11/10/2025
🇹🇩 | DÉCLARATION OFFICIELLE : Pour une École de la Dignité et un Avenir pour Notre Jeunesse à l'occasion du lancement de l'année scolaire 2025-2026 : Constat amer et exigences urgentes pour la jeunesse tchadienne.
A Son Excellence Monsieur le Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, au Gouvernement de la République, aux Parents d'élèves, à la Jeunesse Estudiantine du Tchad et de la Diaspora, et au Peuple Tchadien.
En ce début d'année scolaire 2025-2026, notre nation est à la croisée des chemins. Alors que les salles de classe sont censées être des temples du savoir et de l'espoir, une angoisse palpable étreint les familles. Le parcours éducatif, du primaire à l'université, est devenu un chemin de croix semé d'embûches, et le diplôme, autrefois sésame vers un avenir radieux, se transforme trop souvent en certificat de chômage. Cette réalité étouffe l'ambition de notre jeunesse et sape la confiance des parents en l'avenir de leurs enfants.
L'effondrement du système éducatif : un terreau fertile pour le désespoir. Notre système éducatif est miné par des crises structurelles profondes qui hypothèquent l'avenir de toute une génération.
Une qualité de l'enseignement en berne : La baisse continue du niveau est alimentée par des réformes discutables, un passage automatique des élèves sans acquisition réelle des compétences, et une banalisation alarmante de la tricherie, devenue une « norme » selon les observateurs . Lors des récentes sessions du baccalauréat, des milliers de candidats ont été pris en flagrant délit de fraude, et plus de 51 % n'ont pas atteint la note minimale, illustrant l'ampleur de la débâcle .
Un accès inéquitable et des infrastructures défaillantes : Malgré les déclarations d'intention, l'accès à une éducation de qualité reste un privilège, en particulier dans les zones rurales et pour les filles . Le pays compte encore 3,2 millions d'enfants et d'adolescents non scolarisés, et même ceux qui ont la chance d'être sur les bancs de l'école font face à des frais de scolarité élevés et un enseignement de qualité médiocre .
Un dialogue social en panne :Les rencontres entre le ministère et les syndicats d'enseignants, comme celle du 26 septembre 2025, peinent à rassurer. Les acteurs de terrain dénoncent un dialogue qui doit impérativement se traduire par des actions concrètes et non rester un « exercice formel » .
Le chômage des diplômés : une bombe à retardement sociale. Au bout du parcours estudiantin, le mur du chômage est une réalité cruelle et massive qui décourage toute une génération. Des chiffres alarmants : Une enquête nationale récente, présentée en septembre 2025, révèle que près de 4 jeunes Tchadiens sur 10 sont sans emploi. Ce chiffre, déjà dramatique, est même estimé à plus de 60% pour les jeunes diplômés selon d'autres sources, faisant du Tchad l'un des pays les plus touchés par ce fléau.
Le rêve brisé de la fonction publique : Des milliers de diplômés, parfois depuis plus de dix ans, survivent grâce à de petits boulots (moto-taxi, marchands ambulants) dans l'espoir fou d'une intégration dans la fonction publique. Leurs dossiers s'empilent et moisissent dans les ministères, certains portant encore le tampon « 2020 » . Ce gâchis humain pousse de jeunes licenciés à se reconvertir dans l'agriculture de subsistance pour un salaire de misère et meme l'agriculture subit un entrave majeur celui de l'augmentation de prix de carburant.
Un système gangréné par le favoritisme : La douloureuse expérience de nos jeunes est résumée par cette amère constatation : « Si on se retrouve à 10 ans de chômage avec un diplôme, c'est juste par manque de relations» . Le clientélisme et le favoritisme sont perçus comme les véritables critères d'accès à l'emploi, anéantissant la méritocratie et décourageant tous les efforts.
Nos exigences pour un sursaut national : l'appel solennel au Président de la République Mahamat Idriss Deby Itno
Face à cette crise multidimensionnelle qui menace la stabilité et l'avenir même de notre nation, notre parti politique exige une rupture immédiate et des actes concrets. Nous lançons un appel solennel au Président de la République pour qu'il rassure personnellement les parents et la jeunesse en prenant les engagements suivants :
La transparence totale et la fin du favoritisme : Nous exigeons l'audit et la publication publique de tous les fonds alloués aux programmes pour la jeunesse et l'éducation. L'accès aux stages, aux concours et aux emplois publics doit être basé uniquement sur le mérite et les compétences, avec la mise en place de mécanismes de contrôle indépendants pour éradiquer toute discrimination sociale, clanique ou politique.
La création d'un Fonds Souverain pour l'Entrepreneuriat des Jeunes :La promesse de faire du Tchad une « start-up nation » doit se concrétiser . Ce fonds, géré de manière autonome et transparente et non un fond comme celuide 50000 emplois devenu obsolète et distribuer par le critère du favoritisme, un fond doit offrir des financements directs, des formations en gestion et un accompagnement technique aux jeunes porteurs de projets, véritables créateurs de richesses.
Une réforme urgente de l'enseignement supérieur et professionnel : Il est impératif de rapprocher la formation des besoins du marché du travail . Nous devons développer massivement l'enseignement technique et professionnel dans des secteurs porteurs comme l'agriculture, les technologies et la santé, et encourager les partenariats universités-entreprises pour des stages et une insertion sociale.
Un plan d'urgence pour la fonction publique et le secteur privé : Nous exigeons le déblocage immédiat et la numérisation transparente des dossiers d'intégration des diplômés qui stagnent. Parallèlement, des politiques fiscales incitatives doivent être mises en place pour stimuler l'embauche des jeunes par le secteur privé, principal pourvoyeur d'emplois.
L'heure n'est plus aux discours, mais aux actes : La jeunesse tchadienne, résiliente et créative, ne demande qu'à contribuer au développement de son pays. Mais elle est à bout de souffle. Elle n'a plus besoin de promesses, mais de perspectives concrètes.
Notre parti s'engage à être le porte-voix infatigable de cette jeunesse et de toutes les familles inquiètes. Nous assurerons un suivi rigoureux de ces demandes et mobiliserons toutes les forces vives de la nation pour que le lancement de cette année scolaire ne soit pas un leurre, mais le véritable point de départ d'un nouveau pacte entre l'État et sa jeunesse.
L'avenir du Tchad en dépend.
S.A