28/05/2016
Le saviez-vous ? Abdou Diouf architecte de la construction économique et sociale du Sénégal
Episode 2 : L'édification du tissu industriel
En 1970, Abdou Diouf devient Premier ministre et poursuit l'oeuvre de construction d'un véritable tissu industriel sénégalais entamé quand il était ministre de l'Industrie et du Plan.
- La Sonacos
En 1975, il met en place la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (devenue SunuOr en 2005).
La création de cette entreprise fait suite à la nationalisation de Lesieur Afrique par son gouvernement afin de soutenir la production arachidière et toute la filière, tout en maîtrisant le prix des produits dérivés pour les consommateurs.
- Les ICS
En 1976, ce sera au tour du secteur des mines de connaître une évolution majeure sous l'impulsion de Abdou Diouf avec la création des Industries chimiques du Sénégal (ICS).
Cette entreprise dont l'activité consiste, entre autres, en l'exploitation des phosphates, des acides phosphoriques et des engrais, va se développer au fil des années au point d'absorber un autre acteur de la branche, la Compagnie sénégalaise des phosphates de Taïba, lors d'une fusion en 1996.
- La Sonatel
Devenu Président de la République, Abdou Diouf poursuit son action en s'employant également à restructurer les télécoms, dont la situation est très peu reluisante.
En effet, Abdou Diouf met fin à la cohabitation complexe entre l'Office des Postes et des Télécoms (structure décentralisée de l'administration) et TéléSénégal (qui elle bénéficiait de l'autonomie financière et de gestion).
Après plusieurs discussions entre le gouvernement et les syndicats, et contre l'avis de ces derniers, le Président Diouf annonce en janvier 1985 la création de la Société nationale des télécommunications (Sonatel).
Le 23 juillet 1985, la loi portant création de la nouvelle entreprise sera adoptée.
Le regroupement de toutes les activités de télécommunication va alors s'opérer et le Sénégal passera de 20 500 lignes en 1983 à 100 000 en 1994. Le chiffre d'affaires cumulé de l'OPT et de TéléSénégal qui était de 16 milliards en 1984, passe à 80 milliards avec la Sonatel en 1994*.
En 1997, une dernière réforme sera mise en œuvre pour permettre à la Sonatel de poursuivre sa modernisation et son développement dans la sous-région en s'alliant avec France Télécom.
Ainsi en 2000, la Sonatel compte près de 450 000 abonnés (209 000 pour les lignes fixes et 240 000 pour les mobiles) et le chiffre d'affaires est de 126 milliards en 2000².
Au niveau national, le secteur s'ouvre à la concurrence afin de faire baisser les prix pour les utilisateurs.
Le Sénégal devient ainsi l'un des pays africains les mieux dotés en infrastructures de télécommunication. Et aujourd'hui, le pays est parmi ceux où la téléphonie et l'internet sont les plus accessibles.
De plus, la croissance record obtenue en 2000 était tirée, aux deux tiers, par le dynamisme du secteur des phosphates et de celui des télécoms.
Sources
* L'organisation des télécommunications au Sénégal par Oumar Kane aux éditions AfriMAP-Karthala-Crepos
²La libéralisation des télécommunications au Sénégal : concurrence, innovation et réglementation par Cheikh Ahmed Tidiane Dieng