoulaye Ciré BA

Ce texte ci-dessous est le résultat de l'évaluation faite hier par la coordination des associations culturelles poular… ...
24/11/2021

Ce texte ci-dessous est le résultat de l'évaluation faite hier par la coordination des associations culturelles poular… soninké et olof sur lleur participation aux concertations sur l'éducation.

Bilan des Assises Nationales de Concertation sur le Système Éducatif National (SEN)
A l’issue des ateliers régionaux de concertation sur le SEN, où nos représentants étaient minoritaires, nous avions estimé que notre point de vue avait été consigné, par consensus, dans les PV des 2/3 des ateliers. Il était clair que nous avions réussi à convaincre la majorité des présents par des arguments solides et convaincants.
En allant aux journées de concertation nationale, nous nous étions fixé comme objectifs, en plus de la réintroduction de l’enseignement en LN dans le SEN et de leur officialisation, la création d’un établissement autonome (ILN ou autre), chargé de la promotion et du développement de ces LN.
Au sortir de ces assises nationales, de l’avis unanime de nos représentants et à la lumière du rapport de synthèse générale, nous pouvons estimer que nous avons atteint, au moins, deux des trois objectifs que nous nous étions fixé :
- la création d’un établissement autonome chargé de développer les LN ;
- la réintroduction de l’enseignement en LN dans le SEN.
Notons aussi la décision prise de faire du français une langue d’enseignement des matières scientifiques à partir du premier cycle du secondaire, et son introduction dès la 2e année du primaire.
Ces acquis ont été rendus possibles, entre autres grâce à :
- la pertinence de notre plaidoyer ;
- la combativité de nos représentants;.
- le soutien d’autres participants provenant de divers milieux (indépendants, partis politiques, syndicats etc.)
- le ralliement à nos idées de la majorité des participants;
- l’esprit constructif et l'atmosphère de convivialité ayant prévalu dans les débats;
- notre bonne implication aux ateliers (désignation comme présidents de groupe, rapporteurs…).
Recommandations :
- Maintenir un contact étroit avec le MEN
- Travailler pour que la période de transition soit la plus courte possible
- Appuyer la mise sur pied d'une Structure de veille à laquelle les associations culturelles devront être impliquées (+CNE)
- Veiller à ce que la Loi d’orientation soit claire
- Poursuivre le plaidoyer pour l’officialisation des LN
- Entreprendre une campagne médiatique sur les résultats
- Mobiliser les populations (pour leur adhésion et soutien aux LN)
Les participants aux journées notent des éléments importants dans le rapport de synthèse qui confirment que certains de nos objectifs ont été bien atteints.
Premièrement, l’esprit positif ayant guidé la rédaction du rapport (voir extraits)
Deuxièmement, la réaffirmation de certains principes fondamentaux pour l’enseignement dans les LN (voir extraits)

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