28/08/2026
[À 𝐋’𝐔𝐍𝐈𝐕𝐄𝐑𝐒𝐈𝐓É 𝐃𝐄 𝐌𝐀𝐔𝐑𝐈𝐂𝐄] 𝐏𝐞𝐧𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐧é𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭é𝐬 : 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 à 𝐌𝐚𝐮𝐫𝐢𝐜𝐞
Hier, à l’Université de Maurice, j’ai eu le plaisir d’ouvrir la conférence de la Professeure Sanghamitra Bandyopadhyay sur 𝑙𝑒𝑠 𝑖𝑛é𝑔𝑎𝑙𝑖𝑡é𝑠 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑖𝑎𝑙𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑖𝑚𝑝𝑙𝑖𝑐𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙’𝐴𝑓𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑡 𝑀𝑎𝑢𝑟𝑖𝑐𝑒.
Après avoir réfléchi, la semaine dernière, à la question de notre identité et de notre «nous» mauricien, cette rencontre nous a conduits vers une autre question :
𝑠𝑖 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑝𝑝𝑎𝑟𝑡𝑒𝑛𝑜𝑛𝑠 𝑎𝑢 𝑚ê𝑚𝑒 «𝑛𝑜𝑢𝑠», 𝑎𝑣𝑜𝑛𝑠-𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑚ê𝑚𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑖𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é𝑠 𝑑𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑖𝑝𝑒𝑟 à 𝑠𝑎 𝑝𝑟𝑜𝑠𝑝é𝑟𝑖𝑡é 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑖𝑏𝑢𝑒𝑟 à 𝑓𝑎ç𝑜𝑛𝑛𝑒𝑟 𝑠𝑜𝑛 𝑎𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟 ?
La Professeure Bandyopadhyay a d'ailleurs invité l'auditoire à dépasser le seul coefficient de Gini, souvent cité mais insuffisant à lui seul, pour regarder aussi l’écart entre les revenus des 10 % les plus riches et ceux des 50 % les plus pauvres d'un pays. Cet indicateur, estime-t-elle, est plus révélateur des dynamiques réelles de concentration des richesses.
Sur Maurice spécifiquement, elle a noté que notre pays affiche des niveaux d’inégalités globalement inférieurs à la moyenne africaine. Ce constat doit nous encourager, sans pour autant nous dispenser de vigilance sur ce qui reste à améliorer.
Il faut regarder les revenus et les patrimoines, bien sûr, mais aussi les possibilités réelles qu’ont les individus d’accéder à l’éducation, à l’emploi, à la technologie, au capital et aux conditions nécessaires pour construire leur avenir.
Pour Maurice, cette réflexion est particulièrement pertinente alors que nous poursuivons notre transformation économique et que nous préparons notre pays aux mutations du travail, de la technologie et de l’économie mondiale.
Les échanges qui ont suivi ont porté sur des questions très concrètes : les mesures de l’inégalité, la fiscalité, les effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi, mais aussi 𝑙’𝑎𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑗𝑒𝑢𝑛𝑒𝑠𝑠𝑒 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑟𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠𝑞𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑐𝑒𝑟𝑡𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑠 𝑗𝑒𝑢𝑛𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑜𝑖𝑠𝑖𝑠𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑟.
Un point m’a particulièrement marqué dans cette discussion : la Professeure a rappelé qu’aucun système de redistribution, où qu'il existe dans le monde, ne tient durablement sans la confiance des citoyens que leur contribution sert effectivement le bien commun.
Ce n’est pas seulement une question de taux ou de mécanismes techniques.
C’est une question de confiance civique : la conviction que ce que chacun donne au collectif lui revient, sous une forme ou une autre, à travers des services, des opportunités, une sécurité partagée.
Cette réflexion résonne avec ce que je disais la semaine dernière sur notre propre contrat social mauricien : nos institutions ne tiennent pas seulement par leurs textes, mais par la confiance que les citoyens leur accordent.
Cela suppose de créer ici des perspectives à la hauteur de leurs compétences, de leur ambition et de leur créativité.
C’est aussi pourquoi les universités ont un rôle essentiel : nous aider à comprendre les transformations qui traversent le monde, à questionner nos certitudes et à éclairer les choix que nous devons faire.
Je remercie la Professeure Bandyopadhyay pour la qualité de son intervention et l’Université de Maurice pour cet espace de dialogue et de réflexion.
La question des inégalités n’appelle pas des réponses simples. Elle nous oblige plutôt à poser de meilleures questions :
💬 Quelle prospérité voulons-nous construire ?
💬 Quelles opportunités voulons-nous élargir ?
💬 Et comment faire en sorte que notre transformation économique bénéficie au plus grand nombre ?
Ce sont des questions que nous devons continuer à explorer, à Maurice comme dans le reste de l’Afrique et du monde.