07/11/2022
propose:
*UN POUVOIR EN PROIE À LA DIVERSION
(A Aziz Diop)
La L’impréparation de l’opposition sénégalaise et des journalistes à un débat de fond sur les mutations politiques, économiques et sociales des dix dernières années est pour beaucoup dans la stratégie de la diversion du justiciable dont tout le monde parle et de son attaché.
Quid de la stratégie de la diversion ?
La stratégie – dite de la diversion - consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants - la vie chère à titre d’exemple - et des mutations décidées par le pouvoir. Quelques-unes des méthodes de la diversion sont la création de problèmes et l’offre de solutions controversées, le recours au «dégradé», qui est une application progressive d’une mesure impopulaire, l’utilisation fréquente du «différé» ou report, l’adoption d’un ton infantilisant, l’appel à l’émotionnel plutôt qu'à la réflexion, le maintien du public dans l’ignorance et la bêtise, l’encouragement du public à se complaire dans la médiocrité, le remplacement de la révolte par la culpabilité, la connaissance des individus plus qu'ils ne se connaissent eux-mêmes, etc.
Contre-stratégie
Quand l’opposition et les journalistes amplifient « l’info sans infos », ils s’attendent à des réactions émotionnelles plutôt que réfléchies de la majorité. Ils divertissent la majorité.
En communication politique, il n’y a que deux types de sujets : les sujets de controverse - le « complot permanent contre untel » en est un - et les sujets de préoccupation comme la vie chère. La contre-stratégie consiste alors à renvoyer les auteurs de suppositions aux lubies dont ils se servent pour divertir la majorité et le grand public pourtant friand de débats d’idées sur notre avenir commun.
L’idée, faussement salutaire, selon laquelle le public s’attend à ce que la majorité réponde à tout finit par la perdre. Le public, intelligent et juste, attend plutôt des réponses intelligentes et justes à ses préoccupations bien connues. Comprendre cela, c’est concéder au public le respect et la confiance qu’il attend des responsables politiques.
Chose inhabituelle : le pouvoir est en proie à la diversion. Pourtant de simples et bons communiqués de presse lui permettraient de garder longtemps l’initiative du débat sur les choses sérieuses.
Quel gâchis !
*A.A.D*