08/04/2025
Les Promesses Brisées des « tourterelles »
Ousmane SONKO Bassirou Diomaye Faye
Ils étaient dans la rue, poings levés,
dénonçant l’injustice, criant pour la liberté.
Opposants d’hier, ils promettaient l’espoir,
mais le pouvoir a terni leur miroir.
Aujourd’hui, assis sur les trônes qu’ils convoitaient,
ils répètent les actes qu’ils condamnaient.
Les émeutes qu’ils ont attisées autrefois
ont laissé des cicatrices, des emplois en émoi.
Le Port autonome de Dakar saigne de 781 âmes,
la Lonase pleure 173 de ses dames.
À l’Aéroport Blaise Diagne, 500 vies en suspens,
l’Onas, la Sapco, tous ressentent le vent.
Le Centre régional des œuvres universitaires du Sine Saloum
prévoit de jeter 328 autres dans l’amertume.
Et comme si cela ne suffisait pas,
312 GMI sont remerciés sans éclat.
Ceux-là mêmes qui, hier, maintenaient l’ordre,
sont aujourd’hui poussés hors des bordures.
Le peuple témoin des cycles de trahison,
ne pardonne plus la répétition des illusions.
Il regarde ces nouveaux rois,
ces anciens damnés du système,
devenus les bourreaux des mêmes rêves qu’ils réclamaient.
Ils n’ont pas pris le pouvoir pour réparer,
mais pour se venger.
Ils n’ont pas remplacé le mal,
ils l’ont repeint avec leurs propres couleurs,
et l’ont imposé avec le même marteau.
Ce président et son Premier Ministre
ont fait de l’État une machine à broyer les pauvres,
une fabrique de chômeurs en série.
Hier supposés victimes, aujourd’hui fossoyeurs.
Ils gouvernent avec la froideur des chiffres
et l’arrogance de ceux qui pensent que le peuple oublie.
Mais on grave les noms dans la pierre,
Nous crierons là où le silence étouffe,
et rappellerons à ces imposteurs
qu’un jour, le vent tournera.
Et ce jour-là,
ce ne seront pas les bulletins qu’on déposera,
mais les vérités qu’on crachera à la figure du mensonge.