29/05/2026
STRATEGIE CHANGEMENT CLIMATIQUE: Le SIVM SUD engage l'inventaire des vulnéralités sur ses deux principaux bassins de vie (PAITA NORD, BOULOUPARIS, THIO et région de LA FOA (MOINDOU, FARINO, SARRAMEA)), et prépare les prochains FORUMS CHANGEMENT CLIMATIQUE 2026
Les élus du SIVM SUD, les coutumiers, la Zco, les services du Gouvernement, de la province SUD, de l'agence rurale, de la Chambre d'agriculture et de la pêche, et d'autres étaient réunis hier au siège du SIVM SUD, sous la présidence de Stevens KAOUDA puis de Pascal VITTORI, pour lancer les travaux à l'échelle de l'interco sur la Stratégie Calédonienne sur le Changement Climatique.
Des constats et des données partagées, une méthode pour avancer, et l'objectif de décliner des objectifs globaux puis spéfiques en fiches actions concrètes.
Extraits du discours introductif du président:
"Mesdames et Messieurs les maires,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions, des chambres consulaires, des services techniques, des acteurs économiques et des bureaux d’études,
Je veux d’abord vous remercier (...)
Votre présence traduit une prise de conscience collective : le changement climatique n’est plus un sujet théorique ou lointain. C’est désormais une réalité concrète qui impacte directement nos communes, nos populations, nos activités économiques et nos services publics.
C’est en conscience que le Congrès de la Nouvelle Calédonie a adopté le cadre de la Stratégie Calédonienne du Changement Climatique (S3C), le 29 avril 2025, et qu’en décembre, en votant un vœu en comité syndical, le SIVM SUD s’est engagé dans la démarche.
Je suis heureux que ces travaux se concrétisent ici aujourd’hui.
Avant même de parler de méthode ou d’études, je tiens à rappeler une chose essentielle: ce qui différencie profondément nos communes rurales de l'agglo du grand NOUMEA, c’est bien le lien quotidien que nos populations entretiennent avec leur environnement naturel.
Chez nous, la vie s’organise autour du lagon, des rivières ou des estuaires, des champs, des saisons et des équilibres naturels qui structurent notre mode de vie depuis des générations.
Quand le climat change, ce ne sont pas seulement des statistiques qui évoluent.
Ce sont les périodes de plantation, la ressources en eau, les conditions de pêche, les risques de feux, l’état des pâturages, l’activité touristique, la santé des anciens et même les conditions de vie quotidiennes des familles qui sont impactées.
Nos communes vivent directement au contact de la terre, de la mer et ressentent immédiatement les déséquilibres climatiques. C’est pour cela que cette stratégie est particulièrement importante pour nous, sur le côte ouest rurale de la Province SUD.
Nous avons la responsabilité exceptionnelle d’accueillir sur nos communes une partie du lagon inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, des espaces naturels remarquables, des zones agricoles stratégiques et des territoires dont l’attractivité économique repose largement sur l’agriculture, le tourisme et la qualité environnementale.
Autrement dit : protéger l’environnement chez nous, ce n’est pas opposer écologie et développement=> C’est protéger notre avenir économique lui-même !
Pour le SIVM SUD, cette stratégie climatique a donc une importance toute particulière.
Parce que notre syndicat exerce précisément des compétences directement liées à la résilience des territoires : incendie et secours, prévention des risques, gestion des infrastructures, distribution électrique, traitement des déchets, accompagnement technique des communes.
Nous sommes un outil intercommunal de terrain. Et le changement climatique va précisément nous obliger à repenser le terrain.
Nous devons adapter nos modes d’intervention, nos équipements, nos infrastructures, notre gestion de l’eau, notre protection des populations et notre manière d’habiter certains espaces.
Dans les communes rurales de la Province SUD, nous le vivons déjà.
Nous le voyons dans l’intensification des épisodes de sécheresse qui s’annoncent, dans la multiplication des feux de forêt, dans les tensions sur la ressource en eau, dans les difficultés rencontrées par nos agriculteurs, dans les impacts sanitaires sur les personnes âgées, fragiles ou isolées. Et nous savons tous ici que les premiers confrontés à ces réalités se sont souvent nous, les maires. Parce que lorsque le feu approche des habitations, lorsque les routes sont coupées, lorsque les réseaux sont touchés, lorsque des familles doivent être protégées ou évacuées, ce sont les communes et nos services de proximité qui sont en première ligne.
Le comité syndical du SIVM SUD a exprimé des attentes fortes concernant cette démarche.
Nous attendons d’abord une méthode claire, qui permette d’associer les communes dès le départ, d’écouter les réalités du terrain, de partager les diagnostics et surtout de construire des réponses adaptées à nos territoires ruraux.
Nous attendons également une véritable démarche participative. Le changement climatique ne peut pas être traité uniquement entre institutions ou experts.
Il concerne directement les agriculteurs, les acteurs du tourisme, les entreprises, les associations, les services de secours, les professionnels de santé, les habitants et plus largement tous ceux qui font vivre économiquement et socialement nos communes.
Nous souhaitons que cette stratégie soit construite avec les acteurs du terrain, et non appliquée aux communes depuis l’extérieur.
Par ailleurs, je crois qu’il faut aussi avoir une approche lucide et responsable.
Le changement climatique ne doit pas être vu uniquement comme une contrainte supplémentaire imposée aux communes. Il doit aussi être considéré comme un sujet de souveraineté locale et de capacité d’adaptation de nos territoires ruraux.
Car au fond, les premières lignes du changement climatique, ce sont nos communes, les maires, les services techniques, les pompiers, les agriculteurs, les acteurs économiques et les habitants eux-mêmes.
Et lorsque surviennent les crises, ce sont toujours les solidarités locales qui agissent en premier.
C’est pourquoi il est essentiel que cette stratégie ne reste pas descendante.
Elle doit être co-construite dans un dialogue permanent, un partage des données, une capacité à prioriser ensemble et surtout d’une logique de projets concrets rapidement visibles sur le terrain.
Nos populations ont besoin de voir que cette stratégie peut améliorer leur quotidien.
Par exemple mieux protéger les habitations contre les feux, sécuriser le trait de côte et l’alimentation en eau, adapter les équipements publics aux fortes chaleurs, préserver les zones agricoles, soutenir des formes de tourisme durable, ou encore renforcer les capacités de secours et de prévention.
Nous attendons également que cette stratégie permette de faire émerger des projets utiles, concrets et visibles pour les populations.
Des projets qui aient du sens.
Des projets capables de protéger, d’adapter mais aussi de développer nos territoires.
Je crois que les communes rurales ont quelque chose d’important à apporter dans cette réflexion, justement parce qu’elles ont conservé un rapport direct au vivant.
Notre connaissance du terrain doit être respectée et intégrée dans la stratégie. Pardon Mesdames messieurs des bureaux d’études, mais vous le savez, les solutions ne viendront pas des bureaux ou des modèles théoriques.
Elles doivent aussi venir de l’expérience des élus locaux, des agriculteurs, des habitants et des acteurs de terrain.
Enfin, en tant que président du SIVM SUD, je souhaite que cette démarche puisse déboucher sur une véritable dynamique territoriale, et pas seulement un document stratégique supplémentaire.
Une dynamique de mobilisation, de projets, d’investissements ou de ré investissements et de protection durable de nos communes rurales. Le SIVM SUD doit prendre sa part dans cette dynamique. Notre responsabilité collective est simple : Ne pas subir les évolutions climatiques.
Les anticiper, les comprendre et adapter dès maintenant nos territoires pour protéger durablement nos populations.
L’enjeu est territorial, économique, humain et j’oserai presque dire «civilisationnel », parce qu’il nous faut savoir comment nous continuerons demain à vivre, produire, protéger et transmettre dans nos communes rurales calédoniennes.
Bonne réunion, et à bientôt pour la suite ! "