10/06/2024
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Première d'" Othello " en arabe au nouveau théâtre international d'Hammamet
Par J. BEN BRAHEM
Publié le 03 août 1964 à 00h00, modifié le 03 août 1964 à 00h00
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Tunis. 1er août. - Au bord du golfe d'Hammammet, le Tout-Tunis auquel s'étaient joints de nombreux critiques, acteurs et hommes de théâtre venus des capitales d'Europe et du monde arabe, a assisté vendredi soir à l'inauguration du nouveau théâtre du Centre culturel international, théâtre de plein air, conçu par les ateliers d'urbanisme et d'architecture de Paris, et réalisé en six mois par une équipe tunisienne sous la direction d'un jeune architecte français, Armand Mepiel. Au programme, l'" Othello " de Shakespeare, traduit en arabe par Tahar el Khemiri et mis en scène par un jeune acteur tunisien, Ali Ben Ayed.
On ne pouvait souhaiter pour un tel spectacle cadre mieux adapté. Le nouveau théâtre d'Hammamet sera certainement l'un des lieux scéniques les plus attirants de ces côtes méditerranéennes. De la pureté antique il a gardé la courbe ronde, les gradins rythmés, la scène ouverte sur fond de mer. Mais on retrouve dans le déroulement en escargot des gradins mobiles, dans la perfection de l'équipement technique, dans l'agencement audacieux des accès et des différents plans de scène, les conceptions hardies et résolument modernes de René Allio, de Jean Chemetov, de Jean Deroche.
Quel meilleur champ d'expérience pouvait-on offrir aux jeunes auteurs et aux nouvelles troupes des pays arabes que ce théâtre creusé au bord de l'eau, qui relie la mer et le ciel, qui conjugue les plus anciennes traditions de cette côte africaine et latine avec les premiers essais d'un Islam rénové ? Heureuse rencontre, étonnante réussite. Un homme a attaché son nom à cette entreprise : M. Cecil Hourani, directeur du Centre culturel international. Il a voulu donner à la Tunisie un " instrument de travail ", créer un lieu scénique susceptible d'inspirer une véritable renaissance du théâtre arabe. La représentation d'Othello de vendredi lui a donné raison. C'est bien un renouveau, l'Islam renoue avec le fil d'un art longtemps oublié, La troupe tunisienne d'Ali ben Ayed, à laquelle bien d'autres sans doute succéderont, a enfin trouvé à Hammamet son climat, son cadre, son meilleur champ d'expression.
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