15/06/2016
Je m'associe de manière solennelle à ce communiqué du Media Trust pour dénoncer ce qui est, à mon sens, un total manque de respect à la liberté d'expression, à la liberté d'informer et envers les attentes de l’électorat, dont fait partie chaque mauricien.
Cet inélégant excès de zèle de la part de Madame La Speaker est symptomatique de l'attitude irrévérencieuse, quasi innée, d'une frange de la classe politique, envers ceux qui ont pour mission d’émettre leurs opinions dans le but d’éclairer le Citoyen. Cette attitude a très souvent, indépendamment des gouvernements en place, amené certains politiciens à utiliser les pires langages et autre méthodes inappropriées à l'adresse des journalistes... Cet état de choses doit changer au sein d'une démocratie saine !
Je tiens à dire haut et fort que la décision de Madame La Speaker est INACCEPTABLE dans le cadre d'une démocratie qui se targue d’être une locomotive africaine dans le domaine et INDIGNE d'un gouvernement majoritairement élu avec les suffrages d'un électorat respectueux des institutions républicaines.
Il est aujourd'hui plus qu'essentiel d'amener la "Freedom of Information Act" et la travailler dans l'objectif de préserver les capacités de la presse et autres organes d'information mauriciennes à s'exprimer sans contraintes et sans risques de sanctions autres que celles prévues dans le cadre de diffamations, de diffusion de fausses nouvelles et de préservation de la vie privée, entre autres.
Il devient aussi plus clair, à la suite de cet énième dérapage de Mme. La Speaker, que celle-ci n'est pas la plus compétente à ce poste constitutionnel. Pour ce que cela vaut, je l'inviterai à songer, de manière responsable, à laisser sa place à quelqu'un/e qui aurait l’étoffe, le charisme et la pertinente autorité, nécessaires pour diriger des travaux parlementaires, qui l'ont souvent dépassé.
Encore une fois, je condamne la décision de Mme. Hanoomanjee, que je trouve irrespectueuse de la démocratie. Je la considère comme une sérieuse entorse aux relations presse-parlement et vois en elle, un très mauvais signal de la part de la République de Maurice.
Alain Bertrand
L’interdiction de séances parlementaires imposée à Touria Prayag (‘WEEKLY’)
Un Communiqué du Media Trust
La profession journalistique est particulièrement choquée que l’expression, dans le magazine ‘WEEKLY’, d’une opinion sur la conduite des affaires de la nation au Parlement conduise à l’exclusion de Mme Touria Prayag des prochaines réunions de l’Assemblée Nationale.
Cette sanction, d’une grande sévérité, nous semble hors de proportion avec la situation commentée. Le délit d’opinion, auquel s’apparente désormais ce différend, est de moins en moins acceptable dans les démocraties modernes en ces temps de transparence accrue, où chaque institution se soumet volontiers au jugement de l’opinion publique.
Les journalistes couvrant les travaux du Parlement n’y assistent pas comme de simples spectateurs. Ils y incarnent le droit fondamental des citoyens mauriciens de savoir ce qui s’y passe, dans quelles conditions fonctionne le Parlement et ce qui s’y décide. Toute mesure d’exclusion de journalistes du Parlement va donc à l’encontre du droit fondamental du citoyen de s’informer et d’exprimer son opinion.
Nous invitons donc respectueusement Mme la Speaker à reconsidérer sa décision, en vertu de ce droit fondamental à la liberté d’expression et pour rétablir l’indispensable sérénité qui doit prévaloir entre le Législatif et la Presse à Maurice. Nous réitérons aussi la nécessité, pour les institutions, de maintenir le dialogue avec la Presse et non de recourir à des sanctions formelles ou officieuses au moindre signe de désaccord avec les journalistes et les titres de presse.
LE MEDIA TRUST